USA 2016-Deuxième débat acrimonieux entre Trump et Clinton

le , mis à jour à 09:03
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    * A moins d'un mois de la présidentielle, Trump abordait ce 
débat sous pression 
    * "Propos de vestiaires" contre courriels privés: les 
insultes et les échanges houleux ont marqué la confrontation 
    * Si j'étais président, vous seriez en prison, a lancé le 
candidat républicain à Clinton 
 
    par Steve Holland et Emily Stephenson 
    ST. LOUIS, Missouri, 10 octobre (Reuters) - Donald Trump 
s'est efforcé dimanche soir d'éteindre la vive polémique 
provoquée par la publication vendredi d'un enregistrement où on 
l'entend proférer des propos obscènes à l'égard de femmes, les 
qualifiant de "conversation de vestiaire" et s'en prenant aux 
écarts de conduite de Bill Clinton, l'époux de sa rivale 
démocrate. 
    Lors d'un deuxième débat présidentiel sous tension, le 
candidat républicain à la Maison blanche a également suggéré 
qu'Hillary Clinton, dont il a dénoncé les mensonges à 
répétition, devrait être en prison pour avoir utilisé une 
messagerie privée lorsqu'elle dirigeait la diplomatie 
américaine, entre 2009 et 2013. 
    Organisé sous la forme d'une assemblée publique à 
l'université de Washington de St. Louis à moins d'un mois de 
l'élection du 8 novembre, cette deuxième confrontation était 
vitale pour Trump. 
    Alors que les courbes des intentions de vote s'écartent de 
nouveau depuis trois semaines à l'avantage de la démocrate - qui 
dispose d'une avance de 4,6 points selon la dernière moyenne des 
sondages réalisée par le site Real Clear Politics -, la 
publication par le Washington Post de cette conversation 
enregistrée en 2005 quelques mois après le mariage de Donald 
Trump avec Melania, sa troisième femme, a conduit de nombreux 
responsables du Grand Old Party à se détourner de lui, voire à 
appeler à un retrait de sa candidature.   
    Contrairement au premier débat, le 26 septembre dernier, les 
deux candidats ne se sont pas serré la main avant le début de 
leurs échanges - ils l'ont toutefois fait à la fin - qui ont 
très vite porté sur la vidéo, où on entend le magnat new-yorkais 
de l'immobilier, alors une star de la télé-réalité, évoquer sa 
tentative de séduction d'une femme mariée et le loisir que l'on 
peut s'accorder, si l'on est connu, de traiter les femmes avec 
insistance. 
     
    "MOI, CE N'ÉTAIT QUE DES MOTS" 
    Le milliardaire, qui est âgé de 70 ans, s'est dit 
"embarrassé" par la vidéo tout en répétant qu'il s'agissait 
d'une "conversation de vestiaire". Il a ensuite dit que Bill 
Clinton avait eu un comportement bien plus condamnable que lui à 
l'égard des femmes. 
    "Moi ce n'était que des mots, lui est passé à l'action", 
a-t-il contre-attaqué après avoir organisé, avant le débat, une 
conférence de presse entouré de quatre femmes accusant le 42 
président des Etats-Unis (1992-2000) d'inconduite sexuelle. 
    Le candidat républicain a également déclaré que son 
adversaire s'en était prise aux femmes qui disaient avoir eu une 
liaison avec son mari. 
    Hillary Clinton, 68 ans, a estimé que les propos de Donald 
Trump entendus sur la vidéo le rendaient inapte à diriger le 
pays. "Il a dit que la vidéo n'était pas représentative de ce 
qu'il est mais je pense qu'il est évident pour tout le monde 
qu'elle est exactement représentative de ce qu'il est", a-t-elle 
dit. 
    D'après un sondage CNN/ORC réalisé auprès d'un panel de 
téléspectateurs, la candidate démocrate a remporté ce deuxième 
débat par 57% contre 34% pour Trump. Mais elle fait moins bien 
qu'après le premier débat, dont elle avait été jugée victorieuse 
par 62% des téléspectateurs interrogés contre 27% pour son rival 
républicain. 
    Le débat a par ailleurs produit plus de 17 millions de 
tweets, du jamais-vu pour ce type de confrontations, selon un 
porte-parole de Twitter. L'analyse des tweets postés durant le 
débat réalisée par la firme spécialisée Brandwatch révèle qu'ils 
ont été négatifs à 66,9% pour Trump et à 57,8% pour Clinton. 
     
    LA QUESTION DES COURRIELS 
    L'utilisation par Hillary Clinton d'une messagerie privée 
lorsqu'elle dirigeait la diplomatie américaine a fourni une 
autre arme à Donald Trump. 
    L'affaire empoisonne la campagne de l'ex-secrétaire d'Etat 
depuis l'été 2015 et les premières révélations sur son 
utilisation d'une messagerie privée plutôt que le système du 
gouvernement au mépris des règles en vigueur dans 
l'administration. 
    "Vous devriez avoir honte", l'a attaqué Trump, ajoutant 
qu'il nommerait, s'il était élu, un procureur spécial pour 
enquêter sur l'affaire. 
    "Vous savez, c'est vraiment une bonne chose qu'une personne 
ayant le tempérament de Donald Trump ne soit pas chargée de 
l'application de la loi dans ce pays, a répondu la candidate 
démocrate. 
    - Sinon vous seriez en prison", a aussitôt rétorqué Trump. 
    Après une travail d'investigation de près d'un an, le FBI a 
recommandé début juillet qu'Hillary Clinton ne soit pas 
poursuivie tout en déplorant son "imprudence extrême". 
  
    Donald Trump et Hillary Clinton se sont également affrontés 
sur des sujets tels que la fiscalité, l'assurance-santé ou 
encore la politique américaine en Syrie. 
    Fait rare, le candidat républicain s'est dit en désaccord 
avec Mike Pence, son colistier, qui, lors du débat 
vice-présidentiel la semaine dernière, a déclaré que les 
Etats-Unis devaient être prêts à avoir recours à la force si 
nécessaire en Syrie. "Lui et moi n'en avons pas discuté et je ne 
suis pas d'accord", a-t-il dit.   
    Invités en fin de débat, par un membre du public, à dire des 
choses positives l'un sur l'autre, Hillary Clinton a dit 
respecter les enfants de son adversaire pour leurs capacités et 
l'attachement à leur père. Donald Trump a de son côté déclaré 
que l'ancienne secrétaire d'Etat était une battante, ajoutant 
qu'il admirait son refus de renoncer. 
    La troisième et dernier débat présidentiel aura lieu le 19 
octobre à l'université du Nevada de Las Vegas.   
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la campagne présidentielle:   
 
 (Avec la contribution d'Amanda Becker, Amy Tennery et Michelle 
Conlin; Benoît Van Overstraeten et Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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