USA 2016-Clinton et Trump se disputent le vote des minorités

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    par Amanda Becker et Steve Holland 
    RENO, Nevada/Manchester, NEW HAMPSHIRE, 26 août (Reuters) - 
H illary Clinton a accusé jeudi Donald Trump de nourrir une 
"frange radicale" de l'Amérique avec des discours racistes, 
tandis que son rival cherche à adoucir son image auprès des 
minorités. 
    Pour emporter l'élection présidentielle du 8 novembre, 
Hillary Clinton devra s'assurer du soutien des électeurs noirs 
et latinos qui ont contribué à porter Barack Obama au pouvoir en 
2008. Donald Trump, dont les partisans sont en grande majorité 
blancs, a peu de chances de gagner l'élection à moins de 
parvenir à séduire ces électorats. 
    "Donald Trump à bâti sa campagne sur les préjugés et la 
paranoïa", a dit Clinton dans un discours cinglant, prononcé 
jeudi dans le Nevada. "Il intègre les groupes haineux dans le 
débat public et aide une frange radicale à prendre d'assaut l'un 
des deux principaux partis politiques de l'Amérique." 
    "C'est le moment du bilan pour tous les Républicains déçus 
de voir que le parti de Lincoln est devenu le parti de Trump", a 
dit la candidate démocrate en référence au premier président 
républicain des Etats-Unis, champion de l'abolition de 
l'esclavage. 
    Outre une campagne globale en faveur des minorités, le camp 
démocrate tente d'attirer l'électorat asiatique dans trois Etats 
où ces derniers pourraient faire la différence face à Donald 
Trump, le Nevada, la Virginie et la Pennsylvanie. 
    Trump, qui reste devancé par Clinton dans les sondages, 
compte peu de soutiens au sein des minorités et ses propositions 
en matière d'immigration  -- la construction d'un mur à la 
frontière mexicaine, l'interdiction d'immigration aux musulmans 
-- ont été vivement critiquées. 
    En 2015, Donald Trump avait en outre décrit les immigrants 
mexicains comme des "criminels et des violeurs" et a plus 
récemment mis en question l'impartialité d'un juge d'origine 
mexicaine chargé d'enquêter sur la Trump University. 
    Jeudi, le milliardaire new-yorkais a jugé que Clinton et son 
parti avaient trompé les Noirs américains, décrivant à tort le 
parti républicain comme sectaire. 
    "Quand les politiques démocrates échouent, ils en viennent à 
cet argument fatigué: 'Vous êtes raciste, vous êtes raciste, 
vous êtes raciste'", a dit Donald Trump lors d'un meeting à 
Manchester, dans l'Etat du New Hampshire. 
    Mercredi, dans le Mississippi, Trump a qualifié Clinton de 
"fanatique qui ne voit les personnes de couleurs que comme des 
votes, pas comme des être humains". 
     
    "HONTE À VOUS" 
    L'opposition d'Hillary Clinton aux écoles privées sous 
contrat a également été dénoncée par Trump comme un obstacle à 
la réussite des élèves issus de minorités. Sa politique fiscale 
dommagerait les commerces africains-américains et verrait les 
immigrants prendre les emplois des minorités, a ajouté le 
candidat républicain. 
    "A Hillary Clinton, à ses donateurs et à ses conseillers, 
qui la poussent à répandre des propos diffamatoires, à mentir 
quant à d'honnêtes gens, je dis trois mots: 'Honte à vous'", a 
dit jeudi Donald Trump. 
    Selon un sondage Reuters/Ipsos mené la semaine du 15 août, 
Clinton devance Trump de 15 points parmi l'électorat hispanique, 
et de 57 points par les électeurs noirs. 
    Trump a adouci sa position face aux minorités, tentant de 
rallier leurs voix. Mercredi soir, sur Fox News, il s'est dit 
prêt à oeuvrer avec les immigrants qui ont respecté la loi 
pendant leur séjour dans le pays, alors qu'il avait précédemment 
insisté sur la déportation des 11 millions de migrants illégaux. 
    Jeudi matin, le milliardaire a rencontré à New York des 
figures de proue de mouvements africains-américains et 
hispaniques. 
    Une association de 40 organisations Latino a envoyé jeudi 
une lettre de mise en garde au candidat, se disant prête à le 
rencontrer pour changer son image auprès des Hispaniques. 
    "Votre discours (fait) d'attaques incessantes contre notre 
communauté est (...) source d'inquiétude et a un impact 
considérable, nourrissant une tendance alarmante dans notre 
nation", a écrit au candidat le National Hispanic Leadership 
Agenda. 
     
    DROITE ALTERNATIVE 
    Dans une vidéo publiée jeudi, Hillary Clinton lie Donald 
Trump aux groupes suprémaciste blancs.  
    Dans la séquence montée par ces équipes, on voit ainsi un 
membre du Ku Ku Klan vanter les mérites du candidat, et un 
ex-dirigeant du groupe, David Duke, appeler les personnes 
blanches à voter pour lui. 
    Le nouveau président de la campagne du milliardaire, Steve 
Bannon, y apparaît également en tant que directeur du site 
d'information conservateur Breitbart.com. 
    Steve Bannon avait dit le mois dernier au magazine Mother 
Jones lors des primaires, que son site était la plateforme de 
l'"alt-right", droite alternative conservatrice proche des 
courants nationalistes blancs. 
    Les équipes de Trump ont demandé à la candidate de retirer 
la vidéo. 
    "Ce type de discours et de publicité répugnante est 
révoltant et inacceptable", a dit dans un communiqué Mark Burns, 
un pasteur noir partisan de Donald Trump. "J'appelle Hillary 
Clinton à désavouer cette vidéo", a-t-il ajouté. 
 
 (Julie Carriat pour le service français) 
 
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