USA 2016-Donald Trump courtise les élus du Parti républicain

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 (Actualisé tout du long) 
    par Susan Cornwell et Richard Cowan 
    WASHINGTON, 13 mai (Reuters) - Donald Trump s'est lancé 
jeudi dans une offensive de charme pour tenter d'obtenir le 
soutien des ténors du Parti républicain, et notamment celui du 
président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, qui a dit 
réserver encore son avis. 
    En visite au Congrès à Washington, le milliardaire qui 
devrait être le candidat du Parti républicain pour l'élection 
présidentielle du 8 novembre prochain, s'est montré sous son 
meilleur jour, écoutant patiemment les députés républicains qui 
critiquent notamment le ton de sa campagne et lui ont rappelé la 
nécessité de se concilier les électeurs hispaniques. 
    Évitant les jurons qui émaillent d'habitude ses discours de 
campagne, le promoteur new-yorkais a également laissé de côté 
ses critiques acerbes des élus du Congrès à Capitol Hill.  
    "La discussion a été très sérieuse, raisonnable; c'était une 
discussion chaleureuse (...)", a dit le sénateur de l'Utah, 
Orrin Hatch. "Je pense que vous allez vous rendre compte qu'il 
va s'améliorer de manière constante avec le temps." 
    La journée de Trump à Washington avait pour objectif de 
vaincre les réticences qui persistent à son égard chez les 
républicains, qui n'apprécient pas ses déclarations à 
l'emporte-pièce et les provocations dont il s'est rendu 
coutumier depuis le début de la campagne. 
    Il a notamment promis de construite un mur le long de la 
frontière mexicaine, d'expulser 11 millions de migrants 
illégaux, d'interdire temporairement l'entrée des Etats-Unis aux 
musulmans et de mettre en place des mesures protectionnistes. 
    Jeudi, Donald Trump a rencontré Paul Ryan pendant une heure 
au siège du Comité national républicain, voisin du Capitole. 
D'autres responsables du parti se sont ensuite joints à eux. 
     
    "FORMIDABLE" 
    Dans un communiqué commun, les deux hommes ont affirmé avoir 
eu un entretien "positif" qui leur a permis d'apprendre à se 
connaître et d'essayer de dégager des points communs. 
    "Dans cette optique, nous avons eu une conversation 
formidable, ce matin. Si nous nous sommes montrés honnêtes au 
sujet de nos quelques divergences, nous constatons qu'il y a 
aussi de nombreux points de convergence", ont-ils dit. "Il 
s'agissait de notre première rencontre, mais ce fut une étape 
très positive vers le rassemblement." 
    Paul Ryan avait expliqué mercredi vouloir faire connaissance 
avec l'homme d'affaires, désormais seul candidat à l'investiture 
républicaine après le retrait de Ted Cruz et John Kasich. 
    Paul Ryan n'a pas pour autant exprimé son soutien à Donald 
Trump. Interrogé par la presse après l'entrevue, Paul Ryan s'est 
borné à dire que la rencontre avait été encourageante. 
    "Personne n'ignore que Donald Trump et moi avons des 
divergences. Nous avons parlé de ces divergences aujourd'hui", 
a-t-il expliqué. "Je pense que nous creusons un sillon en vue 
d'une unité". 
    Le magnat de l'immobilier a publié un tweet déclarant: "Ça 
avance vraiment bien!" avant de monter dans un avion pour 
rentrer à New York. 
    "J'ai des opinions fortes sur la sécurité des frontières. 
J'ai des opinions fortes sur le commerce. J'ai des opinions 
fortes sur le développement de l'armée. Dans une large mesure je 
pense que Paul Ryan en est au même point", a-t-il ajouté dans la 
soirée sur Fox News. 
     
    CALCULS PERSONNELS 
    Paul Ryan, auquel les observateurs politiques prêtent des 
ambitions pour la présidentielle de 2020, a rappelé qu'il 
représentait l'aile conservatrice de son parti et a jugé positif 
le fait que Trump ait rallié de nouveaux électeurs. 
    "La question demeure malgré tout : pouvons-nous être 
d'accord sur les valeurs essentielles qui nous unissent tous ?" 
s'est-il interrogé. 
    L'annonce d'un soutien officiel du président de la Chambre 
des représentants à Donald Trump permettrait au Parti 
républicain de tourner la page de cette période embarrassante 
dans laquelle les édiles ne savent pas quelle attitude adopter, 
notamment ceux qui se sont ouvertement opposés au milliardaire. 
    L'équipe de campagne de Trump estime, elle, que le soutien 
de Paul Ryan est secondaire et fait valoir que l'essentiel est 
les dix millions d'électeurs que le candidat a déjà rassemblé 
depuis le début des primaires. 
    Malgré tout, bénéficier de l'appui des cadres du GOP 
permettrait à Trump de mettre sur pied une infrastructure de 
campagne et notamment de lever des fonds afin de rivaliser avec 
l'appareil démocrate qui devrait investir Hillary Clinton. 
    Pour Paul Ryan, la question est de savoir quelle conséquence 
son soutien explicite à Trump pourrait avoir sur son image de 
chef de file conservateur qu'il cultive depuis plusieurs années 
et sur laquelle il mise probablement pour 2020. 
     
    BAISSER D'UN TON 
    Malgré ses difficultés à s'attirer le soutien des dirigeants 
du parti, Trump voit sa candidature progresser dans les 
sondages. Un sondage Reuters/Ipsos publié mercredi le donne au 
coude à coude avec Hillary Clinton, avec 40% des suffrages, 
contre 41% pour l'ex-secrétaire d'Etat. 
    Trump a aussi rencontré les sénateurs républicains jeudi. 
Certains n'ont pas réprimé leurs encouragements. 
    "Tout le monde ici souhaite vous voir gagner", a dit Mitch 
McConnell, chef de la majorité au Sénat américain. 
    La sénatrice de Virginie-Occidentale, Shelly Moore Capito, a 
quant à elle invité le candidat à plus de prudence dans ses 
propos. Le sénateur de l'Ohio et ex-représentant au Commerce, 
Rob Portman, l'a incité à la prudence dans ses discours contre 
les accords commerciaux. 
    "La question du style a été mise sur la table", a dit le 
sénateur du Texas John Cornyn, ajoutant qu'il avait donné des 
conseils au candidat sur "l'importance des votes hispaniques et 
l'idée de distinguer l'immigration légale et illégale". 
    Même l'un des plus farouches opposant à Trump, l'ex-candidat 
et sénateur de Caroline du Sud Lindsey Graham, s'est radouci, 
lui qui avait dit que devoir décider entre Trump et son rival 
Ted Cruz, revenait à choisir entre "être abattu ou empoisonné". 
    "Je sais que M. Trump cherche à toucher beaucoup de gens, 
dans le parti et le pays, afin d'entendre leur avis et leur 
opinion. Je pense que c'est une sage démarche de sa part", 
a-t-il dit à l'issue d'une conversation téléphonique avec Trump 
mercredi. 
 
 (Avec Emily Stephenson, Doina Chiacu, Patrica Zengerle, David 
Morgan; Pierre Sérisier et Julie Carriat pour le service 
français) 
 
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