USA 2016-Clinton à la relance lors du premier débat démocrate

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    * Attaquée sur sa gauche par Sanders, Clinton baisse dans 
les sondages 
    * L'hypothèse Biden plane toujours sur la primaire démocrate 
    * Débat programmé à 20h30 (mercredi 00h30 GMT) 
 
    par John Whitesides 
    LAS VEGAS, 13 octobre (Reuters) - Les prétendants à 
l'investiture démocrate dans la course à la Maison blanche vont 
débattre pour la première fois ce mardi soir en direct à la 
télévision, un rendez-vous qu'Hillary Clinton aborde toujours en 
position de favorite, même si son étoile a pâli ces derniers 
mois. 
    L'ex-secrétaire d'Etat ne parvient pas à se sortir de 
l'affaire des courriels écrits depuis sa messagerie privée 
lorsqu'elle dirigeait la diplomatie américaine, sous le premier 
mandat de Barack Obama (2009-2013), au lieu d'un compte 
gouvernemental sécurisé. 
    Les premières révélations remontent au mois de mars mais 
Clinton n'arrive pas à s'en défaire, et sa cote auprès des 
électeurs démocrates s'est effritée. Pour la première fois, 
l'ex-Première dame est tombée cet été sous les 50% d'intentions 
de vote. Son image publique est aussi au plus bas depuis 2001. 
    Dans le même temps, elle a assisté à l'envol sur sa gauche 
de Bernie Sanders, sénateur indépendant du Vermont qui attire 
les foules dans ses meetings et porte un discours de gauche 
(réduction des inégalités, couverture maladie élargie, 
augmentation du salaire horaire minimum à 15 dollars, taxation 
supplémentaire des hauts revenus et gratuité des universités). 
    Aussi gênant pour l'ex-sénatrice de New York, l'idée d'une 
"candidature de recours" de l'actuel vice-président, Joe Biden, 
continue de bruisser dans les cercles démocrates. A 72 ans, 
Biden entretient le doute sur ses intentions.  
    Mi-septembre, invité du Late Show sur CBS, il expliquait 
avec émotion que la mort récente de son fils, Beau, ne le 
mettait pas dans une position lui permettant de se dévouer corps 
et âme à une nouvelle candidature à la présidence. Mais l'ex-élu 
du Delaware issu d'une famille modeste n'a pas pour autant fermé 
la porte à une troisième tentative après 1988 et 2008. 
     
    CLINTON A OPÉRÉ UN VIRAGE SUR SA GAUCHE 
    Mardi soir, Clinton sera au centre du plateau installé par 
CNN à Las Vegas, Sanders se tiendra à sa droite, les trois 
autres candidats déclarés - Martin O'Malley, Lincoln Chafee et 
Jim Webb - compléteront l'affiche. Une place avait été réservée 
à Biden dans l'éventualité où il se déciderait à tomber le 
masque avant le premier des six débats prévus pendant la 
primaire démocrate. 
    A l'approche de ce rendez-vous d'importance, Hillary Clinton 
a opéré un virage sur sa gauche, se prononçant contre l'accord 
commercial de Partenariat transpacifique (TPP) qu'elle avait 
jusqu'alors défendu, rejetant le projet contesté d'oléoduc 
Keystone qui doit relier les gisements canadiens aux 
installations du Golfe du Mexique qu'elle se disait en 2010 
encline à approuver ou dévoilant un plan d'action visant à 
freiner les abus de Wall Street. 
    L'idée est de se prémunir contre les attaques de Bernie 
Sanders, qui se présente comme un "socialiste démocrate", et de 
convaincre les syndicats et les militants de la gauche démocrate 
de rallier sa candidature. 
    Le risque est de prêter le flanc à des accusations 
d'opportunisme électoral quand Sanders porte lui le même 
discours depuis ses débuts en politique, dans les années 1970. 
    Mais le débat entre démocrates devrait être considérablement 
plus mesuré que les premières confrontations nationales entre 
les prétendants à l'investiture républicaine, riches en 
invectives, autour de l'impétueux Donald Trump. 
    Michael Briggs, le porte-parole de Sanders, a ainsi prévenu 
que le sénateur du Vermont n'entendait pas interpeller sa rivale 
sur l'affaire des courriels. "Il pense qu'il y a des choses plus 
importantes", a-t-il expliqué. En revanche, Sanders a indiqué ce 
week-end qu'il n'hésiterait pas à reprocher à Clinton ses 
"lenteurs", rappelant à l'occasion que lui s'oppose "depuis le 
premier jour" au projet Keystone. 
     
    "JE PENSE QU'HILLARY N'A PAS LA MOINDRE CHANCE CONTRE LUI" 
    Le politologue Eric Davis, professeur émérite au Middlebury 
College du Vermont, s'attend à voir Sanders "mener une critique 
vigoureuse d'Hillary Clinton sur des thèmes comme le financement 
des campagnes électorales" et sur "sa proximité apparente avec 
les intérêts de Wall Street". 
    Le sénateur du Vermont joue gros dans ce débat, une première 
pour lui à l'échelle nationale et en prime-time. A 74 ans, ce 
natif de Brooklyn entré en politique pour dénoncer la guerre du 
Vietnam a en revanche l'habitude des confrontations. 
    Les adversaires politiques qui ont croisé sa route lors de 
sa longue carrière dressent le portrait d'un débatteur combatif, 
prompt à la colère et qui aime la confrontation.  
    "Nul n'est meilleur que Bernie pour faire passer un 
message", dit le républicain Richard Tarrant, battu par Sanders 
lors de la sénatoriale de 2006. "Il connaît les chiffres, il 
connaît les faits et s'il est pris par surprise, il sait revenir 
très vite à la racine de son message. Je pense qu'Hillary n'a 
pas la moindre chance contre lui." 
    Face à la stature nationale de Clinton, il pose en vrai 
challenger: si les observateurs et les sondages le donnent 
vainqueur, ce sera un coup d'accélérateur pour sa campagne. 
          
    LIEN 
    ENCADRE sur les prétendants à l'investiture démocrate: 
 ID:nL5N0YZ0B1  
    Les candidats républicains:  ID:nL5N0YZ0B4  
 
 (avec Luciana Lopez à New York; Henri-Pierre André pour le 
service français, édité par Nicolas Delame) 
 
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