Une sortie de la SocGen d'Amundi, pertinente stratégiquement

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par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Une cession de la participation de la Société générale dans la société de gestion Amundi est stratégiquement la solution la plus logique parmi les options qui s'offrent au groupe bancaire français pour redresser sa situation financière, estiment analystes et gérants interrogés par Reuters.

La banque française, déjà contrainte début août d'abandonner ses objectifs financiers pour 2012, a fait savoir lundi qu'elle procéderait à des cessions d'actifs et des réductions de coûts pour libérer quatre milliards d'euros de fonds propres supplémentaires d'ici 2013. Son PDG Frédéric Oudéa a précisé que les cessions interviendraient dans la gestion d'actifs, les services aux investisseurs ou les services financiers.

"La banque est dans une très mauvaise passe aujourd'hui. Elle n'a plus le choix, elle va devoir vendre les bijoux de famille pour se désendetter et améliorer sa situation capitalistique", explique Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets.

Les gérants estiment qu'étant déjà présente dans la gestion d'actifs avec Lyxor, la Société générale n'a pas besoin de l'être également à travers Amundi, sa coentreprise avec Crédit agricole dont elle détient 25%.

D'autant plus que Lyxor concurrence Amundi et que la 'banque verte', qui détient les 75% restants d'Amundi, pourrait apprécier d'être seul maître à bord.

"PILULE ANTI-OPA"

"Stratégiquement, Lyxor correspond davantage au coeur de métier (banque d'investissement, réseau, etc) de la Société générale qu'Amundi", relève Frédéric Jamet, directeur de la Gestion chez State Street Global Advisors France.

"Amundi avait un intérêt stratégique pour Société générale comme pilule anti-OPA, mais aujourd'hui ce n'est plus le sujet. Une approche rationnelle, logique, serait donc de se concentrer sur des activités claires et identifiées validant la stratégie de recentrage de la banque", ajoute-t-il.

Les analystes estiment que comme d'autres banques européennes, la Société générale est sous-capitalisé et doit lever de nouveaux fonds, alors que son ratio de fonds propres "durs" (core Tier 1) est ressorti à 6,6% dans le scénario macroéconomique le plus défavorable lors des derniers tests de résistance bancaires menés en Europe, soit le plus faible des banques françaises.

"Les banques doivent lever plus de capitaux pour éviter la faillite, en particulier si l'exposition à la Grèce continue d'affecter les marchés. Un ratio core Tier 1 entre 3% et 5% est trop bas, il doit être significativement plus élevé. A partir de 8% ce ratio commence à être suffisant", estime Stefan Isaacs, gérant obligataire chez M&G Investments.

Autre piste envisagée par Fabrice Cousté, la SocGen pourrait céder Boursorama, dont elle détient 55% selon des données Reuters. Boursorama est valorisée quelque 560 millions d'euros en Bourse, soit près de 5% de la capitalisation de la Société générale.

Personne n'était joignable dans l'immédiat chez Société générale et Crédit agricole n'a pas souhaité faire de commentaire.

Edité par Dominique Rodriguez

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