Une victoire de Donald Trump viendrait à réduire le potentiel de croissance des Etats-Unis (BFT IM)

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(AOF) - Les marchés, comme les sondages, n'anticipent pas l'élection du candidat républicain Donald Trump. Mais ce scénario pourrait cependant avoir des répercussions importantes sur l'économie américaine, selon Michael Aflalo, directeur des gestions et Mabrouk Chetouane, responsable de la recherche et de la stratégie de BFT Investment Managers. L'élection présidentielle américaine de 2016 se révèle particulièrement atypique et indécise.

En effet, l'écart qui s'était creusé au cours de la période estivale entre Hillary Clinton et Donald Trump se resserre et les derniers évènements (le malaise puis les doutes sur la santé d'Hillary Clinton lors des commémorations du 11 septembre) sont indéniablement un mauvais point pour le camp démocrate. Par conséquent, les jeux ne sont pas encore faits même si Hillary Clinton garde un petit avantage dans les fameux " swing states " (Floride) qui feront la différence. Il faut donc prendre en compte l'éventualité d'une victoire de Donald Trump.

Michael Aflalo et Mabrouk Chetouane remémorent les principaux points du programme du candidat républicain : Donald Trump adopte une posture ultra protectionniste, allant jusqu'à déclarer que l'immigration et le commerce international pesaient sur les salaires et l'emploi des classes moyennes et des plus défavorisées. Il accuse notamment les autorités chinoises de manipuler les cours du Yuan vis-à-vis du dollar et projette également d'expulser près de 11 millions de personnes qualifiées en situation irrégulière. Sa politique budgétaire devrait être marquée par une augmentation des dépenses dans le domaine de la défense (Hillary Clinton privilégierait davantage les dépenses en lien avec l'assurance sociale) et la diminution du taux d'imposition des ménages comme celui des entreprises ; ce dernier diminuerait de 20 points de 35% à 15%.

Cette relance budgétaire mise en œuvre par " l'administration Trump " soutiendrait incontestablement la croissance à court terme mais augmenterait substantiellement la dette publique américaine.

D'après les projections de Moody's Analytics, le ratio dette sur PIB pourrait dépasser le seuil de 100% à l'horizon 2020), ce qui pèserait sur la croissance à plus long terme. " Les mesures protectionnistes préconisées par Donald Trump provoqueraient une hausse de l'inflation importée et affecterait la compétitivité de l'économie américaine. Dans un tel contexte, les partenaires commerciaux instaureraient des mesures de rétorsion érigeant à leur tour des barrières commerciales. En outre, si des expulsions massives sont appliquées, la diminution de la population en âge de travailler estimée à 5,3% réduira de fait la croissance potentielle des Etats-Unis " estime Mabrouk Chetouane, Responsable de la Recherche et de la Stratégie. Concernant la politique monétaire, l'élection de novembre pourrait gêner l'action de la Fed qui prévoit selon le consensus désormais majoritaire un relèvement des taux en décembre.

Pourtant, les marchés ne semblent pas encore avoir intégré le risque lié à ces élections. Depuis le pic du début de l'année, l'aversion au risque a même considérablement diminué. " Le stress des marchés est aujourd'hui contenu aussi bien sur les actions que sur le crédit. L'aversion au risque des marché est revenue sue les niveaux bas touchés en septembre 2014. Ce climat de détente est entretenu par l'attitude accommodante des banques centrales " constate Michael Aflalo, Directeur des Gestions. L'incertitude sur les marchés actions devrait donc grandir au cours des prochaines semaines et la volatilité repartir à la hausse. La période post-électorale est en revanche plus propice à l'investissement sur les marchés. Historiquement, on a remarqué que dans 62% des cas, les valeurs du S&P 500 se reprenaient trois mois après l'élection. Les secteurs qui profitent le plus de ce rallye boursier sont la santé et les télécommunications, qui sont aussi les plus réglementés et qui souffrent davantage de l'incertitude pré-électorale.

Dans ce contexte de faible volatilité, BFT IM privilégie les obligations d'entreprises investment grade et high yield européennes, ainsi que la dette émergente libellée en dollars. Concernant les actions, le momentum reste positif mais les marchés sont chers des deux côtés de l'Atlantique. Une stratégie optionnelle doit être privilégiée pour contenir les risques. Il est également préférable de se tenir à l'écart du marché des changes qui recèle trop peu de visibilité pour le moment.

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  • bigot8 il y a 2 mois

    mais oui les journal eux de la socialie et si c était le contraire ? qu on resserre les écrous des boulons de la gabegie US la petit grosse fera encore exploser les déficits déjà abyssaux ...

  • M1084720 il y a 2 mois

    Et le BREXIT ferait revenir la GB au temps des cavernes!