USA 2016-Coup de théâtre du FBI au dernier jour de campagne

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    par John Whitesides 
    WASHINGTON, 7 novembre (Reuters) - Dix jours après l'avoir 
rouvert avec grand fracas, le FBI a refermé le dossier des 
courriels d'Hillary Clinton, redonnant à la candidate démocrate 
un nouvel élan avant d'aborder lundi l'ultime ligne droite de sa 
course à la Maison blanche contre Donald Trump.  
    Les deux principaux candidats à l'élection présidentielle 
américaine de mardi passeront la journée à sillonner une 
dernière fois les Etats clés susceptibles de faire basculer le 
scrutin, alors que les sondages témoignent d'une compétition 
serrée quoique penchant en faveur de l'ex-secrétaire d'Etat.  
    Le directeur du FBI, James Comey, a annoncé dimanche dans 
une lettre au Congrès que les enquêteurs fédéraux avaient 
travaillé "jour et nuit" pour achever l'examen de courriels 
récemment découverts et n'avaient trouvé aucune raison de 
modifier leur jugement de juillet dernier selon lequel Hillary 
Clinton n'est coupable d'aucune infraction susceptible de 
poursuites dans l'affaire de sa messagerie privée.   
    Il n'est pas sûr que ce nouveau rebondissement dans la 
campagne, survenu à deux jours du vote, ne fasse changer d'avis 
beaucoup d'électeurs ou répare les dommages infligés à Clinton 
par la réouverture de l'enquête le 28 octobre par le FBI, qui se 
sont traduits par une baisse de son avance dans les sondages.  
    Le camp démocrate espère cependant que cette décision du FBI 
sera suffisante pour couper court aux accusations de corruption 
lancées par le Parti républicain contre l'ancienne sénatrice. 
    "Cet examen rapide et minutieux du FBI devrait enfin mettre 
un terme au minable spectacle républicain", a déclaré la chef du 
Parti démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, 
souhaitant que l'élection se joue sur "les mérites des 
candidats" plutôt que sur des insinuations.  
     
    "AU-DESSUS DE LA LOI" 
    Les propos de James Comey n'ont cependant pas dissuadé les 
républicains de taire leurs critiques.  
    Paul Ryan, président républicain de la Chambre des 
représentants, a ainsi dit dans un communiqué que la candidate 
démocrate "pense tout simplement qu'elle est au-dessus de la loi 
et joue toujours suivant ses propres règles", l'accusant en 
outre d'avoir "mis en péril (la) sécurité nationale". 
    Cet énième coup de théâtre de la campagne a en revanche été 
bien accueillie par les marchés financiers, qui voient en 
Clinton la candidate du statu quo. Les futures sur les indices 
des marchés actions américains ont pris plus de 1% après 
l'annonce du FBI et le dollar s'est apprécié en Asie contre 
toutes les autres grandes devises. 
    Hillary Clinton n'a pas dit un mot sur la décision de James 
Comey lors de ses deux derniers meetings dimanche, contrairement 
à Trump qui a mis en cause la rigueur de l'enquête et affirmé 
que l'affaire n'allait pas disparaître du jour au lendemain. 
    "L'enquête va se poursuivre, les employés de base du FBI ne 
lui permettront pas d'échapper à ses crimes terribles", a-t-il 
dit.  
    L'homme d'affaires se rendra lundi dans cinq Etats indécis - 
Floride, Caroline du Nord, Pennsylvanie, New Hampshire et 
Michigan, où il tiendra, à Grand Rapids, son dernier meeting de 
campagne.  
    Son adversaire démocrate fera deux étapes en Pennsylvanie et 
dans le Michigan avant de terminer par une réunion nocturne à 
Raleigh, en Caroline du Nord. A l'Independence Hall de 
Philadelphie, elle sera épaulée par le couple Obama et le rocker 
Bruce Springsteen. 
    La dernière moyenne des sondages réalisée par le site Real 
Clear Politics donne lundi matin 1,8 point d'avance à Hillary 
Clinton, à 46,6% contre 44,8% pour son rival républicain, contre 
1,7% dimanche. Une enquête Reuters/Ipsos estime à 90% les 
chances de voir la candidate démocrate remporter le scrutin. 
 
 (Benoît Van Overstraeten et Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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  • charleco il y a 4 semaines

    Cela montre la toute puissance de la finance aux USA.