USA 2016-La tuerie d'Orlando s'invite dans la campagne américaine

le
0
    par Ginger Gibson et Steve Holland 
    WASHINGTON/MANCHESTER, 13 juin (Reuters) - La tuerie 
d'Orlando est devenue lundi le sujet central de la campagne 
présidentielle aux Etats-Unis, Hillary Clinton appelant à ne pas 
diaboliser les musulmans américains et son rival Donald Trump 
réclamant une interdiction de territoire pour tous les musulmans 
nés à l'étranger. 
    L'attaque commise par un homme ayant revendiqué son 
allégeance au groupe Etat islamique (EI) est venue cristalliser 
les divergences entre la candidate présumée des démocrates et le 
candidat probable des républicains en matière de sécurité 
nationale. 
    "Le terroriste d'Orlando est certes mort mais le virus qui 
empoisonnait son esprit reste très virulent et nous devons nous 
y attaquer", a déclaré Hillary Clinton dans un discours prononcé 
à Cleveland dans l'Ohio. 
    De son côté, Donald Trump a critiqué Barack Obama et s'est 
interrogé sur le refus du président américain d'utiliser les 
termes de "terrorisme radical islamique" pour qualifier 
l'attaque commise par Omar Mateen, un jeune homme de 29 ans, qui 
a tué 49 personnes dans une discothèque gay du centre d'Orlando 
dans la nuit de samedi à dimanche. 
    Pour répondre aux menaces de ce type de violences sur le sol 
américain mais également à l'étranger, Hillary Clinton a prôné 
une multiplication des efforts pour éradiquer la propagande 
djihadiste sur internet. Elle a également appelé à une 
intensification des frappes aériennes sur les fiefs des 
organisations islamistes et à une meilleure coordination avec 
les alliés de Washington au Proche et au Moyen-Orient. 
    Elle a explicitement cité l'Arabie saoudite, le Koweït et le 
Qatar, trois des alliés des Etats-Unis qui autorisent leurs 
ressortissants à financer des mosquées et des écoles coraniques 
en mesure de former des djihadistes. 
    L'ancienne secrétaire d'Etat a par ailleurs proposé un 
renforcement du contrôle sur les ventes d'armes et renouvelé un 
appel en faveur de l'interdiction de telles ventes aux personnes 
faisant l'objet de surveillance pour des motifs terroristes. 
    Elle a rappelé qu'Omar Mateen avait été visé par une enquête 
du FBI mais que cela ne l'avait pas empêché de se procurer 
légalement une arme de poing. Elle a enfin plaidé pour une 
interdiction totale des armes d'assaut. 
    "Il est important que nous empêchions les terroristes 
d'accéder aux instruments dont ils ont besoin pour mener ces 
attaques et cela est particulièrement vrai quand il s'agit 
d'armes d'assaut comme celles utilisées à Orlando et San 
Bernardino", a expliqué Hillary Clinton. 
    Elle a par ailleurs appelé les Américains à se rassembler 
comme ils l'avaient fait après les attentats du 11 septembre 
2001. 
     
    TRUMP CRITIQUE L'ATTITUDE D'OBAMA 
    Dans un entretien accordé à Fox News, Donald Trump avait 
plus tôt dans la journée fait mine de s'interroger sur les 
motivations de Barack Obama pour ne pas utiliser l'expression 
"d'islam radical" à propos de la tuerie d'Orlando. 
    "Soit il n'a pas compris, soit il a parfaitement compris et 
personne ne comprend. C'est soit l'un, soit l'autre mais dans 
les deux cas cela n'est pas acceptable", a-t-il estimé. 
    Cette remarque fait écho à une vieille suggestion de Trump 
selon laquelle Barack Obama serait en secret musulman. Le 
président américain est chrétien. 
    "Nous sommes dirigés par un homme qui n'est pas assez ferme, 
qui n'est pas assez malin ou alors il a quelque chose d'autre 
derrière la tête", a affirmé le magnat de l'immobilier. Puis 
prolongeant l'insinuation, il a ajouté : "Et cette chose 
derrière la tête, les gens ne peuvent pas y croire. C'est 
inconcevable". 
    "Nous devons bannir ces gens qui viennent de Syrie et 
d'autres parties du monde avec cette philosophie si haineuse et 
si affreuse", avait déclaré Trump dans l'émission de la chaîne 
ABC, "Good Morning America". 
    Le porte-parole de la Maison blanche, Josh Earnest, a refusé 
de répondre aux remarques de Donald Trump les qualifiant 
simplement de "petites" en regard de la tragédie qui s'est 
produite en Floride. 
    "Lorsque vous êtes concentré sur une tâche aussi importante 
que celle d'aider votre pays à répondre à la fusillade de masse 
la plus meurtrière de son histoire, lorsque vous êtes concentré 
sur une tâche aussi importante que protéger votre pays et 
combattre l'extrémisme violent, il est important de ne pas se 
laisser distraire par des choses aussi petites", a déclaré Josh 
Earnest devant la presse. 
         
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant