USA 2016-Clinton-Trump, premier débat crucial de la campagne

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    par Steve Holland et Amanda Becker 
    WASHINGTON, 22 septembre (Reuters) - Traversant une passe 
difficile, Hillary Clinton participera lundi à son premier débat 
télévisé de l'élection présidentielle américaine face à Donald 
Trump, un rendez-vous au cours duquel la candidate démocrate va 
devoir rassurer ses partisans et montrer que son adversaire 
républicain n'a pas l'étoffe d'un homme d'Etat. 
    Pendant 90 minutes, l'ancienne secrétaire d'Etat et le 
magnat de l'immobilier s'affronteront à fleurets mouchetés dans 
l'université Hofstra d'Hempstead dans l'Etat de New York. 
    Deux autres duels sont prévus avant le scrutin du 8 novembre 
mais pour chaque camp, ce premier round est crucial tant l'un et 
l'autre peinent à être populaires dans l'opinion publique et 
tant la campagne a pris un tour indécis. 
    Il y a encore quelques mois, Hillary Clinton semblait avoir 
course gagnée contre un Donald Trump dont les déclarations 
tonitruantes et sans nuance effraient une partie de l'électorat 
américain. 
    L'écart dans les sondages s'est réduit de manière constante 
au point que certains envisagent déjà le scénario d'une victoire 
finale de Trump (il a besoin de 270 grands électeurs) malgré une 
avance en nombre de voix de Clinton au niveau national. 
    Un sondage Reuters/Ipsos montre que 20% des Américains sont 
encore indécis sur leur choix, un taux très nettement supérieur 
à celui de la présidentielle de 2012 lorsque seules 12% des 
personnes interrogées hésitaient entre Barack Obama et Mitt 
Romney. 
    L'enjeu pour Hillary Clinton est de prouver qu'elle possède 
la stature d'un chef d'Etat, capable de prendre des décisions 
difficiles, tout en présentant son rival comme trop inconstant 
et versatile pour assumer le rôle de "commander in chief" dans 
cette période troublée. 
    "Le contraste entre eux est ce qu'il faut aiguiser", 
explique Anita Dunn, conseillère de Barack Obama lors de ses 
débats présidentiels contre le républicain John McCain en 2008. 
Sans surprise, Hillary Clinton va s'efforcer d'exploiter les 
faiblesses de Donald Trump et de faire la démonstration de ses 
forces. 
     
    ESSAYER D'ÊTRE AIMABLE 
    Malgré une longue expérience de ce genre de joutes 
électorales, l'ancienne First Lady souffre d'un déficit de 
confiance dans l'opinion publique. L'affaire des mails envoyés 
de sa messagerie personnelle lorsqu'elle avait la charge de la 
diplomatie américaine la suit comme une ombre portée sur sa 
fiabilité. 
    Pour ne rien arranger, la candidate démocrate a été victime 
d'un malaise lors des commémorations du 11-Septembre, venant 
alimenter les doutes sur son état de santé, un sujet exploité 
régulièrement par Trump pour la discréditer. 
    "La présentation est très importante et Hillary doit y 
travailler", note Brett O'Donnell qui conseilla George W. Bush 
en 2004 et John McCain en 2008. Lors d'un récent forum de la 
chaîne NBC, Hillary Clinton a révélé certaines faiblesses et une 
manque de maîtrise dans sa communication à propos de l'affaire 
des mails. 
    "Elle n'est pas apparue aimable. Elle est apparue amère et 
sur la défensive", analyse Brett O'Donnell, laissant entrevoir 
la possibilité d'un faux-pas de la candidate démocrate face au 
style imprévisible de Donald Trump. 
    Hillary Clinton a passé toute la semaine à préparer ce débat 
avec un cercle restreint de conseillers, chez elle, à New York. 
     
    DEUX SCÉNARIOS 
    Deux scénarios ont été envisagés en fonction de l'attitude 
de Donald Trump. Soit il se montre mesuré et sérieux, soit il se 
montre agressif et se lance dans des attaques personnelles. 
    "On ne sait pas qui on va avoir en face de nous. Il peut 
être agressif ou il peut être calme. Cela est difficile à 
prévoir", reconnaît Jennifer Palmieri, conseillère de Clinton. 
"Je dirais que l'essentiel est de se concentrer sur les messages 
qu'elle veut faire passer". 
    Depuis son entrée dans la course républicaine, Trump a eu 
tout loisir de rôder son style et notamment sa capacité à 
dénigrer ses rivaux en une seule phrase ou un seul mot. Le 
"mollasson" Jeb Bush, le "menteur Ted" Cruz ou le "petit Marco" 
Rubio en ont fait les frais lors des primaires. 
    Pour Rick Lazio, ancien élu républicain de l'Etat de New 
York, l'homme d'affaires serait pourtant bien inspiré de se 
montrer prudent dans la manière dont il va traiter Hillary 
Clinton car cela pourrait se retourner contre lui. 
    "Il doit éviter de donner l'impression d'être insultant, 
irrespectueux, agressif ou tout comportement de ce genre", 
précise Rick Lazio qui a gardé le souvenir d'un débat perdu 
contre Hillary Clinton en 2000. 
    Pour cette raison, Donald Trump prépare beaucoup plus 
assidûment ce face-à-face qu'il ne veut bien le reconnaître. Son 
porte-parole, Jason Miller, a seulement dit que dans ce travail 
de préparation, "il n'y avait personne qui jouait le rôle 
d'Hillary Clinton". 
    Avant de rappeler une chose essentielle : "lors des 
primaires tout le monde pensait que c'était les hommes 
politiques qui allaient mener la danse et c'est M. Trump qui 
s'en est le mieux sorti". 
 
 (Avec Richard Cowan; Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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