USA 2016-Bush accuse Trump d'être le "candidat du chaos"

le , mis à jour à 10:04
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    * La sécurité nationale omniprésente lors du 5e débat 
républicain, le premier depuis San Bernardino et Paris 
    * La primaire débute véritablement le 1er février dans 
l'Iowa 
    * Trump domine largement les intentions de vote sur le plan 
national 
 
 (Actualisé avec commentaire, incorpore le LEAD 1 
USA2016-BUSH-TRUMP, § 15-16) 
    par Steve Holland et Emily Stephenson 
    LAS VEGAS, Nevada, 16 décembre (Reuters) - Jeb Bush, 
candidat à l'investiture républicaine pour la présidentielle aux 
Etats-Unis en 2016, s'en est pris à mardi lors d'un débat 
télévisé à Donald Trump qu'il a qualifié de "candidat du chaos" 
après la proposition de ce dernier d'interdire l'entrée des 
musulmans sur le sol américain. 
    Cette attaque de Jeb Bush n'a pas été suivie par ses rivaux, 
les sénateurs Marco Rubio et Ted Cruz, qui ont concentré leurs 
attaques sur la politique de Barack Obama et sur Hillary 
Clinton, favorite à l'investiture démocrate. 
    "Donald est très fort pour les formules toutes faites mais 
il est le candidat du chaos et il serait un président du chaos", 
a déclaré Jeb Bush, qui se trouve à la traîne dans les enquêtes 
d'opinion, loin derrière Trump. 
    "Donald, l'a-t-il interpellé, tu ne gagneras pas la 
présidence à coups d'insultes. Le leadership ne consiste pas à 
attaquer ou à dénigrer les gens." 
    Organisé sur CNN, le débat de Las Vegas était le cinquième 
entre candidats républicains depuis le début de la campagne des 
primaires, le premier depuis l'attaque contre un centre social 
de San Bernardino, en Californie, qui a fait 14 morts le 2 
décembre, et les attentats islamistes de Paris et Saint-Denis du 
13 novembre. 
    Les questions liées à la sécurité nationale ont été au coeur 
des échanges. 
    "Nous ne parlons pas d'isolationnisme, nous parlons de 
sécurité. Nous ne parlons pas de religion, nous parlons de 
sécurité. Notre pays échappe à tout contrôle", a répliqué Trump, 
    auquel semble bénéficier le climat actuel d'inquiétude qui 
règne aux Etats-Unis. 
     
    DISCOURS PORTEUR 
    Le magnat de l'immobilier et de la téléréalité a provoqué un 
énième tollé en proposant il y a une semaine de fermer 
temporairement les Etats-Unis à tous les musulmans. 
    Sa sortie lui a valu de vives critiques aux Etats-Unis (y 
compris de la Maison blanche qui a estimé qu'il s'était 
disqualifié pour la fonction suprême), et à l'étranger (le 
Premier ministre britannique David Cameron a dénoncé une 
proposition "clivante, inutile et mauvaise" tandis qu'en France, 
Manuel Valls l'accusait d'"entretenir la haine et les 
amalgames") (voir  ID:nL8N13X2UA ). 
    Mais un sondage Bloomberg Politics/Purple Strategies 
PulsePoll a montré que près des deux tiers des électeurs qui se 
disent prêts à voter républicain lors des primaires étaient de 
son avis et que plus d'un tiers affirment que ses propos vont 
les inciter à voter pour lui. (voir  ID:nL8N13Z04M ) 
    Mardi soir, il s'est placé au-dessus de Bush, expliquant que 
la campagne de l'ex-gouverneur de Floride, fils et frère 
d'anciens présidents, était "un échec et un désastre complet". 
"Avec l'attitude de Jeb, nous ne retrouverons jamais notre 
grandeur", a-t-il ajouté en reprenant son slogan de campagne. 
    A sept semaines du début des primaires, le 1er février dans 
l'Iowa, Trump conserve sa position de favori dans le camp 
républicain avec 33% dans le dernier sondage Reuters/Ipsos en 
date portant sur les intentions de vote au plan national. 
    A une lointaine deuxième place, le sénateur conservateur du 
Texas Ted Cruz est crédité de 15% des intentions de vote, suivi 
par Ben Carson, le neurochirurgien à la retraite (12%), Marco 
Rubio, sénateur de Floride (10%), et Jeb Bush (9%). 
     
    CRUZ-RUBIO, UN DUEL DANS L'OMBRE DE TRUMP 
    Pour ce qui est de l'Iowa, les rapports de force ne sont pas 
les mêmes puisque la moyenne des sondages compilée par le site 
Real Clear Politics place Cruz en tête (26,4%) devant Trump 
(25,4%), Rubio (12,9%), Carson (11,9%) et Bush (5,6%). 
    Cette avance, même infime, explique en partie pourquoi le 
sénateur du Texas s'est abstenu de s'en prendre directement à 
Trump. Il a revanche ferraillé avec Rubio sur les questions de 
sécurité et sur la situation au Moyen-Orient. Agé comme lui de 
44 ans et issu pareillement de l'immigration cubaine, il voit en 
Rubio le principal obstacle à son ascension - à condition bien 
sûr que la candidature Trump retombe.  
    "La bataille que se livrent Cruz et Rubio est désormais une 
dynamique structurante de cette primaire", note Ford O'Connell, 
spécialiste électoral au Parti républicain. 
    Dans le New Hampshire, qui votera huit jours plus tard, le 
paysage diffère encore avec Trump qui réapparaît largement en 
tête (28,7%) devant Rubio (12%), Chris Christie, le gouverneur 
du New Jersey (10,3%), Cruz (9,7%) et John Kasich, le gouverneur 
de l'Ohio (7,3%). 
    Les gouverneurs Christie et Kasich complétaient mardi soir 
le plateau du débat sur CNN avec le sénateur du Kentucky Rand 
Paul et l'ex-patronne du groupe informatique HP Carly Fiorina. 
    Les autres, très loin dans les sondages, étaient programmés 
à une heure de moindre écoute comme c'est de tradition depuis le 
début de cette campagne républicaine marquée par le nombre élevé 
de candidats - ils sont encore 14 en lice.     
 
 (Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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