USA 2016-Jeb Bush se défend d'avoir dénigré les immigrés

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WASHINGTON, 25 août (Reuters) - Jeb Bush, qui brigue l'investiture républicaine dans la course à la Maison blanche, s'est retrouvé lundi sur la défensive pour avoir utilisé l'expression de "bébés ancres" pour décrire des enfants nés sur le sol des Etats-Unis de parents étrangers. L'équipe de campagne de la démocrate Hillary Clinton notamment l'a accusé de dénigrement et établi dans un montage vidéo un parallèle entre Jeb Bush et le milliardaire Donald Trump, qui est entré dans la primaire républicaine en dénonçant les clandestins mexicains "trafiquants de drogue" et "violeurs". Lors d'une conférence de presse à McAllen, au Texas, près de la frontière mexicaine, Jeb Bush, dont l'épouse est née au Mexique, a jugé lundi que cette interprétation était "ridicule". "De par mon passé, ma vie, le fait que je suis immergé dans une expérience d'immigration, il est ridicule que l'équipe de campagne Clinton et d'autres suggèrent que j'ai employé un terme péjoratif", a-t-il dit. "Je mettais l'accent sur un type spécifique, ciblé d'affaires où des gens organisent des réseaux pour acheminer des femmes enceintes dans notre pays pour qu'elles y accouchent", a-t-il poursuivi. Le 14e amendement de la Constitution des Etats-Unis accorde la citoyenneté à tout enfant né sur le sol du pays. Les partisans d'un durcissement des règles encadrant l'immigration soulignent que ce régime est détourné par des couples étrangers dont les femmes viennent accoucher aux Etats-Unis. Ils deviennent par conséquent parents de bébés ayant la nationalité états-unienne, ce qui facilite leur régularisation et les "ancre" dans le pays. D'où cette expression de "bébé ancre". La controverse a débuté la semaine dernière quand l'ex-gouverneur de Floride, fils et frère d'anciens présidents, a repris cette expression très marquée de "bébés ancres" lors d'une interview accordée à une radio. "On les appelle simplement des bébés", a riposté Hillary Clinton sur son compte Twitter. Bush a dénoncé lundi une exploitation hors contexte. "Je crois que nous devrions prendre du recul et nous calmer un peu, parce que tout cela renvoie au politiquement correct auquel on se retrouve confronté à chaque fois que l'on dit quelque chose", a-t-il poursuivi. "Je suis partisan du 14e Amendement. Rien de ce que j'ai dit ne devrait être considéré comme désobligeant à l'égard des immigrants." La controverse est mal venue pour Jeb Bush, dont l'un des atouts tient précisément à la capacité qui lui est prêtée de pouvoir attirer sur son nom une partie de l'électorat hispanique. Mais dans le contexte des primaires, les républicains ont identifié l'immigration clandestine comme un sujet de premier ordre. (Emily Stephenson; Henri-Pierre André pour le service français)

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