USA 2016-Escalade verbale de Trump contre Clinton

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    par Ginger Gibson et Jonathan Allen 
    WASHINGTON/NEW YORK, 25 mai (Reuters) - Donald Trump 
multiplie les attaques personnelles contre Hillary Clinton avec 
l'objectif de monopoliser l'attention des médias sans dépenser 
trop d'argent.  
    Le futur candidat du Parti républicain s'emploie ainsi à 
annihiler l'avantage financier probable que l'ex-secrétaire 
d'Etat, favorite du camp démocrate, affichera lors du duel 
annoncé en vue du scrutin du 8 novembre.  
    Donald Trump utilise la même stratégie que celle qu'il a 
déployée avec succès contre ses rivaux républicains, qui se sont 
retirés un à un de la course à l'investiture, le laissant seul 
en lice avant la convention du GOP en juillet.   
    La technique est simple: prononcer des déclarations 
incendiaires auxquelles les réseaux de télévision américains ne 
résisteront pas, faire les gros titres gratuitement pendant 
plusieurs heures et placer l'adversaire sur la défensive. 
    "Il est évident qu'elle (Hillary Clinton) aura d'énormes 
sommes d'argent", explique Corey Lewandowsi, directeur de 
campagne de Donald Trump. "La différence est que M. Trump 
finance lui-même sa campagne. Ce que nous avons réussi dans 
cette séquence de campagne, c'est de gagner l'attention des 
médias grâce à la capacité de M. Trump à parler vrai, et je 
pense que c'est ce qui détermine le cycle de l'information." 
    Parmi les dernières salves tirées par l'homme d'affaires, 
une accusation de viol à l'encontre de Bill Clinton, époux de 
Hillary, remontant aux années 1970 ainsi que le suicide d'un 
conseiller de l'ancien président en 1993.  
    Donald Trump est un expert dans l'art de ressortir de 
vieilles histoires qui n'ont pourtant plus de mystère. Il n'a eu 
de cesse de réclamer pendant des années un certificat de 
naissance de Barack Obama, même si l'état civil atteste de la 
naissance du président à Hawaï.      
     
    THÉORIES COMPLOTISTES 
    Dans une vidéo publiée par l'équipe Trump sur internet, des 
femmes accusent Bill Clinton de viol ou de harcèlement sexuel et 
Hillary Clinton y est suspectée d'avoir aidé à ce que ces femmes 
gardent le silence. L'équipe de l'ex-secrétaire d'Etat a rejeté 
des accusations infondées et orientées.  
    Puis dans une interview au Washington Post, Donald Trump a 
laissé entendre que les époux Clinton pourraient être impliqués 
dans la mort de Vince Foster en 1993, un ancien conseiller de 
Bill et ami de Hillary.  
    Pas moins de cinq enquêtes, dont l'une conduite par le 
procureur républicain Kenneth Starr, ont conclu à un suicide de 
Vince Foster dans un parc de Virginie et Trump faisait allusion 
à des théories complotistes relayées depuis des années par la 
presse à sensation ou par des livres écrits par des ennemis 
déclarés de l'ancienne sénatrice.  
    Ces déclarations n'en ont pas moins placé Hillary Clinton 
sur la défensive.  
    "Clinton passe moins de temps à faire campagne pour l'avenir 
et plus de temps qu'elle ne le souhaiterait à expliquer le 
passé", estime l'experte en sondages Kellyanne Conway, qui 
dirigeait un comité de soutien au sénateur du Texas Ted Cruz, 
l'un des derniers rivaux républicains de Trump.  
    L'équipe de campagne de Clinton et les "super PAC" (comités 
de soutien) qui l'appuient ne seront pas dépourvus de moyens 
pour repousser les attaques du milliardaire et lancer les leurs. 
     
    AUCUNE MORALE, AUCUN SCRUPULE 
    A la fin avril, Hillary Clinton affichait 30 millions de 
dollars sur son compte de campagne, contre 2 millions pour 
Trump. Et le PAC qui la soutient et peut lever des fonds en 
quantité illimitée disposait de 46 millions à la même date, une 
somme qui devrait croître pendant l'été. Le PAC dédié à Trump 
vient à peine de se mettre en place.  
    Hillary Clinton pourra aussi compter sur une armée de 
porte-parole pour combattre le magnat de l'immobilier sans avoir 
à répondre elle-même. 
    Donald Trump a déjà prouvé qu'il pouvait briser ses 
adversaires sans dépenser beaucoup d'argent, en les catégorisant 
à coup de surnoms ou de phrases chocs auprès des électeurs.  
    Jeb Bush, qui avait un avantage supérieur à 100 millions de 
dollars avant le début des primaires républicaines, n'a jamais 
réussi à effacer l'image d'homme faible assénée par son rival.  
    "Donald Trump a complètement changé la dynamique de la vie 
politique", estime Jim Manley, un stratège démocrate qui 
soutient Hillary Clinton. "Il n'a absolument aucune morale ni 
aucun scrupule. Descendre dans le caniveau avec lui est une 
perte de temps absolue." 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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