USA 2016-Donald Trump fait des émules chez les républicains

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    par James Oliphant 
    WASHINGTON, 19 avril (Reuters) - S'il n'est pas encore 
assuré d'obtenir l'investiture républicaine pour la 
présidentielle de novembre, Donald Trump a déjà remporté une 
victoire : les primaires lui ont permis de faire des émules qui 
pourraient se transformer en cauchemar pour la hiérarchie du 
Grand Old Party. 
    Paul Ryan, président de la Chambre des représentants et 
figure de l'"establishment" républicain, a vu apparaître un 
rival inattendu dans sa circonscription du Wisconsin. 
    L'homme d'affaires Paul Nehlen a décidé de marcher dans les 
traces de Trump, reprenant certaines idées du magnat de 
l'immobilier sans toutefois être toujours d'accord avec le 
personnage lui-même. 
    Dans le New Hampshire, l'ancien sénateur républicain de 
l'Etat Jim Rubens a apporté son soutien à Trump et ambitionne de 
se présenter face à la sénatrice en place, Kelly Ayotte. 
    En Arizona, c'est une sénatrice de l'Etat, Kelli Ward, qui 
prétend s'opposer à l'ancien candidat à la présidence John 
McCain, personnalité influente du GOP. 
    La campagne de Trump et sa rupture avec la direction du 
parti républicain, qui ne veut le voir à aucun prix investi lors 
de la convention nationale de juillet, ont donné des idées et 
des ambitions à certains élus. 
    Ce mouvement, qui a également gagné des Etats comme 
l'Alabama ou la Caroline du Nord, n'est pas une résurgence de la 
vague "anti-système" du Tea Party qui avait porté au Congrès des 
élus très conservateurs en 2010. 
    Alors que se profilent également les élections générales cet 
automne, aucun des sortants n'a pour l'instant été battu lors 
des primaires destinées à désigner les candidats républicains au 
Sénat et à la Chambre des représentants. 
     
    CASSE-TÊTE 
    Comme le rappelle l'analyste politique indépendant Nathan 
Gonzalez: "d'autres candidats tentent de reproduire son message, 
mais personne ne peut reproduire Donald Trump". 
    Des observateurs notent toutefois qu'une investiture de 
Donald Trump pourrait provoquer un mécontentement parmi certains 
électeurs républicains qui pourraient alors décider de 
s'abstenir lors des élections générales favorisant ainsi 
l'élection des candidats démocrates. 
    Il serait facile de négliger la candidature de Paul Nehlen 
face à Paul Ryan dont la cote de popularité dépasse les 80% 
parmi les républicains du Wisconsin. Pourtant, la direction du 
parti doit se souvenir qu'en 2014, Eric Cantor, alors numéro 2 
de la majorité à la Chambre des représentants, avait été battu 
par un obscur professeur d'université en Virginie. 
    Donald Trump reproche régulièrement à Paul Ryan d'avoir 
accepté de conclure un accord avec Barack Obama sur le budget et 
d'avoir soutenu des mesures comme le Partenariat transpacifique 
(PTP) ou la réforme sur l'immigration décidée par le président 
américain. 
    Paul Nehlen explique que ces prises de position du président 
de la Chambre des représentants ont motivé sa candidature 
dissidente.  
    D'autres font valoir leur hostilité à la politique 
d'immigration menée par l'actuelle administration ou leur 
soutien à la construction d'un mur à la frontière avec le 
Mexique, une mesure préconisée par Trump. 
    Si elles ne sont pas de nature à remettre en cause la 
hiérarchie, ces voix contestatrices viennent confirmer le 
casse-tête auquel est confrontée la direction républicaine au 
moment où Donald Trump semble assuré de remporter la primaire 
dans l'Etat de New York mardi et de relancer sa campagne. 
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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