Une vingtaine de villages repris à l'EI autour de Mossoul

le , mis à jour à 14:47
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 (Actualise avec précisions) 
    BAGDAD, 18 octobre (Reuters) - L'armée irakienne et les 
forces kurdes ont fait état mardi d'une progression lors des 24 
premières heures de l'offensive visant à chasser l'Etat 
islamique de Mossoul. 
    Une vingtaine de villages ont été repris à l'EI dans des 
opérations lancées autour de la dernière grande ville tenue par 
l'organisation djihadiste en Irak. 
    L'armée irakienne attaque Mossoul, ville où vivraient encore 
1,5 million de personnes, par le sud et le sud-est. Les 
peshmergas, des combattants kurdes, sont sur le front est. 
    La bonne entente sur le terrain entre soldats irakiens et 
peshmergas permet une progression qui trouble les djihadistes, 
estime un haut responsable kurde. 
    "Daech est désorienté, ils ne savent pas s'ils doivent 
s'attendre à une attaque en provenance de l'est, de l'ouest ou 
du nord", a confié Hochiyar Zebari à Reuters.  
    Les assaillants se trouvent à une distance comprise entre 20 
et 50 km de Mossoul, explique-t-on sur le terrain et à Bagdad. 
Le but est de préparer l'assaut de la ville proprement dit en 
occupant collines et carrefours. 
    Le début de l'offensive lancée avec le soutien de la 
coalition internationale sous commandement américain a été 
annoncé lundi à l'aube par le Premier ministre irakien, Haïdar 
al Abadi. Le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, y 
voit "un moment décisif (...) pour infliger à l'EI une défaite 
durable". 
     
    RÉUNION JEUDI À PARIS   
    Les peshmergas, qui sont également déployés au nord et au 
nord-est de Mossoul, disent avoir pris le contrôle "d'un tronçon 
important" des 80 km de route entre Erbil, capitale du Kurdistan 
irakien autonome, et Mossoul. 
    Les avions de la coalition ont attaqué 17 positions des 
djihadistes en soutien à l'offensive kurde dans cette zone 
truffée de mines, selon un communiqué des Kurdes, qui ajoutent 
qu'au moins quatre voitures piégées ont été détruites. 
    Préparée depuis des mois, l'offensive contre Mossoul, ville 
que l'EI tient depuis juin 2014, rassemble environ 30.000 
soldats irakiens, peshmergas et miliciens sunnites. 
    Face à eux, de 4.000 à 8.000 djihadistes seraient retranchés 
dans l'agglomération.  
    Et parmi eux, selon le responsable kurde Zebari, se 
trouveraient le leader de l'EI, Abou Bakr al Baghdadi, et un 
spécialiste en explosifs de l'organisation, Faouzi Ali Nouimeh. 
    L'offensive pourrait prendre des semaines, voire des mois. 
Il s'agit de la plus grande opération de l'armée irakienne 
depuis le retrait des forces américaines en 2011. 
    Au nombre de ses conséquences, figure un possible exode de 
la population et un drame humanitaire de grande ampleur.  
    Les Nations unies s'attendent à voir jusqu'à un million de 
déplacés, et 200.000 dans une première vague qui pourrait 
arriver dans cinq à six jours. 
    Le risque de voir l'EI utiliser les civils comme boucliers 
humains est également cité. Comme celui du recours à des armes 
chimiques. 
    L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a 
commencé à se procurer des masques à gaz. Mais elle n'en a pas 
obtenu beaucoup à ce jour, a déclaré mardi le chef de sa mission 
en Irak, Thomas Weiss. 
    Au plan diplomatique, une réunion ministérielle regroupant 
vingt pays se tiendra jeudi à Paris pour débattre de la 
stabilisation de Mossoul une fois l'offensive de la coalition 
internationale couronnée de succès, a déclaré le ministre 
français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. 
 
 (Maher Chmaytelli, Ahmed Rasheed et Stephen Kalin, avec Michael 
Georgy et Babak Deghanpisheh à Irbil, Gilles Trequesser pour le 
service français) 
 
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