USA 2016-L'état-major républicain critique les propos anti-latino de Trump

le
0
    WASHINGTON, 5 juin (Reuters) - De hauts responsables du 
Parti républicain ont pris dimanche leurs distances avec les 
propos de Donald Trump visant un juge d'origine mexicaine, en 
s'inquiétant de leurs retombées auprès de l'électorat latino, de 
plus en plus important aux Etats-Unis.  
    Le plus que probable candidat des républicains pour le 
scrutin présidentiel du 8 novembre accuse le juge de district 
Gonzalo Curiel, fils d'immigrants mexicains qui préside le 
procès lié à des allégations de fraude à l'encontre de la Trump 
University, d'être partial en raison de son "héritage".  
    L'homme d'affaires a proposé de construire un mur à la 
frontière du Mexique pour barrer la route aux immigrants 
mexicains qu'il a également qualifiés de "délinquants et 
violeurs" dans un discours prononcé il y a un an lors du 
lancement de sa campagne. 
    Interrogé à propos de cette polémique dans l'émission "Meet 
the Press" sur NBC, le chef de la majorité républicaine au 
Sénat, Mitch McConnell, a souligné qu'il ne pouvait "que 
désapprouver" les déclarations de Donald Trump.  
    "Je suis inquiet pour le vote hispanique, l'Amérique est en 
train de changer", a poursuivi Mitch McConnell. "Je crois que 
c'est une grande erreur pour notre parti de faire une croix sur 
les Latino-Américains. Cela me préoccupe et j'espère qu'il 
(Trump) changera de cap là-dessus." 
    Le responsable républicain a rappelé que les Etats-Unis 
étaient un pays d'immigrants et que sa propre épouse, l'ancienne 
secrétaire au Travail Elaine Chao, ne parlait pas anglais à son 
arrivée dans le pays à l'âge de huit ans.  
    L'ancien président de la Chambre des représentants Newt 
Gingrich, cité comme possible colistier de Donald Trump, a 
qualifié les propos du milliardaire d'"inexcusables".  
    "C'est l'une des pires erreurs commises par Trump", a-t-il 
dit sur Fox News.  
    Le sénateur Bob Corker, qui préside la commission 
sénatoriale des Affaires étrangères, a dit "ne pas excuser les 
commentaires" de Donald Trump, dans une interview à ABC.  
    Samedi déjà, le président de la Chambre des représentants 
Paul Ryan, qui s'est rallié sur le tard au magnat de 
l'immobilier, avait regretté les déclarations de Trump. 
    
    Seul l'ancien ministre de la Justice Alberto Gonzales, qui 
est d'origine mexicaine, a estimé dans une tribune parue dans le 
Washington Post que Donald Trump était en droit de questionner 
l'impartialité du juge Curiel.  
    Mais il a ajouté dimanche dans une interview sur Fox News: 
"J'aurais certainement adopté une autre approche. A chaque fois 
que vous dites quelque chose à propos de la nationalité d'un 
juge, je pense que cela abaisse sa charge et nuit à la justice 
dans son ensemble." 
 
 (Ginger Gibson, Sarah N. Lynch; Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant