USA 2016-Des milliers de manifestants protestant contre la victoire de Trump

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 (Actualisé avec nouvelles manifestations) 
    par Timothy Mclaughlin et Alexander Besant 
    CHICAGO/NEW YORK, 10 novembre (Reuters) - Des milliers de 
manifestants marchaient dans les rues de nombre de grandes 
villes américaines mercredi pour protester contre la victoire 
inattendue de Donald Trump à l'élection présidentielle, 
condamnant les propos polémiques tenus par l'homme d'affaires 
lors de sa campagne à l'égard d'immigrés, de musulmans et 
d'autres catégories de population. 
    A New York, les manifestants se sont dirigés par milliers 
vers la Trump Tower, la résidence luxueuse du futur président 
américain situé sur la Cinquième avenue tandis que des centaines 
d'autres se sont rassemblés dans un parc de Manhattan au cris de 
"Pas mon président". 
    Dans le centre de Chicago, un total estimé de 1.800 
personnes se sont rassemblées à l'extérieur d'un bâtiment 
appartenant au magnat immobilier - la Trump International Hotel 
and Tower - scandant des slogans tels que "Non à Trump ! Non au 
KKK (Ku-Klux-Klan) ! Non à une Amérique raciste !" 
    La police de Chicago a bloqué les rues autour de la zone de 
la manifestation, entravant ainsi son parcours. Il n'y avait pas 
à ce stade ni arrestations ni violence. 
    Mais, à Seattle, la police a dit sur son compte Twitter 
qu'elle enquêtait sur des coups de feu, survenus non loin d'une 
manifestation contre Donald Trump, qui, selon les pompiers, ont 
blessé cinq personnes, deux d'entre elles ayant des blessures 
susceptibles de mettre leur vie en danger. 
    Il était difficile de dire à ce stade si les coups de feu 
étaient liés à la manifestation. 
    Des centaines de personnes se sont également rassemblées à 
Philadelphie, à Boston, à Portland ou encore Austin, la capitale 
du Texas 
    Un responsable de la campagne de Donald Trump n'a pas voulu 
répondre dans l'immédiat à une demande de commentaire au sujet 
de ces manifestations.  
    Lors de son discours de victoire, le magnat immobilier a 
lancé un appel à l'unité au terme d'une campagne qui a mis en 
lumière de manière souvent crue les divisions profondes de la 
société américaine.   
    De son côté, après avoir concédé une défaite "douloureuse", 
la démocrate Hillary Clinton, a souhaité que Donald Trump soit 
un bon président pour tous les Américains, ajoutant qu'il 
fallait lui laisser "la chance de diriger".   
     
    "SI SE PUEDE !" 
    Plus tôt dans la journée, plus d'un millier de lycéens et 
d'enseignants avaient quitté les classes à Berkeley, en 
Californie, pour protester sous le mot d'ordre "Pas notre 
président" contre la victoire surprise de Donald Trump. 
    Quelque 1.500 lycéens se sont rassemblés dans la cour de la 
Berkeley High School, selon Charles Burress, porte-parole du 
district scolaire, dans la baie de San Francisco. Ils se sont 
ensuite dirigés vers le campus de l'université de Berkeley, 
ville connue pour son progressisme. 
    "Nous avons remonté le temps et sommes revenus aux années 
1950 en élisant cet imbécile. Vous savez quoi ? Trump nous fait 
réaliser combien la haine et l'ignorance sont encore répandues", 
a déclaré une étudiante présente sur place, selon une 
retransmission en direct via l'application Periscope.  
     Brandissant des pancartes frappées de slogans anti-Trump et 
des drapeaux mexicains, les étudiants scandaient : "Not my 
president !" (pas mon président) et "Si se puede !", formule 
classique du mouvement des droits civiques des immigrés. 
    Selon un tract trouvé sur place, les manifestants entendent 
dénoncer l'arrivée d'une "tyrannie Trump" et refusent des 
atteintes aux droits des immigrés et la "militarisation" de la 
frontière avec le Mexique. Donald Trump s'est proposé pendant la 
campagne d'y construire un mur pour endiguer l'immigration. 
    Selon le porte-parole du district scolaire, des professeurs 
se sont joints aux lycéens. 
    Des manifestations avaient déjà eu lieu mardi soir dans le 
secteur de la baie de San Francisco contre Donald Trump. 
    Les manifestants ont mis le feu à une effigie du magnat de 
l'immobilier, brisé des vitrines et incendié des poubelles et 
des pneus dans le centre d'Oakland. A quelques kilomètres de là, 
des étudiants ont manifesté sur le campus de l'université de 
Berkeley. 
    Une autre manifestation a eu lieu à l'Université de 
Californie, à Davis, non loin de la capitale de l'Etat, 
Sacramento, où des étudiants ont bloqué les rues et scandé : 
"Vous n'êtes pas l'Amérique! Nous sommes l'Amérique!" 
 
 (avec la contribution de Curtis Skinner à Berkely et de Dan 
Whitcomb à Los Angeles; Eric Faye, Julie Carriat et Benoît Van 
Overstraeten pour le service français) 
 
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