UniCredit continue d'inquiéter malgré son bénéfice

le , mis à jour à 19:32
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 (Actualisé avec déclarations, précisions sur les ratios de 
fonds propres) 
    par Silvia Aloisi 
    MILAN, 10 mai (Reuters) - UniCredit  CRDI.MI  n'est pas 
parvenue mardi à dissiper les inquiétudes sur sa solidité 
financière malgré l'annonce d'un bénéfice net supérieur aux 
attentes au premier trimestre, ce qui a valu au titre une 
sanction à la Bourse de Milan. 
    La banque italienne a certes abaissé ses coûts et ses 
provisions pour créances douteuses sur les trois premiers mois 
de 2016 mais son résultat a été amputé par des charges de 
restructuration en Autriche et en Italie et, surtout, elle a 
affiché un ratio de fonds propres en baisse, ce qui n'a en rien 
atténué la pression sur les épaules de son administrateur 
délégué, Federico Ghizzoni. 
    "Je suis serein, c'est aux actionnaires et au conseil 
d'administration de décider des changements de dirigeants", a 
dit ce dernier à la presse après la publication des résultats. 
    Le mécontentement des investisseurs à l'égard de Federico 
Ghizzoni se reflète dans la piètre performance boursière 
d'UniCredit, dont le titre a perdu 53% sur l'année écoulée. 
Cette chute est alimentée par les inquiétudes relatives à 
l'ampleur des créances douteuses détenues par l'établissement, 
qui, à 80 milliards d'euros, sont les plus lourdes parmi les 
grandes banques européennes, et à ses niveaux de fonds propres, 
qui nourrissent les craintes d'une augmentation de capital. 
    Le ratio de fonds propres CET 1 "fully-loaded" (calculé à 
partir des règles qui entreront en vigueur en 2019) s'est 
légèrement dégradé au premier trimestre, passant de 10,94% à fin 
2015 à 10,85% à fin mars. Son homologue italienne Intesa 
Sanpaolo  ISP.MI  affiche pour sa part un ratio de 13,1%. 
    UniCredit explique cette dégradation par une augmentation du 
poids de ses actifs pondérés du risque en raison de la hausse 
des prêts distribués. 
    Le ratio de fonds propres CET 1 actuellement pris en compte 
se trouve à 10,5%, soit juste au-dessus du seuil de 10% imposé 
par la Banque centrale européenne. 
    La contribution d'UniCredit, à hauteur de 845 millions 
d'euros, au fonds Atlante de soutien aux banques en difficulté 
créé le mois dernier en Italie, va encore amputer le ratio de 
fonds propres de 13 points de base. 
     
    "LES MARCHÉS N'ONT AUCUNE PATIENCE" 
    Pressé de questions par les analystes après la publication 
de ces résultats, Federico Ghizzoni a déclaré qu'UniCredit avait 
plusieurs options pour renforcer sa situation financière, 
notamment des ventes d'actifs, sans passer par une augmentation 
de capital. 
    "Nous avons dans notre plan un objectif de ratio CET 1 d'au 
moins 11,5% à fin 2018. Les marchés n'ont aucune patience mais 
ils seront rassurés à mesure que nous progresserons vers cet 
objectif", a-t-il dit. 
    Un courtier a néanmoins jugé que l'établissement milanais 
restait perçu comme "la prochaine source de grosse augmentation 
de capital parmi les financières européennes". 
    Le bénéfice net de la première banque italienne par les 
actifs a atteint 406 millions d'euros alors que le consensus des 
analystes fourni par la banque elle-même le donnait à 379 
millions d'euros. Il s'est néanmoins contracté de 21%, 
l'établissement ayant subi des coûts de restructuration de 
l'ordre de 260 millions d'euros sur son marché intérieur et en 
Autriche, où un changement législatif a alourdi le coût du 
transfert des employés de sa filiale vers le système public de 
retraites. 
    La banque a résisté sur le plan des commissions, qui ont 
progressé de 0,6% malgré les turbulences sur les marchés 
financiers en début d'année. 
    A titre de comparaison, Intesa Sanpaolo a subi une 
contraction de ses commissions de 10% sur la même période, mais 
son bénéfice net a été le double de celui d'UniCredit. 
    Le produit net bancaire (PNB) d'UniCredit a diminué de 4,7% 
à 5,5 milliards d'euros, conséquence d'un environnement 
macroéconomique défavorable et de taux d'intérêt ultra-bas. 
    Si le titre a dans un premier temps bien réagi à la 
publication de ces résultats à la Bourse de Milan, il s'est 
ensuite retourné et a perdu 1,47% à 2,95 euros alors que 
l'indice sectoriel des banques européennes  .SX7P  a gagné 
1,81%. 
 
 (Avec Stephen Jewkes et Gianluca Semeraro; Bertrand Boucey pour 
le service français, édité par Wilfrid Exbrayat) 
 

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