Une taxe sur les transactions financières serait catastrophique pour la gestion française

le
3
(NEWSManagers.com) - L'Association française de la gestion financière (AFG) a réagi à son tour au projet d'instauration d'une taxe sur les transactions financières par une condamnation sans appel.
L'AFG explique qu'une telle transaction peut s'envisager à condition qu'elle respecte deux principes : d'une part, être suffisamment universelle pour ne pas créer des délocalisations qui ne feraient que déplacer les activités vers des zones moins régulées; d'autre part, cibler les transactions qui contribuent à alimenter la spéculation et le court-termisme, conformément aux orientations du G20.

Le projet envisagé ne correspond pas à ces principes et aurait des " conséquences dévastatrices" pour l'industrie française de la gestion. En effet, cette taxe soumettrait les clients d' OPCVM à une double imposition - au moment de la souscription et de la sortie par l' investisseur et lors des opérations de gestion de l' actif du fonds par le gérant - double imposition que ne subirait aucun autre produit d' épargne. Elle diminuerait le rendement des OPCVM monétaires de plus de 1%, ce qui conduirait à leur disparition. Elle réduirait d' au moins 0,5% le rendement des OPCVM actions et obligations, ce qui aboutirait soit à leur transfert vers d' autres places concurrentes, soit à leur substitution par des fonds étrangers non soumis à la taxe.

L'économie française a pourtant plus que jamais besoin d'une industrie de la gestion " robuste et dynamique" . La gestion collective, qui a traversé la crise sans problème majeur, représente 20% de l'épargne des ménages, soit directement par la détention d'OPCVM, soit indirectement notamment via l'assurance-vie. Elle joue également un rôle majeur dans le financement de l'économie, car elle détient 20% du flottant du SBF 120, 25% du Midcaps, 20% de la dette négociable française et contribue fortement à la liquidité des établissements de crédit français avec 40% des certificats de dépôts et 34% des bons à moyen terme négociables (BMTN) émis par ces établissements.

Du fait des nouvelles règles prudentielles qui s' imposent aux banques, le rôle d' intermédiaire de la gestion pour compte de tiers entre les investisseurs et les entreprises pour leurs besoins de financement est inéluctablement appelé à croître, selon l'AFG qui estime qu' " affaiblir la gestion ferait courir le risque d' une asphyxie de l' économie" .

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • saphir11 le vendredi 20 jan 2012 à 08:34

    Qu'ils taxent les robots, les algos, le flash trading, le trading automatisé, mais pas les autres !

  • ALAVOT le jeudi 19 jan 2012 à 10:47

    débile, d'autant que ce n'est pas la gestion pour compte de tiens qu'a menacé la planète financière mais les opérations pour compte propre des banques : s'ils ont envie de taxer quelque chose, qu'ils taxent ces opérations là, foutez la paix aux épargnants

  • ALAVOT le jeudi 19 jan 2012 à 10:36

    les gros pourront facilement délocaliser leurs opérations à l'étranger et passer par des dark pools, y a que les petits qui paieront. Je vois pas pourquoi l'épargnant devrait être taxé une fois de plus, les gens ne s'en rendent même pas compte