US Open: Richard Gasquet a grandi

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RICHARD GASQUET A SU FORCER SA NATURE
RICHARD GASQUET A SU FORCER SA NATURE

par Eric Salliot

PARIS (Reuters) - Pointé du doigt pour son incapacité chronique à atteindre les quarts de finale en Grand Chelem, Richard Gasquet a démontré à l'US Open qu'il avait, avec son tennis inspiré et atypique, son mot à dire au milieu des gros frappeurs du circuit.

Six ans après avoir atteint les demi-finales de Wimbledon, le Français a fait aussi bien à Flushing Meadows où il a perdu samedi contre le numéro deux mondial, Rafael Nadal (6-4 7-6 6-2).

Même s'il n'a pas réussi à déstabiliser son adversaire, Richard Gasquet a tout de même forcé sa nature au moment de défier l'intraitable Espagnol, osant notamment dix-huit services-volées.

Au niveau de l'attitude, il a incontestablement changé, ce qui n'a pas échappé à Henri Leconte, qui fut pourtant l'auteur de sorties cinglantes à l'égard de son cadet.

"Il n'a pas fait le petit gamin comme trop souvent. Il est resté le torse bombé. Il a grandi", a déclaré à Reuters l'ancien finaliste de Roland-Garros. "J'ai aimé son attitude, sa réaction dans le deuxième set."

Dernier finaliste français à l'US Open, en 1993, Cédric Pioline a quant à lui apprécié l'évolution de l'actuel n°2 français.

"Même si je trouve qu'il aurait dû forcer encore plus sa nature, il m'a fait plaisir sur l'ensemble de son parcours", a-t-il souligné. "C'est un tournoi plein d'enseignements."

"FRENCH FLAIR"

"Maintenant, il faut qu'il savoure et qu'il se remette au boulot parce qu'il est sur la bonne voie. Il va nous faire de belles choses", a-t-il prévu.

Comme Cédric Pioline, Henri Leconte estime que ce parcours à New York doit servir de tremplin à Richard Gasquet, 27 ans.

"Il faut faire la synthèse, voir les échelons qui ont été gravis et puis continuer sur la même dynamique pour progresser. Il a fait passer un message aux autres gars", dit-il.

Paul Quétin, le préparateur physique de Richard Gasquet, a vu le changement de regard dans les vestiaires.

"'Rafa' appréhendait Richard comme on appréhende les rugbymen français dans un match de coupe du Monde parce qu'ils sont capables de faire des choses que les autres ne font pas", a-t-il expliqué en référence au "french flair".

"Richard, c'est un peu ça", a poursuivi Paul Quétin.

Reste maintenant à surfer sur cette vague de promesses. Dixième à la Race, le classement qui court de janvier à décembre, Richard Gasquet semblait excité par la fin de saison à venir.

"Après Shanghai en 2007, ce serait bien de refaire un Masters", a-t-il anticipé samedi en prévision de ce tournoi entre les huit meilleurs joueurs de l'année.

Un discours ambitieux conforme à ce qu'il a montré sur les courts de Flushing Meadows.

"Je suis assez persuadé qu'il y aura un avant et un après US Open 2013", soutient Cédric Pioline. "Il a passé un palier. Il a peut-être découvert des nouvelles zones, des nouvelles sensations dans son jeu. Et il devrait les conserver car une fois qu'on a goûté à cela, on veut y retourner."

Edité par Simon Carraud

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