Universal n'a qu'une semaine pour trouver un compromis sur EMI

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UNE SEMAINE POUR QU'UNIVERSAL TROUVE UN COMPROMIS SUR EMI
UNE SEMAINE POUR QU'UNIVERSAL TROUVE UN COMPROMIS SUR EMI

par Yinka Adegoke et Foo Yun Chee

NEW YORK/BRUXELLES (Reuters) - Universal Music Group (UMG), filiale de Vivendi, dispose d'une semaine pour présenter aux autorités européennes de la concurrence des concessions suffisantes pour obtenir leur aval au rachat pour 1,9 milliard de dollars (1,6 milliard d'euros) de sa concurrente britannique EMI.

Universal Music va devoir identifier des actifs à céder sans remettre en cause l'attrait pour les investisseurs d'une opération qui aboutirait à la constitution d'un groupe contrôlant plus d'un tiers du marché mondial de la musique et disposant d'un catalogue de stars comme Jay-Z, Kanye West, U2 et Katy Perry ou les légendaires Beatles.

Les autorités européennes de la concurrence veulent s'assurer que les autres maisons de disques pourront résister à un géant dont la taille sera double de celle de son principal concurrent en Europe.

UMG travaille avec les services de la Commission européenne à un plan de cessions d'actifs qui pourrait le conduire à vendre les labels classiques et jazz d'EMI ainsi que le label Virgin Records.

La Commission européenne veut réduire la part de marché en termes de ventes et de réseau de distribution du nouvel ensemble sous 40% dans plusieurs pays européens et limiter son emprise sur le marché, ont déclaré à Reuters deux sources proches du dossier.

Universal Music doit formuler ses propositions définitives à la Commission avant le 1er août.

"C'est exact que (les négociations sont) très difficiles", a déclaré mercredi le commissaire européen à la Concurrence, Joaquin Almunia. "Il y a aura beaucoup de travail à faire sur cette fusion".

Parmi les pays où la part de marché d'Universal dépassera les 40% après le rachat d'EMI figurent la Royaume-Uni, l'Italie, l'Espagne, la Grèce, la Suède, et l'Allemagne ne devrait pas être très loin de ce seuil, a déclaré une troisième source citant des données confidentielles de la Fédération internationale de l'industrie phnographique (IFPI) remontant à novembre 2011.

Les autorités de la concurrence privilégient les cessions d'actifs plutôt que des accords de licence en raison de la difficulté du suivi de tels arrangements, a ajouté cette source.

RISQUE RÉGLEMENTAIRE

Universal a signé en novembre dernier un accord définitif avec Citigroup pour le rachat d'EMI.

L'opération doit notamment lui assurer l'accès à un catalogue de stars renommées qui assurent les deux tiers du chiffre d'affaires du groupe britannique (un milliard de livres en 2011) et des marges supérieures à celles d'artistes moins reconnus nécessitant des investissements promotionnels plus importants.

Universal détiendrait 36% du marché mondial de la musique après la fusion contre 26,5% actuellement. Des analystes estiment que 35% à 40% des facturations du nouveau groupe seraient réalisées en Europe.

Les autorités américaines de la concurrence doivent aussi se prononcer sur l'opération et Universal Music doit rencontrer des représentants de la Federal Trade Commission aux Etats-Unis la semaine prochaine, ont déclaré deux sources au fait du dossier.

Un feu vert des autorités de la concurrence est crucial pour Vivendi, qui s'est engagé vis-à-vis de Citigroup à assumer l'intégralité du risque réglementaire.

En cas de report ou de blocage de l'opération, Vivendi srait tenu de verser 1,1 milliard de livres à Citigroup le 10 septembre.

Vivendi, confronté à l'effondrement du cours de son action et en pleine réflexion stratégique sur ses activités, ne peut prendre le risque d'un échec du rachat d'EMI.

Le conglomérat envisage la cession de plusieurs activités, dont l'éditeur de jeux vidéo Activision Blizzard Inc et l'opérateur brésilien de télécommunications GVT, voire un démantèlement pur et simple.

"Les négociations avec les autorités de régulation ont l'air de progresser et Vivendi veut absolument réaliser l'opération en raison du risque réglementaire qu'ils ont accepté de porter", a souligné Conor o'Shea, analyste chez Kepler Capital Markets.

"Vivendi ne veut pas avoir d'autres actifs à vendre, surtout maintenant qu'il envisage d'autres cessions et que certaines discussions, comme celles concernant Activision, semblent connaître des difficultés au démarrage".

Un accord entre Universal et la Commission sur un programme de cessions est attendu cette semaine avant que les autorités européennes de la concurrence n'ouvrent une période de "test de marché" de cinq jours au cours desquels les concurrents, les clients et les autres parties prenantes peuvent faire part de leurs commentaires sur la proposition.

Les autorités européennes de la concurrence auront ensuite jusqu'au 6 septembre pour rendre leur décision définitive, le délai étant automatiquement prolongé de 15 jours si Universal propose des concessions.

Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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