Une station radar japonaise activée près des Senkaku

le , mis à jour à 10:45
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 (Actualisé avec réaction de Pékin) 
    TOKYO, 28 mars (Reuters) - Le Japon a activé lundi une 
station radar en mer de Chine orientale, à proximité de Taïwan, 
ce qui devrait fournir à Tokyo des renseignements sur l'activité 
navale dans les parages d'îlots que convoite Pékin en mer de 
Chine orientale. 
    La nouvelle base militaire de Yonaguni est située à la 
pointe d'un chapelet d'îles japonaises et à 150 kilomètres au 
sud de l'archipel administré par Tokyo sous le nom de Senkaku et 
revendiqué par la Chine sous celui de Diaoyu. 
    "Cette station radar va irriter la Chine", a dit Nozomu 
Yoshitomi, professeur à la Nihon University et ancien général 
des "forces d'autodéfense" japonaises. Outre son rôle de station 
d'écoute, a-t-il expliqué, elle pourra être utilisée comme base 
pour des opérations militaires dans la région. 
    A Pékin, Hong Lei, porte-parole du ministère des Affaires 
étrangères, a déclaré que la position de la Chine concernant les 
îlots Diaoyu était claire et n'avait pas changé. 
    "Nous espérons que le Japon pourra prendre des mesures qui 
serviront la paix et la stabilité dans la région", a-t-il dit 
lors de son point de presse quotidien. 
    La station de Yonaguni -- l'île japonaise la plus au 
sud-ouest de l'archipel -- participe d'un déploiement plus large 
d'un arsenal militaire défensif le long des îles japonaises 
situées au sud du pays. 
    "Jusqu'à hier, il n'y avait aucune unité d'observation 
côtière à l'ouest de l'île d'Okinawa. Il nous fallait combler ce 
vide", a déclaré Daigo Shiomitsu, lieutenant-colonel chargé du 
commandement de la nouvelle base de Yonaguni. 
     
    ACCROISSEMENT DES EFFECTIFS 
    "Cela signifie que nous pouvons observer les zones 
limitrophes du Japon et faire face à toute situation", a-t-il 
ajouté. 
    Shiomitsu a assisté lundi à une cérémonie à la base, au côté 
de 160 militaires et d'une cinquantaine de personnalités. La 
construction de certains bâtiments, avec leurs murs blancs et 
leurs toits de tuiles rouges typiques de l'archipel des Ryukyu, 
n'est pas encore achevée. 
    Yonaguni, île de 30 km² qui compte 1.500 habitants, se 
trouve à une centaine de kilomètres seulement à l'est de Taiwan, 
près de la limite de la "zone d'identification aérienne" créée 
par la Chine en 2013. 
    Au cours des cinq ans à venir, le Japon compte accroître 
d'un cinquième ses effectifs militaires en mer de Chine 
orientale, en les portant à près de 10.000 hommes. Des batteries 
de missiles y seront installées, afin d'établir un rideau 
défensif le long de l'archipel des Ryukyu, chapelet d'îles long 
de 1.400 km qui s'étend de Kyushu jusque près de Taiwan. 
    Les navires chinois quittant le plateau continental doivent 
franchir ce chapelet d'îles pour atteindre l'ouest du Pacifique. 
Pékin a besoin de cet accès à la fois pour le trafic marchand 
sur les océans du globe et pour déployer ses forces navales. 
 
 (Tim Kelly et Nobuhiro Kubo; Julie Carriat et Eric Faye pour le 
service français) 
 
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