USA 2016-Clinton et Sanders se querellent sur l'héritage Obama

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    * Sixième débat entre les deux candidats démocrates 
    * L'ex-secrétaire d'Etat accuse son rival de critiquer Obama 
    * Le sénateur du Vermont défend ses "désaccords" avec le 
président 
    * Tous deux veulent séduire les minorités avant les 
prochaines primaires 
 
 (Ajoute échanges sur Obama, Kissinger §1-6, 16-17) 
    par John Whitesides 
    MILWAUKEE, Wisconsin, 12 février (Reuters) - Les candidats à 
l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle 
américaine du 8 novembre, Hillary Clinton et Bernie Sanders, ont 
ferraillé sur l'héritage de Barack Obama, sur Wall Street et sur 
l'assurance-maladie jeudi soir lors de leur sixième 
confrontation télévisée. 
    Ce débat a été marqué par de vifs échanges, l'ancienne 
secrétaire d'Etat accusant son rival d'être trop critique 
vis-à-vis du président sortant, toujours très populaire auprès 
des minorités noires et hispaniques, qui joueront un rôle clé 
dans les prochaines étapes des primaires. 
    "Le genre de critiques que nous avons entendues de la part 
du sénateur Sanders à propos du président, je les attends des 
républicains, je ne les attends pas de la part de quelqu'un qui 
brigue la nomination du Parti démocrate pour succéder au 
président Obama", a déclaré Hillary Clinton. 
    "Madame la secrétaire, ceci est un coup bas", a répliqué le 
sénateur du Vermont, qui a assuré qu'il avait été un allié de 
Barack Obama au Sénat même s'il n'avait pas toujours été 
d'accord avec lui. "Les sénateurs ont-ils le droit d'être en 
désaccord avec le président?" a-t-il lancé.  
    Hillary Clinton, qui n'a eu de cesse de se poser comme la 
garante du bilan de l'actuel locataire de la Maison blanche, a 
rappelé que Sanders avait critiqué la faiblesse de Barack Obama 
et estimé que son double mandat était une déception, "ce qui va 
plus loin que de dire qu'on a des désaccords". 
    Elle a également estimé que la proposition du sénateur du 
Vermont de mettre en place une assurance-maladie universelle 
reviendrait à défaire l'Obamacare, une des réformes phare de 
Barack Obama. 
    "En me fondant sur chaque analyse disponible faite par des 
personnes (en faveur d'une assurance-maladie universelle), le 
compte n'y est pas. C'est une promesse qui ne peut être tenue", 
a dit Hillary Clinton. 
    Bernie Sanders s'est défendu de vouloir démanteler la 
réforme de l'assurance-maladie de Barack Obama, ajoutant qu'il 
voulait simplement aller vers ce qui existe dans la plupart des 
pays industrialisés, une assurance-maladie pour tous. 
    "Nous n'allons rien démanteler. Dans mon esprit, 
l'assurance-maladie est un droit pour tous, pas un privilège", a 
dit celui qui se qualifie de démocrate socialiste. 
     
    LE SOUTIEN DE L'ÉLECTORAT AFRO-AMÉRICAIN 
    Bernie Sanders a une nouvelle accusé Hillary Clinton d'être 
liée à Wall Street, notant que son comité d'action politique 
avait reçu 15 millions de dollars de contributions de banques 
d'affaires. 
    "N'insultons pas l'intelligence des Américains. Dans quel 
but Wall Street fait-il de si importantes contributions de 
campagne ? (...)", a-t-il dit. 
    Hillary Clinton a répondu en disant que ces dons ne 
signifiaient pas qu'elle oeuvrait en faveur de Wall Street, 
notant que Barack Obama avait également eu des contributions des 
banques d'affaires durant ses campagnes. 
    "Quand cela a été nécessaire, il s'est attaqué à Wall 
Street", a-t-elle dit, se référant à la régulation financière 
Dodd-Frank mise en place dans la foulée de la crise financière 
de 2007-2009. 
    Sur le thème de la politique étrangère, Bernie Sanders a 
reproché Hillary Clinton d'être étroitement liée à Henry 
Kissinger, l'ex-secrétaire d'Etat de Richard Nixon pendant la 
guerre du Vietnam qu'il a désigné comme "l'un des nos 
secrétaires d'Etat les plus destructeurs".  
    Qui sont vos conseillers en politique étrangère? a rétorqué 
Hillary Clinton. "Eh bien, ce n'est pas Henry Kissinger", a dit 
le sénateur du Vermont.  
    Alors que la campagne des primaires prend la direction 
d'Etats comptant d'importantes minorités, les deux candidats 
démocrates ont dénoncé le taux d'incarcération élevé des 
Afro-américains tout en plaidant pour une vaste réforme du 
système judiciaire. 
    Hillary Clinton était quelque peu fragilisée avant ce débat 
après que Bernie Sanders a remporté mardi la primaire du New 
Hampshire avec plus de 20 points d'avance.  ID:nL8N15P040  
    Mais après le New Hampshire et l'Iowa, deux Etats avec une 
population blanche largement supérieure à la moyenne, les 
prochaines étapes de la primaire démocrate sont le Nevada et la 
Caroline du Sud, où il y a plus d'électeurs hispaniques et 
afro-américains. 
    Un sondage national Reuters/Ipsos a montré en janvier que 
les électeurs noirs préféraient Clinton à Sanders à 3 contre 1. 
Parmi les électeurs hispaniques, l'ex-sénatrice de New York est 
à 48% contre 32% pour son rival. 
    Au lendemain de sa victoire dans le New Hampshire, Bernie 
Sanders a petit-déjeuné avec Al Sharpton, figure parmi les plus 
célèbres de la cause des Noirs aux Etats-Unis, en vue de 
conquérir l'électorat afro-américain.  ID:nL8N15P28J  
    Jeudi, le Caucus noir du Congrès, qui rassemble des 
parlementaires afro-américains, a apporté son soutien à Hillary 
Clinton dans la course à l'investiture du Parti démocrate pour 
l'élection présidentielle américaine de novembre. 
 ID:nL8N15Q5LA  
 
 (Benoît Van Overstraeten et Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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