Une vente de masques tribaux améridiens autorisée à Paris

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LA VENTE DE MASQUES HOPIS À PARIS A RAPPORTÉ PLUS DE 750.000 EUROS
LA VENTE DE MASQUES HOPIS À PARIS A RAPPORTÉ PLUS DE 750.000 EUROS

PARIS (Reuters) - Une vente aux enchères de masques tribaux considérés comme sacrés, contestée par la tribu amérindienne des Hopis, a rapporté vendredi plus de 750.000 euros, à la grande déception des opposants qui ont demandé en vain à la justice de l'empêcher.

Les Hopis, qui vivent dans plusieurs villages du nord de l'Arizona, ont écrit le mois dernier à la maison Neret-Minet Tessier & Sarrou en lui demandant d'annuler la mise aux enchères de 70 objets, dont des masques sacrés, et en exigeant leur restitution.

Survival International, organisation non gouvernementale spécialisée dans la défense des droits des peuples indigènes, demandait en leur nom l'interdiction temporaire de la vente, dans l'attente d'un examen adéquat de la légalité de la collection et de sa vente.

Le tribunal des référés du Tribunal de grande instance de Paris a décidé de laisser se dérouler la vente.

"La juge laisse la vente se faire, considérant que, même si ces objets sont sacrés pour les indiens, ils ne pourraient être protégés en France que s'il s'agissait d'être vivants ou morts", a dit à Reuters Me Pierre Servan-Schreiber, avocat de Survival International, indiquant que le droit fait en la matière référence aux sépultures.

Jean-Patrick Razon, directeur de Survival International (France), a estimé que "les acquéreurs potentiels de ces objets devraient être conscients que cette vente d'objets que les Hopis considèrent comme leur légitime propriété représente un outrage irréparable".

L'ambassadeur américain en France, Charles Rivkin, avait lui aussi demandé le report de la vente.

Les Hopis, dont la communauté compte environ 18.000 membres vivant sur une réserve isolée de l'ouest américain, considèrent que les masques abritent l'esprit de messagers divins.

Le catalogue de la vente présente plusieurs dizaines de masques, certains simples, d'autres élaborés, avec des nez et des oreilles en bois ou en métal. Les mises à prix vont de 2.000 à 32.000 dollars.

La collection a été, toujours selon le catalogue, constituée sur une période de trois décennies par "un amateur au goût avisé" vivant aux Etats-Unis.

Dans la lettre adressée au commissaire-priseur parisien, Leigh J. Kuwanwisiwma, conservatrice du patrimoine hopi, expliquait que seul un membre de la tribu possédait le droit de détenir ces objets sacrés qui, selon elle, n'auraient jamais dû quitter le territoire tribal.

Chine Labbé, avec Lucien Libert, édité par Yves Clarisse

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