USA 2016-Donald Trump remanie son équipe, veut rester "lui-même"

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    par Steve Holland et Emily Flitter 
    WASHINGTON, 18 août (Reuters) - Donald Trump a remanié 
mercredi son équipe de campagne pour la deuxième fois en deux 
mois, embauchant le directeur d'un site d'information 
conservateur pour redorer son image de combattant et tenter de 
redresser la barre dans les sondages face à Hillary Clinton. 
    Stephen Bannon, directeur du site Breitbart News, a été 
nommé directeur général de campagne par le candidat républicain, 
un titre crée spécialement pour lui. Kellyanne Conway, qui 
occupait déjà un rôle de conseillère auprès du candidat 
républicain, a été promue directrice de la campagne.  
    Ce remaniement réduit les fonctions dévolues à son président 
Paul Manafort, mis en cause pour ses relations avec des 
personnalités pro-russes en Ukraine et propulse au premier rang 
un conservateur flamboyant et une analyste mesurée susceptible 
d'attirer l'électorat féminin et indépendant.   
    Cette nouvelle équipe devrait permettre à Trump de renouer 
avec le style de ses débuts, et "laisser Trump être Trump", 
comme résumait son précédent directeur Corey Lewandoski, démis 
de ses fonctions lors du précédent remaniement de juin, à 
l'issue des primaires. 
    Pour Lewandoski, Steve Bannon est un "combattant", comme 
lui-même, a dit l'ex-directeur sur CNN. Dans un communiqué, les 
équipes de Trump se flattent d'accueillir "l'opérateur politique 
le plus dangereux d'Amérique", citant un article de Bloomberg 
Politics. Bannon, ancien banquier chez Goldman Sachs, a 
également servi dans l'US Navy. 
    Il n'est toutefois pas certain que ce choix aide Donald 
Trump a étendre sa popularité au-delà des classes moyennes 
blanches qui composent l'essentiel de ses partisans. Hillary 
Clinton dispose sur lui d'une avance de six points, selon un 
sondage Reuters/Ipsos publié mardi.   
     Les provocations du candidats et ses remarques à l'égard 
des femmes, des musulmans, et des immigrants mexicains, si elles 
sont goûtées par les participants de ses meetings, en laissent 
d'autres sceptiques. 
    Trump a fait l'objet de critiques répétées de la part de la 
direction du Parti républicain, pour ces provocations ainsi que 
sa difficulté à adopter un discours  cohérent. Ses remarques sur 
la famille d'un militaire américain musulman tué en Irak ont en 
particulier heurté la sensibilité du GOP. 
    Donald Trump a été informé mercredi après-midi des questions 
de sécurité nationale comme le prévoit la loi pour chacun des 
candidats, au bureau du directeur national du renseignement. 
    Le général Michael Flynn, désormais conseiller du candidat, 
était présent lors de l'entretien et rapporte que les 
responsables chargés d'informer Trump pendant près de deux 
heures ont été "absolument professionnels", saluant une 
"excellente conversation". 
 
    UN CANDIDAT QUI NE "CHANGE PAS" 
    En juin, Paul Manafort avait été nommé directeur afin 
d'apporter une touche plus professionnelle à la campagne de 
Donald Trump ; sa rétrogradation mercredi signe l'échec des 
efforts pour se rapprocher de la ligne du parti. 
    Hillary Clinton, qui a précédemment jugé Trump "inapte, par 
son tempérament" à diriger dans le pays, a déclaré mercredi que 
les remaniements successifs ne changeraient en rien le candidat 
ni sa rhétorique. 
    "Donald Trump nous a montrés qui il est, il aura beau 
embaucher ou licencier qui il veut (...), ils peuvent lui faire 
lire de nouvelles phrases sur un télé prompteur, il reste 
l'homme qui insulte des familles Gold Star, abaisse les femmes, 
se moque des personnes handicapées et pense qu'il en sait plus 
sur l'EI que nos généraux", a-t-elle dit lors d'un meeting dans 
l'Ohio. 
    Au premier rang des équipes de Trump, Stephen Bannon et 
Kellyanne Conway ont des profils diamétralement opposés. La 
seconde, qui va accompagner Trump tout au long de sa campagne, 
est partisane d'une approche pragmatique et chiffrée. Le premier 
aime repousser les limites de la politesse et faire monter le 
ton des débats, jugent des analystes. 
    "Pour ce qui est de Steve et moi, nous reconnaissons être 
différents (...) mais nous partageons une vision", a dit 
Kellyanne Conway à des journalistes. 
    Steve Bannon est notamment connu pour son rôle dans la 
production et la promotion du film "Clinton Clash", qui accuse 
Bill et Hillary Clinton d'avoir concédé des faveurs aux plus 
gros donateurs de leur fondation de bienfaisance, un thème 
fortement exploité par Trump. 
    "Je pense que Bannon sera comme un éléphant dans un magasin 
de porcelaine et Conway se concentrera sur la communication et 
les médias payants", a dit le stratège républicain Matt 
Mackowiak. 
    Le choix de Bannon suggère que Trump, loin de vouloir 
baisser d'un ton, compte au contraire mettre l'accent sur les 
thèmes qui fonctionnent auprès de son électorat, notamment sa 
position radicale contre l'immigration illégale et ses attaques 
personnelles sur Hillary Clinton. 
    "Je suis qui je suis, je ne veux pas changer", a dit mardi 
le candidat au micro d'une chaîne de télévision du Wisconsin. 
"Si on commence à basculer, on n'est plus honnête avec les 
gens", a-t-il expliqué. 
 
 (avec Alana Wise, Amanda Becker, Ginger Gibson, Luciana Lopez 
et Mark Hosenball; Tangi Salaün et Julie Carriat pour le service 
français) 
 
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