Une série d'attentats fait 55 morts en Irak

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UNE CINQUANTAINE DE MORTS EN IRAK DANS DES ATTENTATS
UNE CINQUANTAINE DE MORTS EN IRAK DANS DES ATTENTATS

par Kareem Raheem et Ahmed Rasheed

BAGDAD (Reuters) - Douze attentats à la bombe ont tué 55 personnes dimanche en Irak, où les autorités comptent sur l'aide militaire américaine pour endiguer la recrudescence de la violence, qu'elles lient à la guerre civile en Syrie.

Onze voitures piégées ont explosé dans différents quartiers, principalement chiites, de Bagdad et de sa région, tuant au total 41 personnes, a annoncé la police.

Quatorze personnes ont par ailleurs été tuées à Mossoul, dans le nord du pays, lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser près de militaires qui faisaient la queue devant une banque pour toucher leur solde.

Les attaques n'ont pas été revendiquées mais la majorité des attentats commis en Irak sont l'oeuvre de groupes sunnites, parfois proches du réseau Al Qaïda comme l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui accusent le gouvernement majoritairement chiite de marginaliser leur communauté.

Le plus meurtrier des attentats de ce dimanche a eu lieu à Nahrawan, au sud de Bagdad, où deux voitures piégées ont explosé à quelques minutes d'intervalle près d'un marché très fréquenté, faisant sept morts.

Les violences meurtrières en Irak ont atteint ces derniers mois un niveau sans précédent depuis cinq ans. Selon l'organisation non-gouvernementale Iraq Body Count, leur bilan, qui s'était stabilisé entre 300 et 400 morts par mois entre 2009 et 2012, a pratiquement doublé depuis avril.

RÉPERCUSSION SYRIENNE

Ce regain de violence est souvent relié à la guerre civile en Syrie voisine, où s'opposent le gouvernement de Bachar al Assad, dominé par les alaouites, et une rébellion surtout sunnite, ce qui met en danger l'équilibre politique fragile mis en place en Irak.

Le Premier ministre irakien, Nouri al Maliki, doit se rendre dans les prochains jours à Washington, où il demandera au président américain, Barack Obama, d'accélérer les livraisons de drones et de chasseurs F16 censées permettre à Bagdad de sécuriser la frontière irako-syrienne.

"La détérioration de la sécurité en Irak constitue l'une des répercussions de la crise syrienne", a déclaré Chakir Salman, un ancien général aujourd'hui conseiller du ministère irakien de la Défense. "Al Qaïda cherche désormais à affaiblir le gouvernement Maliki parce qu'ils croient que c'est un moyen d'accélérer la chute du régime syrien."

Nouri al Maliki, un chiite qui a vécu en exil en Iran et en Syrie lorsque l'Irak était sous la domination de Saddam Hussein, accuse pour sa part Al Qaïda et les rebelles sunnites opposés à Bachar al Assad d'armer et de soutenir des activistes irakiens.

En août, Washington a promis de fournir à Bagdad d'ici la fin 2014 un système de défense aérienne intégré d'une valeur de 2,6 milliards de dollars (1,9 milliard d'euros) ainsi que des avions de chasse F16.

"La première chose que demandera le Premier ministre, ce sera d'accélérer le processus de livraison des drones et des F16", a dit la semaine dernière à Reuters un conseiller à la sécurité nationale irakien.

Julien Dury et Marc Angrand pour le service français

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  • LeRaleur le dimanche 27 oct 2013 à 18:45

    Bientôt plus de morts que sous Sadam. Bravo les ricains, même ?onnerie qu'en Iran il y a 40 ans.