USA 2016-Courriels-Le FBI blanchit à nouveau Hillary Clinton

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 (Actualisé avec des déclarations de Donald Trump, réaction des 
marchés financiers) 
    par Alana Wise et Mark Hosenball 
    WASHINGTON, 6 novembre (Reuters) - Le FBI a réaffirmé 
dimanche qu'Hillary Clinton ne devait pas être poursuivie pour 
avoir utilisé sa messagerie privée alors qu'elle était 
secrétaire d'Etat, une annonce qui devrait sans nul doute 
soulager la candidate démocrate à l'élection présidentielle à 
moins de deux jours du scrutin. 
    Dans une lettre adressée au Congrès, James Comey, directeur 
du FBI, a précisé que l'agence avait travaillé "jour et nuit" 
pour finaliser l'examen de courriels récemment découverts, 
ajoutant que cela n'avait rien changé à sa recommandation, 
formulée une première fois en juillet, de ne pas engager de 
poursuites contre Hillary Clinton.   
    "(...) Nous avons passé en revue toutes les communications 
qu'Hillary Clinton a envoyées ou reçues pendant qu'elle était 
secrétaire d'Etat. Sur la base de notre enquête, nous n'avons 
pas modifié les conclusions que nous avions présentées en 
juillet", ajoute James Comey. 
    Selon une source policière interrogée par Reuters, l'enquête 
du FBI est désormais terminée.  
    Hillary Clinton s'est vue reprocher l'usage d'un serveur de 
messagerie privé plutôt que celui du département d'Etat 
lorsqu'elle dirigeait la diplomatie américaine, pendant le 
premier mandat de Barack Obama.  
    Après avoir recommandé une première fois de ne pas la 
poursuivre dans cette affaire, le FBI l'a relancée la semaine 
dernière en annonçant dans une autre lettre au Congrès la 
découverte de nouveaux courriels dans le cadre d'une enquête sur 
Anthony Weiner, époux d'Huma Abedin, une conseillère de la 
candidate démocrate.   
    Ce rebondissement a permis à Donald Trump de combler une 
partie de son retard dans les intentions de vote, ce qui 
explique en grande partie l'actuelle séquence de neuf séance de 
baisse de suite du S&P 500, du jamais vu depuis plus de 35 ans, 
une éventuelle victoire du candidat républicain étant vue comme 
étant négative pour l'économie américaine. 
    Les futures sur indices du marché actions américain 
gagnaient plus de 1% à la suite de l'annonce par le FBI, tandis 
que le dollar prenait près de 1% face au yen. 
    Le peso mexicain  MXN= , la devise la plus sensible aux 
spéculations sur la présidentielle en raison de l'enjeu 
politique et économique du scrutin pour le Mexique, bondit de 
1,8% face au dollar, poursuivant sa reprise après être tombé à 
un creux d'un mois face au billet vert la semaine dernière. 
    "Ceci (l'annonce du FBI) va sans nul doute augmenter les 
chances d'une victoire de Clinton. Sous réserve qu'il n'y ait 
pas d'autre scandale inattendu, il semble probable qu'elle va 
l'emporter", a déclaré Norihiro Fujito, chargé de la stratégie 
chez Mitsubishi UFJ Morgan Stanley Securities. 
     
    LES RÉPUBLICAINS RÉITÈRENT LEURS CRITIQUES MALGRÉ LE FBI 
    Lors d'une réunion de campagne dans le Michigan, Donald 
Trump a mis en doute la rigueur de l'enquête du FBI, affirmant 
que cette affaire de courriels n'allait pas disparaître du jour 
au lendemain. 
    "L'enquête va se poursuivre, les employés de base du FBI ne 
lui permettront pas d'échapper à ses crimes terribles", a-t-il 
dit. 
    James Comey, qui avait été vivement critiqué par le camp 
démocrate pour son intrusion dans la campagne, a remercié les 
"professionnels du FBI qui ont fourni un travail extraordinaire 
en peu de temps". 
    Malgré la clôture de l'enquête du FBI, Dianne Feinstein, 
sénatrice démocrate de Californie, a de nouveau adressé des 
reproches à l'agence et à son directeur général, disant que 
l'annonce faite ce dimanche par James Comey rendait la 
précédente lettre de ce dernier "encore plus troublante", du 
fait de la fausse impression qu'elle a donnée de l'enquête. 
    "Je pense que le département de la Justice doit passer en 
revue ses procédures pour éviter que des actes similaires, 
susceptibles d'influencer les futures élections", a-t-il dit. 
    De leur côté, en dépit de l'annonce du FBI, des responsables 
républicains ont réaffirmé les critiques qu'ils adressent depuis 
des mois à Hillary Clinton dans ce dossier.  
     Paul Ryan, président républicain de la Chambre des 
représentants, a ainsi dit dans un communiqué que la candidate 
démocrate "pense tout simplement qu'elle est au-dessus de la loi 
et joue toujours suivant ses propres règles", l'accusant en 
outre d'avoir "mis en péril notre sécurité nationale". 
    Quelle que soient ses conclusions, l'enquête du FBI a montré 
qu'Hillary Clinton "a menti à plusieurs reprises aux Américains 
à propos de sa conduite imprudente", a quant à lui estimé Reince 
Priebus, président de la commission nationale du Grand Old 
Party. 
    Lors d'une réunion de campagne à Cleveland, dans l'Ohio, 
Hillary Clinton n'a pas mentionné la dernière annonce en date du 
FBI. 
    La dernière moyenne des sondages réalisée par le site Real 
Clear Politics donne lundi matin 1,8 point d'avance à Hillary 
Clinton, à 46,6% contre 44,8% pour son rival républicain, contre 
1,7% dimanche. 
    Une enquête Reuters/Ipsos estime à 90% les chances de voir 
la candidate démocrate remporter le scrutin de mardi. 
 
 (Avec la contribution de Richard Cowan, Jean-Philippe Lefief et 
Benoît Van Overstraeten pour le service français) 
 
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