USA 2016-La convention républicaine perturbée par des anti-Trump

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 (Actualisé avec intervention de Melania Trump) 
    par Ginger Gibson et Emily Stephenson 
    CLEVELAND, 19 juillet (Reuters) - La convention du Parti 
républicain s'est ouverte lundi à Cleveland, dans l'Ohio, avec 
les protestations d'opposants à Donald Trump, qui ont réclamé en 
vain un vote en faveur de candidats indépendants. 
    L'incident met à mal les efforts déployés pour rassembler un 
Parti républicain qui s'efforce de montrer que Donald Trump, qui 
sera officiellement investi jeudi, est capable de protéger les 
Etats-Unis à la fois de la violence quotidienne et du terrorisme 
djihadiste.  
    Les opposants au futur candidat ont demandé lundi aux cris 
de "Roll Call! Roll Call!" à faire voter les 2.472 délégués sur 
un changement des règles de nomination, pour leur permettre de 
soutenir des candidats indépendants.  
    Cette proposition a été soumise à un vote par acclamation et 
les opposants ont été déclarés perdants. Après cet échec, 
certains d'entre eux se sont mis à chanter en signe de 
protestation et d'autres ont quitté la salle de basket-ball de 
Cleveland où se tient la convention, disant qu'ils allaient 
repenser leur stratégie. 
    Ces troubles, qui auraient pu retarder les discours 
d'ouverture de lundi soir, renforcent les doutes émis par 
plusieurs hauts responsables du "Grand Old Party", selon 
lesquels le tempérament, la rhétorique et les propositions de 
l'homme d'affaires sont loin de convaincre. Certains ne 
participeront pas à l'événement, qui débute au lendemain du 
meurtre de trois policiers par un noir à Bâton Rouge.  
    Le slogan "Make America Safe Again" (Rendre l'Amérique de 
nouveau sûre"), mot d'ordre de la première journée de la 
convention, avait été choisi avant les meurtres de Bâton Rouge. 
    Les premiers intervenants s'en sont pris sans surprise à la 
rivale démocrate de Donald Trump et a son action à la tête de la 
diplomatie américaine, pendant le premier mandat de Barack 
Obama.  
    "Je tiens Hillary Clinton personnellement responsable de la 
mort de mon fils", a déclaré Pat Smith, mère de l'un des quatre 
Américains tués en septembre 2012 dans l'attaque du consulat des 
Etats-Unis à Benghazi, en Libye.  
     
    "LA PROSPÉRITÉ POUR TOUS LES AMÉRICAINS" 
    Le comédien Scott Baio lui a pour sa part reproché de 
vouloir poursuivre une politique qui mène "le pays à la ruine".  
    "Alors, ne nous contentons pas de rendre sa grandeur à 
l'Amérique. Faisons en sorte que l'Amérique soit à nouveau 
l'Amérique !", a-t-il ajouté.     
    Donald Trump est ensuite apparu en personne, tandis que 
retentissait le tube de Queen "We Are the Champions" pour 
présenter son épouse Melania, ex-mannequin slovène devenue 
créatrice de bijoux. 
    "Je suis avec Donald depuis 18 ans et j'ai su dès notre 
première rencontre qu'il était amoureux de ce pays. Il est dur 
quand il doit l'être, mais il est aussi gentil, juste et 
attentionné (...) Donald veut la prospérité pour tous les 
Américains", a-t-elle assuré, lisant son prompteur sous les 
acclamations.   
    L'ancien maire de New York, Rudy Giuliani, dont le mandat a 
été marqué par une forte baisse de la criminalité et qui a dû 
superviser la réaction des autorités aux attentats du 11 
septembre 2001, lui a succédé au micro. "Ce que j'ai fait pour 
New York, Donald Trump le fera pour l'Amérique !", a-t-il 
promis.  
    Pour rassembler, le promoteur immobilier devenu prétendant à 
la Maison blanche devra toutefois trouver le moyen d'incarner 
l'autorité présidentielle sans se laisser aller aux discours 
virulents sur l'immigration, la criminalité et la sécurité qui 
lui ont aliéné une partie des électeurs, y compris républicains. 
    Illustrant les divisions que la campagne des primaires a 
creusées dans le parti, des dirigeants de tout premier plan du 
camp républicain ne feront pas le déplacement à Cleveland, à 
commencer par les ex-candidats à la présidence Mitt Romney et 
John McCain ou les membres de la famille Bush.  
     
    CLINTON DE NOUVEAU OFFENSIVE  
    Donald Trump qui, à 70 ans, n'a jamais occupé aucune 
fonction élective, prononcera jeudi le discours de clôture de la 
convention. La veille, c'est Mike Pence, le gouverneur de 
l'Indiana qu'il a choisi comme candidat à la vice-présidence, 
qui prendra la parole à la tribune. 
    Sans attendre, Hillary Clinton a de nouveau reproché lundi à 
Donald Trump de vouloir diviser le pays en attisant les tensions 
raciales, ethniques et religieuses. 
    "Donald Trump a pris la tête du mouvement qui visait à 
discréditer le premier président noir", a-t-elle dit devant un 
parterre de membres du NAACP, un important mouvement de défense 
des droits civiques, en référence aux déclarations de son futur 
adversaire mettant en doute le fait que Barack Obama était né 
aux Etats-Unis et donc sa capacité à se présenter à la 
présidentielle. 
    "Donald Trump joue les timides avec les suprémacistes 
blancs", a-t-elle également déclaré en lui reprochant de 
mépriser les femmes, d'insulter les immigrés mexicains et de 
vouloir interdire "à toute une religion" d'entrer aux 
Etats-Unis. 
    Elle faisait référence aux propositions de son futur 
adversaire pour une interdiction temporaire d'entrée des 
musulmans sur le sol américain et pour la construction d'un mur 
à la frontière avec le Mexique.  
    A l'opposé, les responsables républicains devraient profiter 
de la convention de Cleveland pour accuser de nouveau Hillary 
Clinton d'être responsable d'un affaiblissement des Etats-Unis 
sur la scène mondiale lorsqu'elle dirigeait la diplomatie 
américaine, entre 2009 et 2013. 
     
 
 (Avec Amy Tennery, Michelle Conlin, Scott Malone, Daniel Trotta 
et Jonathan Allen; Julie Carriat et Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
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