Une vidéo de Boko Haram dit montrer les écolières de Chibok

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BOKO HARAM DIFFUSE DES SUPPOSÉES IMAGES DES ÉCOLIÈRES ENLEVÉES
BOKO HARAM DIFFUSE DES SUPPOSÉES IMAGES DES ÉCOLIÈRES ENLEVÉES

par Ardo Hazzad

BAUCHI, Nigeria (Reuters) - Le groupe islamiste nigérian Boko Haram a diffusé une vidéo de jeunes filles présentées comme des écolières enlevées il y a deux ans, en affirmant que certaines d'entre elles avaient été tuées par des bombardements aériens de l'armée nigérianne.

Boko Haram a enlevé 270 lycéennes en avril 2014 à Chibok, dans le nord-est du Nigeria. Plusieurs dizaines de jeunes filles ont réussi à s'enfuir dans la confusion mais plus de 200 sont toujours portées disparues.

Dans la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, un homme masqué se tient debout derrière des dizaines de jeunes filles voilées.

"Nous voulons envoyer ce message d'abord aux parents de ces filles pour qu'ils sachent qu'elles sont toujours avec nous, certaines d'entre elles, et deuxièmement, pour qu'ils disent aux gouvernement fédéral du Nigeria, de libérer immédiatement nos frères emprisonnés", déclare l'homme.

"Certaines des filles, une quarantaine, ont été mariées avec la permission de Dieu, certaines sont mortes en conséquence des bombardements des infidèles", ajoute l'homme.

Sur la vidéo, on voit une jeune fille tenant un bébé. Des parents ont accusé Boko Haram d'avoir marié certaines des filles contre leur volonté.

A la fin de la vidéo, on voit des corps non identifiés sur le sol.

"Les avions militaires ont tué certaines des filles", déclare une jeune fille, qui a été identifiée par son père, Yakubu Kabu, comme étant sa fille, Dorcas.

"Quand j'ai entendu sa voix, j'ai réalisé que c'était ma fille", a-t-il déclaré aux journalistes à Abuja. "Nous demandons au gouvernement de nous aider... Les enfants souffrent. Certaines pourraient être très malades."

Le ministre de l'Information, Lai Mohammed, a déclaré dans un communiqué que le gouvernement faisait tout son possible pour faire libérer les jeunes filles.

"Comme ce n'est pas la première fois que nous avons été contactés sur la question, nous voulons être doublement sûrs que ceux avec qui nous sommes en contact sont bien ceux qu'ils disent être", a ajouté le ministre.

L'armée de l'air conteste avoir touché les jeunes filles, a déclaré un de ses porte-parole cité par PR Nigeria, une agence du gouvernement.

"Quoi qu'il en soit, nous sommes en train d'étudier les vidéos pour voir si les victimes sont mortes d'autres causes que l'allégation de frappe aérienne", a déclaré le porte-parole.

Les autorités nigériannes ont annoncé en mai avoir retrouvé l'une des quelque 200 lycéennes enlevées en 2014 et le président Muhammadu Buhari a promis à cette occasion de tout faire pour libérer les autres.

(Sharon Ogunleye, Ardo Abdullah et Ulf Laessing; Tangi Salaün et Danielle Rouquié pour le service français)

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