US Open: "Il faudra être monstrueux" contre Nadal, dit Gasquet

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GASQUET ESTIME QU?IL FAUDRA ÊTRE MONSTRUEUX CONTRE NADAL
GASQUET ESTIME QU?IL FAUDRA ÊTRE MONSTRUEUX CONTRE NADAL

par Eric Salliot

NEW YORK (Reuters) - Richard Gasquet aura samedi une chance de rejoindre Cédric Pioline, seul Français à avoir joué une finale de l'US Open, mais ce sera au prix d'un exploit monumental face à Rafael Nadal, qui compte 12 finales gagnées en Grand Chelem.

A 27 ans, comme l'Espagnol qui fut son rival dès le Tournoi des "Petit As" en 1999, le Français a déjà eu une occasion de se qualifier pour la finale d'un tournoi majeur. C'était à Wimbledon en 2007 et il se souvient s'être présenté à bout de forces face à Roger Federer, intouchable à l'époque.

"J'avais fini mon quart de finale face à Andy Roddick à 20h00 et j'avais été programmé le lendemain à midi. J'étais cramé, c'était perdu d'avance", dit-il.

Cette fois, le Français aura bénéficié de deux jours de repos avant de pénétrer sur le court du stadium Arthur-Ashe mais ce sera peut-être insuffisant après deux matches remportés en cinq sets.

Le premier face à Milos Raonic a été long de 4h40 et s'est disputé lundi dans une moiteur accablante. Le second, mercredi, face à l'inépuisable David Ferrer, s'est déroulé en plein soleil pendant 3h23.

"Mentalement, cela ne peut qu'aller bien mais physiquement je suis fatigué", reconnaît le Français. "J'espère arriver à 100% samedi et, sincèrement, ces deux jours n'ont pas été un piège. On a insisté sur la récupération", dit-il.

"Maintenant, l'adversaire est compliqué. La tactique, tout le monde la connaît mais personne n'arrive à l'appliquer. Ça ne suffira pas de faire un gros match, il faudra être monstrueux. Je crois que j'ai plus de chances de le battre à la Play Station."

DE SURDOUÉ À CHAMPION

C'est sans doute là une manière de dégonfler les attentes. C'est aussi une rengaine chez ce surdoué de la raquette.

Depuis son enfance, Richard Gasquet a connu de belles joies et accumulé neuf titres sur le circuit mais on attend toujours de lui un chef-d'oeuvre.

Le problème, c'est que le cannibale Nadal lui a toujours barré la route, tous muscles dehors, avec dix victoires dans leurs dix rencontres sur le circuit depuis 2004.

Deux matches émergent de ces face-à-face.

Le premier est une demi-finale du tournoi de Monte-Carlo en 2005. Au lendemain d'une victoire sur Roger Federer, Richard Gasquet avait mené d'un set et un break mais s'était incliné 6-7 6-4 6-3.

La deuxième est un premier tour à l'US Open en 2009, sur le Stadium Arthur-Ashe.

Ce rendez-vous aurait pu ne jamais avoir lieu car le Français contrôlé positif à la cocaïne courant mai était menacé d'une longue suspension qui aurait pu mettre fin à sa carrière mais il avait persuadé de son innocence le Tribunal arbitral du sport.

Encore groggy mentalement, lesté de quelques kilos, il avait été surclassé 6-2 6-2 6-3 par Rafael Nadal, qui avait même semblé ne pas vouloir infliger une déroute encore plus cruelle à un joueur qu'il avait soutenu publiquement dans son épreuve.

Samedi, il n'y aura pas de cadeaux à attendre. L'Espagnol chasse un deuxième US Open après celui de 2010 et la reconquête de la place de numéro un mondial.

Il voudra prolonger son invincibilité sur terrain dur en 2013 et sa série de 67 jeux de service remportés à New York.

De toute façon, Richard Gasquet n'a pas besoin de chiffres pour savoir que "Rafa" représente toujours le défi ultime. Il le sait depuis leur premier affrontement.

Edité par Jean-Paul Couret et Gilles Trequesser

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