USA 2016-En Virginie, Trump pèse sur la campagne républicaine

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    par Susan Cornwell 
    WASHINGTON, 20 octobre (Reuters) - Barbara Comstock, qui 
fait campagne pour être réélue à la Chambre des représentants le 
8 novembre sous l'étiquette républicaine, s'emploie depuis des 
mois à faire oublier Donald Trump, mais ses difficultés 
illustrent l'ampleur de la tâche. 
    Cette avocate et ancienne lobbyiste représente une riche 
circonscription du nord de la Virginie où le candidat à la 
présidentielle est devenu un fardeau, que son opposante 
démocrate ne se prive pas de lui accoler.  
    Dans les spots de campagne locaux, LuAnn Bennett saisit 
chaque occasion pour établir un lien entre le milliardaire 
new-yorkais et son adversaire républicaine, une stratégie qui 
pourrait bien porter ses fruits.  
    Le Cook Political Report, une publication non partisane 
consacrée aux élections présidentielle et législatives du 8 
novembre, estime désormais que le duel Comstock-Bennett est 
indécis, alors qu'il le voyait auparavant pencher en faveur de 
la républicaine.  
    Cela fait pourtant des mois que Barbara Comstock, qui a 57 
ans, s'efforce de prendre ses distances avec le magnat de 
l'immobilier.  
    En avril dernier, elle a estimé que Donald Trump était en 
réalité un démocrate ne connaissant rien à l'économie.  
    En décembre 2015, elle a qualifié de "stupide" et 
"anti-américaine" son idée d'interdire tous les musulmans de 
territoire américain et en mars, elle a fait savoir que l'argent 
reçu de Donald Trump pour sa campagne avait été reversé à des 
organisations caritatives. 
    Après la diffusion, le 7 octobre dernier, de la vidéo 
montrant le candidat républicain proférer des propos obscènes 
sur les femmes, Barbara Comstock a annoncé qu'elle ne voterait 
pas pour lui et souhaité qu'il renonce à briguer la Maison 
blanche.  
    Mais à moins de trois semaines de l'Election Day, il est 
peut-être déjà trop tard.  
     
    UNE AUBAINE 
    "Dans une année normale, Comstock serait clairement 
favorite, mais aujourd'hui, son statut est menacé à cause de 
Trump", observe Kyle Kondik, de la lettre d'information Sabato 
Crystal Ball, éditée par le Virginia Center for Politics.  
    LuAnn Bennett avoue quant à elle que Trump a été "une 
aubaine" pour sa campagne.  
    Cette cadre du secteur immobilier, âgée de 63 ans, juge que 
Comstock a attendu trop longtemps avant d'annoncer qu'elle ne 
voterait pas pour Trump.  
    Elle avance que les idées de sa rivale sur l'immigration, 
l'avortement ou le changement climatique sont "incroyablement 
semblables" à celles de l'ancien animateur de téléréalité.  
    La candidate républicaine rétorque pour sa part que LuAnn 
Bennett ne ferait qu'avaliser sans discuter les décisions 
d'Hillary Clinton si elle était élue à la Chambre.  
    "Je suis la seule des deux qui (...) a déjà fait preuve de 
franc-parler, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur de mon 
parti", a-t-elle dit mercredi à l'issue d'un débat avec Bennett. 
    S'étendant de la banlieue de Washington à la vallée de 
Shenandoah et la frontière de Virginie occidentale, la 
circonscription conquise par Barbara Comstock en 2014 abrite des 
milliers de fonctionnaires du gouvernement, ainsi qu'un bon 
nombre de lobbyistes et de membres de ces "élites" de Washington 
que Donald Trump ne cesse de fustiger.  
    Ce 10e district est représenté au Congrès par un républicain 
depuis 1981, mais ses électeurs se montrent plus indécis lors du 
scrutin présidentiel.  
    D'après LuAnn Bennett, les démocrates prévoient qu'environ 
140.000 électeurs de plus qu'en 2014 viendront voter le 8 
novembre. 
    "Nous avons une communauté latino de plus en plus 
importante, une communauté asiatique de plus en plus importante, 
et ces communautés sont très perturbées par le discours entendu 
côté républicain, et très inquiètes sur la direction que prend 
ce pays", ajoute la candidate démocrate.  
    Pour Stephen Farnsworth, professeur de science politique à 
l'université de Mary Washington à Fredericksburg, Virginie, 
"avec l'affaire de la vidéo obscène, Trump n'est plus seulement 
un poids pour Comstock, mais un boulet". 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la campagne présidentielle:   
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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