Une vidéo montre des Libyens tentant de sauver l'ambassadeur américain

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UNE VIDÉO MONTRE DES LIBYENS TENTANT DE SAUVER L'AMBASSADEUR AMÉRICAIN
UNE VIDÉO MONTRE DES LIBYENS TENTANT DE SAUVER L'AMBASSADEUR AMÉRICAIN

par Suleiman Al-Khalidi

BENGHAZI, Libye (Reuters) - Une vidéo amateur montre des Libyens qui tentent de porter secours à l'ambassadeur américain Christopher Stevens dans une pièce enfumée du consulat des Etats-Unis à Benghazi, attaqué et incendié mardi dernier par des manifestants.

L'ambassadeur Christopher Stevens, 52 ans et trois autres Américains ont péri ce soir-là dans la grande ville de l'Est libyen.

La vidéo, diffusée sur internet et dont Reuters s'est procuré une copie à Benghazi, confirme la version de la mort par asphyxie de l'ambassadeur dans l'incendie du bâtiment.

Les images jettent également un jour nouveau sur les conditions de son décès, montrant que certaines personnes qui avaient pris d'assaut la mission américaine ont tenté de le sauver.

Sur la vidéo, on voit des jeunes crier à d'autres manifestants qu'ils ont découvert un étranger couché sur le sol.

"Il y a quelqu'un à l'intérieur (...) C'est un étranger, c'est un étranger. Sortez-le !", crie un homme qui appelle à l'aide. "Sortez-le ! Sortez-le !", dit un autre.

"L'homme est en vie. Sortez-le, les gars. Sortez-le !", lance un troisième.

"Il est vivant ! Il est vivant ! Dieu est le plus grand !", scande alors la foule.

"Poussez-vous... Est-ce qu'il y a un médecin ici ? Il nous faut une voiture, vite !", entend-on .

"PRENEZ-LE DANS MA VOITURE"

Christopher Stevens et trois autres Américains ont péri mardi dernier après l'attaque lancée par des hommes armés contre le consulat puis contre une villa où une partie du personnel diplomatique américain avait été rassemblée dans l'attente de son exfiltration.

Une foule en colère s'était d'abord rassemblée devant le consulat pour dénoncer la diffusion sur internet d'une vidéo réalisée aux Etats-Unis et jugée insultante pour le prophète Mahomet.

Le consulat a été envahi et incendié. L'ambassadeur s'est retrouvé isolé dans le bâtiment et a apparemment succombé aux émanations de fumées toxiques.

La vidéo montre l'ambassadeur gisant à terre dans une salle remplie de fumée.

Quelques minutes plus tard, il est sorti du bâtiment par une fenêtre et déposé sur le sol en tommettes d'une cour. Un jeune homme pose une main sur le cou du diplomate pour voir s'il respire encore.

En signe de reconnaissance, un manifestant embrasse un homme qui a aidé à sortir l'ambassadeur de l'immeuble.

Quelques secondes après avoir trouvé Stevens vivant, un jeune homme à l'arrière-plan crie : "Prenez-le dans ma voiture, emportez-le dans ma voiture !"

À L'HÔPITAL

Selon Fahd al Bakouch, le jeune activiste qui a réalisé la vidéo, l'ambassadeur "remuait les lèvres, ses yeux bougeaient, son corps était noirci par la fumée."

Un médecin qui était de garde cette nuit-là aux urgences du centre médical de Benghazi a confirmé que des civils avaient amené l'ambassadeur vers 01h00 du matin. Malgré les efforts prodigués pendant trois quarts d'heure pour le ranimer, l'ambassadeur est finalement déclaré mort.

Selon Fahd al Bakouch, l'attaque du consulat s'est produite peu après que des gardes libyens ont refusé l'accès de la mission aux manifestants.

Selon lui, la violence a éclaté quand des coups de feu ont été tirés de la mission pour effrayer la foule. Les éléments les plus radicaux parmi les manifestants ont alors commencé à lancer des cocktails Molotov et à tirer au lance-roquettes.

Peu après, une centaine de personnes, la plupart des islamistes, sont entrées dans le consulat, ne rencontrant qu'une faible résistance de la part des gardiens.

Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa) a déclaré dans un communiqué que cette attaque avait été en partie motivée par la mort d'Abou Yahia al Libi, dirigeant libyen d'Al Qaïda au Pakistan, tué en juin dernier par un drone américain.

Un porte-parole du président américain Barack Obama avait ensuite déclaré ne disposer d'aucune preuve permettant de confirmer la préméditation de l'attaque, une thèse évoquée par des fonctionnaires américains.

Avec Omar Al-Mosmari et Marie-Louise Gumuchian, Hélène Duvigneau pour le service français

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