USA 2016-Clinton veut se rassurer en Oregon et dans le Kentucky

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    par Ginger Gibson et Emily Stephenson 
    WASHINGTON, 17 mai (Reuters) - Si l'investiture démocrate ne 
semble pas pouvoir lui échapper, Hillary Clinton a besoin de 
rassurer son camp lors de deux primaires, mardi, dans le 
Kentucky et l'Oregon, Etats a priori favorables à son rival 
Bernie Sanders qui refuse de baisser pavillon dans cette course 
à la présidence américaine. 
    Selon un décompte provisoire, l'ancienne secrétaire d'Etat 
dispose de 1.716 délégués et 524 super délégués, soit un total 
de 2.240 voix sur les 2.382 requises pour être assurée de la 
nomination lors de la convention nationale du Parti démocrate ui 
se tiendra à Baltimore en juillet. 
    Bien que ses chances de l'emporter soient infimes, pour ne 
pas dire nulles, Bernie Sanders a décidé de mener campagne 
jusqu'au bout, entretenant une inquiétude dans le camp d'Hillary 
Clinton. 
    Celle-ci aimerait passer à l'étape suivante de la procédure 
et commencer à préparer le face-à-face qui devrait l'opposer à 
Donald Trump, candidat présumé du Parti républicain au sein 
duquel il est loin de faire l'unanimité. Au lieu de cela, 
Clinton doit continuer à convaincre dans son camp et accepter de 
jouer le jeu des primaires.  
    Ses partisans s'alarment de voir les primaires durer plus 
que nécessaire, craignant que le maintien de Bernie Sanders dans 
la course soit de nature à affaiblir la candidature de leur 
championne face à un Trump désormais engagé dans une opération 
séduction chez les républicains. 
    Les soutiens d'Hillary Clinton s'abstiennent pour le moment 
d'appeler ouvertement à un retrait de Sanders, ne voulant pas 
s'aliéner une partie de l'électorat démocrate qui sera 
nécessaire lors de l'échéance du 8 novembre. 
    "Que le sénateur Sanders se maintienne jusqu'au bout ne me 
pose pas de problème si c'est ce qu'il souhaite faire", explique 
le conseiller en stratégie Jim Manley, proche de Clinton. 
"J'espère seulement qu'il le fasse intelligemment et qu'il ne 
fournisse pas à l'équipe de campagne de Trump plus d'armes 
qu'elle n'en a déjà sorti contre Hillary Clinton." 
     
    FAIRE EXISTER L'AILE GAUCHE DU PARTI 
    Cette discrétion relative tient compte de la position 
affichée par les supporters du sénateur du Vermont pour lesquels 
Trump, en raison de sa personnalité clivante et d'une absence de 
soutien inconditionnel dans son camp, n'a aucune chance face à 
Hillary Clinton. 
    "Il ne fait aucun doute que nous aurons un président 
démocrate", estime Alisha Liedtke, 28 ans, originaire 
d'Ellensburg dans l'Etat de Washington qui soutient Sanders. 
    Selon ses partisans, Bernie Sanders doit continuer 
l'aventure jusqu'à la convention nationale du 25 au 28 juillet 
afin d'exprimer la mobilisation de l'aile gauche du Parti 
démocrate et contester les liens de Clinton avec les milieux 
d'affaires de Wall Street et son soutien aux traités de 
libre-échange. 
    Certains démocrates craignent toutefois que Donald Trump 
reprenne à son compte les arguments et critiques formulés par 
Bernie Sanders et qu'il dissuade certains partisans de ce 
dernier de se mobiliser pour Clinton en novembre. 
    Aucun danger, répliquent les soutiens du sénateur. Dès 
qu'Hillary Clinton sera investie, ils se rallieront derrière 
elle sans états d'âme. D'autres jugent que le maintien de leur 
candidat peut favoriser Trump lors de la présidentielle mais que 
cette stratégie se justifie parce que Sanders est plus honnête 
que son adversaire. 
    Selon les observateurs, le Kentucky et l'Oregon ne sont pas 
des terres électorales favorables à l'ancienne Première dame et 
sa victoire ne sera pas scellée avant le 7 juin lorsque se 
joueront six primaires dont celles, cruciales, de Californie et 
du New Jersey. 
    L'Oregon, avec une population majoritairement blanche et 
libérale, ressemble à son voisin, l'Etat de Washington qui 
s'était prononcé en faveur de Sanders fin mars. 
    Après l'avoir emporté en Virginie occidentale et dans 
l'Indiana le mois dernier, Bernie Sanders peut espérer s'imposer 
dans le Kentucky mardi soir même si Louisville et l'ouest de 
l'Etat sont d'une orientation plus modérée. 
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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