USA 2016-Donald Trump promet le chaos s'il n'est pas investi

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 (Actualisé avec citations, réaction Cruz) 
    par Steve Holland 
    PALM BEACH, Floride, 16 mars (Reuters) - Donald Trump, qui a 
conforté son avance dans la course à l'investiture républicaine 
après ses succès enregistrés mardi soir, a mis en garde mercredi 
contre le chaos que pourrait provoquer le refus de le désigner 
comme candidat à l'élection présidentielle américaine. 
    Le milliardaire s'est un peu plus rapproché de la barre des 
1.237 délégués nécessaires pour être investi comme candidat du 
Grand Old Party pour le scrutin du 8 novembre. 
    Ses victoires en Floride, dans l'Illinois et en Caroline du 
Nord ont conforté la position du magnat de l'immobilier mais sa 
défaite dans l'Ohio, Etat très important, maintient un semblant 
de suspense concernant son investiture, une hypothèse que ses 
rivaux décrivent comme une catastrophe. 
    Donald Trump pourrait toutefois ne pas rassembler le nombre 
de délégués suffisants pour disposer de la majorité absolue lors 
de la convention républicaine qui aura lieu en juillet à 
Cleveland.  
    Le candidat s'est inquiété de cette possibilité qui 
ouvrirait la porte à des tractations au sein de la hiérarchie du 
parti qui ne souhaite pas le voir porter ses couleurs face au 
candidat démocrate, probablement Hillary Clinton. 
    "Je ne pense pas qu'on puisse dire que nous ne l'aurions pas 
automatiquement", a commenté Trump interrogé sur CNN quant à un 
éventuel refus de sa nomination malgré le soutien d'un nombre 
important de délégués. "Je pense qu'il y aurait des émeutes. Je 
représente des millions et des millions de personnes", a-t-il 
rappelé. 
    Son plus sérieux adversaire, Ted Cruz soutenu par le Tea 
Party, a lui aussi mis en garde contre la perspective d'une 
"convention négociée" (brokered convention) et la désignation du 
candidat par l'appareil du parti. 
    "Il y a beaucoup de membres de l'establishment à Washington 
qui nourrissent le rêve d'une convention négociée, d'une 
convention bloquée dans laquelle ils pourraient parachuter un 
candidat de la direction. Je pense que les gens se révolteraient 
à juste titre", a dit Ted Cruz. 
     
    TRUMP SNOBE LE PROCHAIN DÉBAT 
    Le président républicain de la Chambre des représentants 
Paul Ryan a indiqué qu'il n'était pas intéressé par l'idée de 
devenir candidat malgré les demandes de plusieurs membres de son 
parti. 
    "Le président est reconnaissant de ce soutien mais il n'est 
pas intéressé", a déclaré son porte-parole. "Il n'acceptera pas 
de nomination et estime que notre candidat doit être quelqu'un 
qui a fait campagne cette année". 
    Continuant d'imposer son agenda à ses adversaires, Donald 
Trump a annoncé mercredi qu'il n'avait pas l'intention de 
participer au prochain débat télévisé prévu lundi. "Je pense que 
nous avons fait assez de débats", a-t-il déclaré pour justifier 
sa décision. 
    La direction du parti républicain ne sait pas comment gérer 
ce candidat dont elle ne veut pas et dont les déclarations 
incendiaires sur les immigrés sans papiers ou les musulmans la 
mettent dans l'embarras. 
    Intervenant mercredi matin sur la chaîne MSNBC, l'homme 
d'affaires n'a rien fait pour se montrer rassurant quand il 
s'est agi d'évoquer la manière dont il abordait les questions de 
politique étrangère. 
    "Je me parle à moi-même, pour commencer, parce que j'ai une 
tête qui fonctionne très bien", a-t-il répondu. "Je sais ce que 
je fais et mon premier conseiller, c'est moi". 
    La tentative des caciques du GOP de lui barrer une route qui 
semble désormais largement ouverte intervient peut-être trop 
tard. Si le sénateur du Texas, Ted Cruz, reste dans la course et 
que le gouverneur de l'Ohio, John Kasich (qui a les faveurs de 
l'establishment), a choisi de se maintenir, Marco Rubio a, lui, 
jeté l'éponge après la défaite enregistrée chez lui en Floride 
mardi. 
    Seuls trois candidats restent en lice dans cette course qui 
en comptait une quinzaine au départ et Trump, profitant d'une 
dynamique gagnante, semble épuiser ses adversaires les uns après 
les autres. 
    "Les gens sont en colère, les gens se sentent frustrés", a 
commenté Marco Rubio. "J'ai choisi une autre voie et j'en suis 
fier". 
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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