Uribe détaille ses propositions pour la paix en Colombie

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    BOGOTA, 11 octobre (Reuters) - L'ancien président colombien 
Alvaro Uribe, farouche opposant à l'accord de paix signé avec 
les Farc, souhaite que les dirigeants de l'organisation soient 
privés de liberté pendant au moins cinq ans. 
    Il suggère en outre qu'il soit interdit aux anciens 
guérilleros démobilisés de briguer des sièges de parlementaire. 
    Alvaro Uribe a avancé ces propositions lundi dans le cadre 
des changements que lui et ses soutiens veulent apporter à 
l'accord de paix signé le 26 septembre entre le gouvernement et 
les Forces armées révolutionnaires de Colombie. 
    Cet accord historique, fruit de quatre années d'âpres 
négociations à La Havane et censé mettre un terme à un conflit 
vieux de 52 ans qui a fait plus de 220.000 morts, a été rejeté 
par référendum à une courte majorité par les Colombiens le 2 
octobre. 
    Alvaro Uribe, aujourd'hui sénateur, demande que les chefs 
des Farc reconnus coupables de crimes de guerre, au lieu de 
l'immunité envisagée, purgent des peines de détention de cinq à 
huit ans, même si elles sont effectuées dans des coopératives 
agricoles. 
    Il veut en outre que les anciens guérilleros ne puissent pas 
obtenir de fonction élective. L'accord de paix prévoit l'octroi 
de dix sièges au Congrès pour des représentants des Farc à 
partir de 2018 et pour deux législatures. 
    Alvaro Uribe estime enfin que les quelque 7.000 guérilleros 
contre lesquels aucune charge sérieuse n'est retenue peuvent 
être amnistiés mais devraient contribuer à la lutte contre le 
trafic de drogue, dont les Farc bénéficiaient grandement, en 
arrachant par exemple des plants de coca.  
    Les Farc, après le référendum, ont fait savoir qu'elles 
étaient disposées à étudier de nouvelles propositions mais rien 
ne dit que celles de l'ancien président soient de nature à être 
acceptées par des guérilleros déterminés à éviter la case prison 
et soucieux d'intégrer la vie politique. 
    Le président Juan Manuel Santos, récompensé du prix Nobel de 
la paix vendredi dernier, a souligné lundi qu'il était "vital de 
sortir de l'incertitude actuelle". 
    "Mais pour que le nouveau dialogue soit fructueux, il ne 
faut pas que les propositions avancées soient impossibles à 
satisfaire", a-t-il ajouté, dans un discours prononcé après 
l'annonce de l'ouverture de négociations de paix formelles le 27 
octobre avec le deuxième groupe rebelle du pays, l'Armée de 
libération nationale (ELN). 
 
 (Helen Murphy et Luis Jaime Acosta, Gilles Trequesser por le 
service français) 
 
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