USA 2016-Clinton et Trump tirent leurs ultimes cartouches

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 (Actualisé avec dernières informations de la campagne) 
    par Amanda Becker et Emily Stephenson 
    PHILADELPHIE/MANCHESTER, New Hampshire, Pennsylvanie, 8 
novembre (Reuters) - L a campagne présidentielle américaine se 
termine sur le même ton acrimonieux qu'elle avait commencé, le 
républicain Donald Trump traitant sa concurrente démocrate 
Hillary Clinton de candidate "bidon" tandis que la seconde a 
accusé le premier de diviser le pays. 
    Les deux candidats ont passé la journée de lundi à faire 
campagne dans plusieurs Etats décisifs - les fameux "Swing 
States" - tirant leurs derniers cartouches pour convaincre les 
indécis d'aller voter pour eux ce mardi. 
    Alors que Donald Trump avait réduit l'écart dans les 
intentions de vote la semaine dernière, profitant d'un nouveau 
rebondissement dans l'affaire des courriels qui a plombé toute 
l'année la campagne d'Hillary Clinton, cette dernière semble 
être la mieux placée pour l'emporter à en croire les ultimes 
sondages. 
    A quelques heures d'Election Day, un sondage 
Economist-YouGov donnait quatre points d'avance à la candidate 
démocrate avec 45% des suffrages. 
    De son côté, le projet Reuters/State of the Nation estimait 
à 90% les chances d'une victoire d'Hillary Clinton, accordant à 
l'ancienne secrétaire d'Etat 303 grands électeurs probables 
contre 235 pour Donald Trump. Pour être sûr d'entrer à la Maison 
blanche et succéder à Barack Obama, il faut réunir 270 grands 
électeurs au moins. 
    Hillary Clinton veut capitaliser sur le soutien dont elle 
dispose notamment au sein communauté hispanique, des 
Afro-américains ou encore des jeunes tandis que Donald Trump 
s'appuie sur une classe moyenne qui, selon lui, a été délaissée 
par l'establishment politique. 
    Au vu de sondages montrant un scrutin serré dans le 
Michigan, longtemps considéré comme acquis par les démocrates, 
les deux candidats ont fait une halte dans cet Etat lundi. La 
Pennsylvanie, un autre Etat comptant un nombre important de 
grands électeurs, était également au centre de l'attention 
pendant les dernières heures de la course. 
    Hillary Clinton à organisé à Philadelphie, principale ville 
de cet Etat, le plus important meeting de sa campagne, avec, 
selon les pompiers, une foule de 33.000 personnes venue 
l'écouter elle, le président Barack Obama et sa femme Michelle 
ainsi que les chanteurs Bruce Springsteen et Jon Bon Jovi. 
    "Demain nous serons confrontés au défi de notre époque", a 
déclaré Hillary Clinton devant ses partisans, disant qu'il leur 
revenait de décider dans quelle sorte de pays ils voulaient 
vivre. 
    "Nous faisons le choix de vivre dans une Amérique pleine 
d'espoir, ouverte, généreuse." 
    Barack Obama, qui avait fait campagne pour son ancienne 
secrétaire d'Etat plus tôt dans la journée à Ann Arbor, dans le 
Michigan, a une nouvelle fois jugé que Donald Trump n'avait pas 
"le caractère pour être commandant en chef", estimant qu'Hillary 
Clinton offrait une alternative faite d'expérience et de 
réussites. 
    "Il ne s'agit pas juste de voter contre quelqu'un, il faut 
aussi voter pour quelqu'un d'extraordinaire. Elle travaillera 
dur et elle obtiendra des résultats, elle ne contentera pas 
d'envoyer des tweets." 
    Hillary Clinton a terminé sa campagne à Raleigh, en Caroline 
du Nord, un autre Etat clef dans la course aux 270 grands 
électeurs, avec un meeting en compagnie de la chanteuse Lady 
Gaga. 
     
    "DIRIGÉS PAR DES GENS STUPIDES" 
    Pour l'emporter, Donald Trump devra l'emporter dans 
quasiment tous les  "Swing States", dont au premier chef la 
Floride, la Pennsylvanie, l'Ohio, le Michigan et la Caroline du 
Nord. 
    Alors les enquêtes d'opinion dressaient la semaine dernière 
le tableau d'un scrutin très serré en Floride et en Caroline du 
Nord, Hillary Clinton semblait à nouveau y creuser l'écart 
quelques heures avant l'ouverture des bureaux de vote. 
    Lundi, Wall Street a fini en hausse de 2%, mettant fin à une 
série de neuf séances consécutives de repli, les investisseurs 
retrouvant de l'appétit pour le risque au vu des derniers 
développements, jugés favorables à Hillary Clinton, de la 
campagne électorale aux Etats-Unis. 
    A la fin du mois dernier, l'avance conséquente dont était 
créditée la candidate démocrate, qui pourrait devenir la 
première femme à la tête des Etats-Unis, s'était en grande 
partie évaporée avec la décision du FBI de rouvrir son enquête 
concernant l'utilisation par Hillary Clinton de sa messagerie 
privée alors qu'elle était secrétaire d'Etat.   
    Mais dimanche, dans un ultime rebondissement dans cette 
affaire, le FBI a refermé le dossier des courriels d'Hillary 
Clinton, redonnant à la candidate démocrate un nouvel élan. 
  
    Donald Trump a commencé sa journée à Sarasota, en Floride. 
Il s'est aussi rendu en Caroline du Nord, en Pennsylvanie, dans 
le New Hampshire pour finir Grand Rapids, dans le Michigan. 
    Prédisant sa victoire, le milliardaire new-yorkais a 
qualifié son adversaire de candidate "bidon". "Nous sommes 
fatigués d'être dirigés par des gens stupides", a-t-il dit 
aussi.     
    "Est-ce que voulez que l'Amérique soit dirigée par une 
classe politique corrompue ou voulez-vous que l'Amérique soit à 
nouveau dirigée par le peuple", a-t-il dit à Manchester, dans le 
New Hampshire. 
    "Demain, la classe ouvrière américaine va contre-attaquer." 
    Après huit années d'administration Obama, les Etats-Unis 
s'apprêtent à voter en étant profondément divisés.  
    Le choix qui leur est proposé est celui de deux personnages 
mal aimés par l'opinion publique, et qui ont plus inspiré un 
sentiment de répulsion qu'un mouvement d'adhésion. 
    Pour Donald Trump, son adversaire démocrate est une 
personnalité "corrompue" qui devrait être en prison et incarne 
la dérive des élites de Washington, la collusion des intérêts 
privés servis par la mondialisation et le déclin d'une Amérique 
qui vivrait dans la nostalgie d'une grandeur perdue. 
    Pour Hillary Clinton, son rival est un bateleur d'estrade, 
un amuseur public, ancienne star d'une émission de télé-réalité 
dont le tempérament sanguin, la paresse et la personnalité 
misogyne, homophobe, raciste et populiste le disqualifient pour 
devenir l'homme le plus puissant du monde. 
    D'un côté, un homme d'affaires qui n'a jamais démontré qu'il 
possédait l'étoffe d'un président mais a cristallisé le 
ressentiment sourd d'une grande partie de la population 
américaine se considérant abandonnée par le pouvoir fédéral. 
    De l'autre, une femme compétente, au fait des dossiers, mais 
qui n'est jamais parvenue à se débarrasser de sa réputation de 
frondeuse, un rien arrogante, et cultivant un goût du secret peu 
compatible avec l'exigence d'une certaine transparence imposée à 
celui ou celle qui brigue la magistrature suprême. 
 
 (Avec Jeff Mason à Ann Arbor; Alana Wise, Doina Chiacu et Susan 
Heavey à Washington; Chuck Mikolajczak à New York; Pierre 
Sérisier, Gilles Trequesser, Danielle Rouquié et Benoît Van 
Overstraeten pour le service français) 
 
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