Une sortie de la Grèce entraînerait la fin de l'euro-Varoufakis

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ROME, 8 février (Reuters) - Une sortie forcée de la Grèce de la zone euro entraînerait la fin de la monnaie unique, a affirmé dimanche le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis. Le nouveau gouvernement grec veut renégocier le remboursement de sa dette et a commencé à revenir sur les mesures d'austérité imposées par ses créanciers internationaux. Dans une interview accordée à la télévision italienne Rai, Yanis Varoufakis a expliqué que le problème de la dette grecque devait être replacé dans le cadre du rejet des politiques d'austérité dans l'ensemble de la zone euro. Il a appelé de ses voeux un programme d'investissement massif de la Banque européenne d'investissement (BEI), qu'il a qualifié de "New Deal" (Nouvelle Donne). "L'euro est fragile, comme un château de cartes. Si vous retirez la carte grecque, les autres s'effondrent", a-t-il dit selon le texte de l'interview communiqué à l'avance par la chaîne. La zone euro s'expose à un risque de fragmentation et de "déconstruction" à moins qu'elle admette que la Grèce, et pas seulement la Grèce, est incapable de rembourser sa dette dans les conditions actuelles, a poursuivi le ministre. "Je mets en garde quiconque qui envisagerait une amputation stratégique de la Grèce de l'Europe car cela serait très dangereux", a-t-il averti. "Qui sera le prochain après nous ? Le Portugal ? Qu'arrivera-t-il si l'Italie découvre qu'il lui est impossible de rester dans la camisole de force de l'austérité ?" Yanis Varoufakis et son Premier ministre Alexis Tsipras ont reçu un accueil amical mais aucun soutien pour une renégociation de la dette lors de leur visite à Rome cette semaine, une étape parmi d'autres dans leur tournée des capitales européennes après l'arrivée au pouvoir de la gauche radicale à Athènes. Mais Varoufakis a assuré que les choses étaient différentes en coulisses. "Des responsables italiens, je ne peux pas vous dire de quelle importante institution, m'ont approché pour me dire qu'ils nous soutenaient mais qu'ils ne pouvaient pas dire la vérité car l'Italie est également menacée de faillite et ils redoutent la réaction de l'Allemagne", a-t-il assuré. "Soyons francs, la situation de la dette italienne n'est pas tenable", a-t-il ajouté. L'endettement public de l'Italie est le plus important de la zone euro après celui de la Grèce. Le "New Deal" que va proposer le gouvernement grec, du nom du plan mis en oeuvre dans les années 1930 aux Etats-Unis pour sortir de la Grande Dépression, impliquerait de la part de la BEI des investissements dix fois plus importants que ce qu'elle a fait jusqu'ici, a souligné Yanis Varoufakis. Si l'Europe poursuit avec ses politiques d'austérité contre-productives, les seuls qui en profiteront seront ceux "qui détestent la démocratie européenne", a-t-il ajouté, citant les partis europhobes comme Aube dorée en Grèce, le Front national en France et l'UKIP (United Kingdon Independence Party) au Royaume-Uni. (Gavin James, Véronique Tison pour le service français)

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  • M5441845 le dimanche 8 fév 2015 à 22:28

    Chantage classique: "si vous ne payez pas, je casse tout". Le problème c'est que la force de nuisance de la Grèce a beaucoup diminué.

  • LeRaleur le dimanche 8 fév 2015 à 20:28

    Si seulement ça pouvait être vrai, qu'elle chance ce serait.

  • pbenard6 le dimanche 8 fév 2015 à 19:42

    question suivante; doit-on continuer de payer des intérêts à de goinfres qui s'en sont déjà mis plein les poches?

  • pbenard6 le dimanche 8 fév 2015 à 19:39

    aucun état ne remboursera jamais sa dette, même l'allemagne

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