Unedic-La CFDT demande au Medef de négocier sans condition

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    PARIS, 13 octobre (Reuters) - Le secrétaire général de la 
CFDT, Laurent Berger, se dit prêt à reprendre rapidement des 
négociations sur l'assurance-chômage, à condition que le Medef 
renonce à son veto sur la taxation des contrats de travail de 
courte durée. 
    Dans une interview publiée jeudi par Les Echos, il invite en 
revanche le gouvernement à ne pas tenter de passer en force sur 
ce dossier et à se contenter de prolonger la convention actuelle 
de l'assurance-chômage si les négociations ne reprennent pas. 
    Les partenaires sociaux, gestionnaires de 
l'assurance-chômage par le biais de l'Unedic, se sont séparés le 
16 juin dernier sur un constat d'échec après huit séances de 
discussion et de multiples bilatérales. 
    Les syndicats ont imputé cet échec au Medef, première 
organisation patronale française, inflexible dans son refus de 
discuter d'une modulation des cotisations des employeurs sur les 
contrats de travail de courte durée. 
    La CFDT propose pour sa part une cotisation patronale 
dégressive en fonction de la durée du contrat, sans hausse 
globale des cotisations, rappelle Laurent Berger. Les employeurs 
seraient ainsi incités à garder leurs salariés longtemps, car ce 
serait synonyme de baisse de leurs cotisations Unedic. 
    Le gouvernement, par la voix du Premier ministre, fait 
pression sur les partenaires sociaux pour qu'ils reprennent 
leurs discussions, notamment sur le traitement de l'abus des 
contrats de très courte durée. Faute de quoi, a averti Manuel 
Valls, le gouvernement prendra lui-même des mesures. 
    "Le rôle du gouvernement, c'est de faire en sorte que le 
patronat revienne à la table des négociations sans interdit", 
déclare Laurent Berger. "Si le Premier ministre fait autre 
chose, il court le risque de mécontenter tout le monde." 
    Le président du Medef, Pierre Gattaz, s'est dit prêt à 
reprendre des discussions mais en maintenant l'opposition de son 
organisation à une taxation des contrats courts.   
    Réponse de Laurent Berger : "Soit on rouvre des négociations 
où les champs des possibles sont totalement ouverts (...) soit 
le Medef pose des interdits, des tabous, et la négociation 
n'aura pas lieu." 
    Dans une interview publiée le 7 octobre par Les Echos, 
Pierre Gattaz proposait que les partenaires sociaux essayent de 
s'entendre sur "une vision partagée de l'avenir, du marché du 
travail et du rôle de l'assurance-chômage". 
    Il se donnait jusqu'à mai 2017, autrement dit jusqu'aux 
prochaines élections présidentielles, pour y parvenir. Après 
quoi il serait possible, selon lui, de rouvrir sur cette base 
les négociations sur l'assurance-chômage. 
    Une proposition à laquelle le secrétaire général de la CFDT 
ne répond pas vraiment. "Dans une copropriété, il y a toujours 
un mauvais coucheur qui sabote les réunions. Suivez mon regard", 
se borne à dire Laurent Berger. 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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