USA 2016-Clinton aurait déjà gagné mais joue gros en Californie

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 (Actualisé avec Clinton, Sanders) 
    par James Oliphant et Dan Whitcomb 
    WASHINGTON/LONG BEACH, 7 juin (Reuters) - Hillary Clinton 
dispose désormais d'un nombre suffisant de délégués pour obtenir 
l'investiture du parti démocrate en vue de l'élection 
présidentielle de novembre, selon le décompte de plusieurs 
médias américains, mais elle n'en jouera pas moins gros mardi 
lors du dernier "Super Tuesday" des primaires. 
     Selon la chaîne NBC et l'agence AP, l'ex-secrétaire d'Etat 
a atteint le seuil des 2.383 délégués requis pour obtenir 
l'investiture lors de la convention du parti démocrate à 
Philadelphie, en juillet, après sa victoire dans la primaire de 
Porto Rico, lundi, et le ralliement ces derniers jours de 
super-délégués supplémentaires, ces dirigeants du parti libres 
de faire leur choix. 
    Elle deviendrait ainsi la première femme candidate à une 
élection présidentielle sous la bannière d'un des deux grands 
partis depuis l'indépendance des Etats-Unis. Elle devrait y être 
opposée à Donald Trump, candidat présumé du parti républicain. 
    Bernie Sanders a néanmoins indiqué qu'il n'entendait pas 
jeter l'éponge et a dénoncé une nouvelle fois le fait que les 
super-délégués soient pris en compte dans le calcul du nombre de 
grands électeurs requis pour obtenir l'investiture. 
    "Nous avons jusqu'à la convention pour convaincre ces 
super-délégués que Bernie serait un candidat bien plus solide 
face à Donald Trump", a déclaré le porte-parole de son équipe de 
campagne, Michael Briggs, dans un communiqué. 
    Hillary Clinton s'est elle-même montrée prudente après la 
proclamation par les médias américains de sa "victoire". 
    "D'après les informations, nous sommes à deux doigts d'un 
moment historique sans précédent", a-t-elle dit à ses partisans 
réunis à Long Beach, en Californie. 
    "Mais nous avons encore du travail, n'est-ce pas ? Six Etats 
votent et nous allons nous battre avec acharnement pour chaque 
vote, en particulier ici, en Californie", a ajouté 
l'ex-secrétaire d'Etat. 
     
    SANDERS A TOUT MISÉ SUR LA CALIFORNIE 
    Une défaite en Californie porterait de fait un coup à la 
campagne de Clinton et alimenterait l'image d'une candidate 
"affaiblie", comme Donald Trump ne cesse de le répéter. 
    Vendredi, un sondage de la University of Southern California 
pour le Los Angeles Times donnait Sanders devant Clinton d'un 
point de pourcentage, avec 44% des suffrages, quand en mars, 
l'ex-secrétaire d'Etat bénéficiait encore d'une avance de neuf 
points dans cet Etat.  
    Le sénateur du Vermont a fait de la Californie son tremplin 
vers la convention démocrate de Philadelphie, où sera notamment 
défini le programme du parti. 
    Gagner en Californie, et encore plus avec une large avance, 
lui permettrait de justifier son maintien dans la course à 
l'investiture jusqu'au bout tout en lui donnant le moyen de 
peser sur les choix de Clinton, de son programme à son futur 
cabinet, si elle est élue présidente. 
    Les districts californiens où l'issue du vote est la plus 
incertaine ont formé ces derniers jours la "ligne de front" de 
l'élection, sillonnée par les deux candidats démocrates. Long 
Beach, ville du 47e district de Californie, a vu Sanders lui 
rendre visite il y a une semaine, et Clinton s'y est rendue 
vendredi et lundi. 
    Le parlementaire local, Alan Lowenthal, est l'un des rares 
membres démocrates de la Chambre des représentants à n'avoir pas 
encore choisi entre Clinton et Sanders. Il a dit à Reuters avoir 
reçu "une quantité incroyable d'appels et de pressions des gens 
de Sanders", mais réserve toujours sa décision. 
    Un temps républicain, son district comporte désormais plus 
de libéraux, après une évolution démographique qui a vu les 
électeurs latinos et d'origine asiatique devenir majoritaires. 
     
    "ON A TROUVÉ NOTRE VOIX" 
    Clinton bénéficie un peu partout aux Etats-Unis d'un fort 
soutien parmi les minorités mais à Long Beach, les supporters de 
Bernie Sanders étaient lundi très nombreux et faisaient fi des 
statistiques. 
    Si l'ex-sénatrice de New York perd la primaire de mardi, ce 
sera à cause d'électeurs comme Nallely Perez, à Long Beach. 
L'étudiante d'origine hispanique de 24 ans a le profil idéal 
pour être un soutien de Clinton, et pourtant elle votera 
Sanders.  
    "Tout ce que je soutiens, il l'a dit", explique-t-elle, 
citant sa promesse d'universités gratuites et d'une couverture 
santé universelle. "On a trouvé notre voix avec lui", 
poursuit-elle. 
    Lia Roldan, décoratrice sur les plateaux de cinéma, justifie 
son choix de Sanders par le fait qu'"il a beaucoup d'expérience 
pour défendre les causes qui importent aux ouvriers". Elle 
ajoute qu'elle soutiendra Clinton à regret face à Trump, pour 
éviter sa victoire. 
    D'autres, comme Sami Reed, âgé de 42 ans et fondateur d'une 
société spécialisée dans le bien-être dans les entreprises,  
voteront pour Clinton dès mardi. "J'adore Bernie (...) mais je 
vais probablement voter pour Hillary juste parce que je ne veux 
pas que Trump gagne", dit-il. 
    En Californie, la candidate a pris grand soin de diriger ses 
critiques contre Trump et non contre Sanders. Le 8 novembre, 
toutes les voix des électeurs du sénateur du Vermont seront en 
effet les bienvenues face au magnat de l'immobilier. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Tangi 
Salaün) 
 
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