USA 2016-La convention républicaine s'ouvre sur un chahut anti-Trump

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 (Ajoute protestations §1-5) 
    par Ginger Gibson et Steve Holland 
    CLEVELAND, 18 juillet (Reuters) - La convention du Parti 
républicain américain s'est ouverte lundi à Cleveland, dans 
l'Ohio, avec les protestations d'opposants à Donald Trump, qui 
ont réclamé en vain un vote en faveur de candidats indépendants. 
    Le chahut des militants anti-Trump met à mal les efforts 
déployés pour rassembler un Parti républicain qui s'efforce de 
montrer que Donald Trump, qui sera officiellement investi jeudi, 
est capable de protéger les Etats-Unis à la fois de la violence 
quotidienne et du terrorisme djihadiste.  
    Les opposants au futur candidat ont demandé lundi aux cris 
de "Roll Call! Roll Call!" à faire voter les 2.472 délégués sur 
un changement des règles de nomination, pour leur permettre de 
soutenir des candidats indépendants.  
    Cette proposition a été soumise à un vote par acclamation et 
les opposants ont été déclarés perdants. Après cet échec, 
certains d'entre eux se sont mis à chanter en signe de 
protestation et d'autres ont quitté la salle de basket-ball de 
Cleveland où se tient la convention, disant qu'ils allaient 
repenser leur stratégie. 
    Ces troubles auraient pu retarder les discours d'ouverture 
de lundi soir. L'épouse de Donald Trump doit notamment prendre 
la parole.  
    Ils renforcent les doutes émis par plusieurs hauts 
responsables du "Grand Old Party", selon lesquels le 
tempérament, la rhétorique et les propositions de l'homme 
d'affaires sont loin de convaincre, et qui ne participeront pas 
à l'événement, qui débute au lendemain du meurtre de trois 
policiers par un noir à Bâton Rouge.  
    Le slogan "Make America Safe Again" (Rendre l'Amérique de 
nouveau sûre"), mot d'ordre de la première journée de la 
convention, avait été choisi avant les meurtres de Bâton Rouge.  
    L'épouse de Donald Trump, Melania, ex-mannequin slovène 
devenue créatrice de bijoux, devait prendre la parole à la 
tribune lundi soir avant d'être rejointe sur scène par le futur 
candidat ainsi que par le sénateur Tom Cotton, un "dur" en 
matière de politique étrangère, et par l'ex-général Michael 
Flynn, conseiller à la sécurité nationale. 
    Tous devraient promettre que Donald Trump, s'il est élu le 8 
novembre, s'attaquera avec la même fermeté à l'Etat islamique 
(EI) à l'étranger et à l'insécurité sur le sol américain.  
    Mais si le promoteur immobilier devenu prétendant à la 
Maison blanche veut unifier son parti, il doit trouver le moyen 
d'incarner l'autorité présidentielle sans se laisser aller aux 
discours virulents sur l'immigration, la criminalité et la 
sécurité qui lui ont aliéné une partie des électeurs, y compris 
républicains. 
    Illustrant les divisions que la campagne des primaires a 
creusées dans le parti, des dirigeants de tout premier plan du 
camp républicain ne feront pas le déplacement à Cleveland, à 
commencer par les ex-candidats à la présidence Mitt Romney et 
John McCain ou les membres de la famille Bush.  
     
    CLINTON DE NOUVEAU À L'ATTAQUE 
    Donald Trump qui, à 70 ans, n'a jamais occupé aucune 
fonction élective, prononcera jeudi le discours de clôture de la 
convention. La veille, c'est Mike Pence, le gouverneur de 
l'Indiana qu'il a choisi comme candidat à la vice-présidence, 
qui prendra la parole à la tribune. 
    Sans attendre, la future candidate démocrate, Hillary 
Clinton, a de nouveau reproché lundi à Donald Trump de vouloir 
diviser le pays en attisant les tensions raciales, ethniques et 
religieuses. 
    "Donald Trump a pris la tête du mouvement qui visait à 
discréditer le premier président noir", a-t-elle dit devant un 
parterre de membres du NAACP, un important mouvement de défense 
des droits civiques, en référence aux déclarations de son futur 
adversaire mettant en doute le fait que Barack Obama était né 
aux Etats-Unis et donc sa capacité à se présenter à la 
présidentielle. 
    "Donald Trump joue les timides avec les suprémacistes 
blancs", a-t-elle également déclaré en lui reprochant de 
mépriser les femmes, d'insulter les immigrés mexicains et de 
vouloir interdire "à toute une religion" d'entrer aux 
Etats-Unis. 
    Elle faisait référence aux propositions de son futur 
adversaire pour une interdiction temporaire d'entrée des 
musulmans sur le sol américain et pour la construction d'un mur 
à la frontière avec le Mexique.  
    A l'opposé, les responsables républicains devraient profiter 
de la convention de Cleveland pour accuser de nouveau Hillary 
Clinton d'être responsable d'un affaiblissement des Etats-Unis 
sur la scène mondiale lorsqu'elle dirigeait la diplomatie 
américaine, entre 2009 et 2013. 
     
 
 (Julie Carriat pour le service français) 
 
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