Une "Semaine sans pesticide" en France, toujours aussi accro

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Buquet/shutterstock.com
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(AFP) - La France a bien du mal à se passer des pesticides, dans l'agriculture qui en consomme plus de 90%, mais aussi, plus étonnant, jusque dans les cimetières de Paris devenus les derniers bastions du tout chimique face aux herbes folles.

Et pour la huitième année, la "Semaine pour les alternatives aux pesticides", du 20 au 30 mars, coordonnée par l'ONG Générations futures, et soutenue par l'Union nationale de l'Apiculture Française ou encore l'Association des Maires de France, veut inverser la tendance.

L'utilisation de pesticides (herbicides, fongicides et insecticides) en France, premier pays consommateur en Europe, a augmenté de 2,5% en 2011. Une hausse à contre-courant du plan Ecophyto, lancé en 2008, qui entend en diviser par deux l'usage d'ici 2018.

"L'objectif est ambitieux, mais ce plan ne fonctionne pas", souligne le président de Générations Futures, François Veillerette. "J'espère que ce sera la Semaine qui marquera le passage des paroles aux actes", ajoute-t-il lors d'une présentation à Paris.

Ateliers de jardinage, conférences, repas bio... plus de 700 évènements sont programmés en France, mais aussi dans 15 autres pays, durant la période de reprise des épandages de pesticides.

À l'heure où les études se multiplient sur les maladies (respiratoires, troubles neurologiques, cancers....) auxquelles sont exposés les agriculteurs - notamment les viticulteurs - et les impacts négatifs sur les abeilles, l'idée est de montrer qu"'on peut faire avec beaucoup moins de pesticides, voire plus du tout", insiste François Veillerette.

Plus de 90% des produits phytosanitaires sont utilisés dans l'agriculture, le reste se partageant entre les usages collectifs comme les voies ferrées et les jardiniers amateurs.

Un "problème avec les cimetières"

Avec l'agriculture bio, "il y a plus d'un million d'hectares sans produits chimiques de synthèse (4,5% des fermes françaises, NDLR)", rappelle le délégué général de la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique (FNAB), Julien Adda.

Mais le nombre de conversions des agriculteurs au bio, 26.000 entre 2008 et 2011, "stagne", déplore-t-il, appelant le gouvernement à faire passer la part du bio de 2% à 20% dans les cantines pour créer un "appel d'air".

Le ministre de l'Agriculture, Stephane Le Foll, qui veut impulser une mutation écologique du monde agricole, réfléchit notamment à une fiscalité incitative pour réduire les pesticides.

Les villes se sont également mise au diapason avec, depuis des années, nombre de municipalités moyennes ou grandes qui ont adopté un objectif "zéro phyto". Au désherbage, elles préfèrent par exemple le paillage au pied des arbres pour empêcher l'apparition des mauvaises herbes.

À Paris, partenaire officiel de la Semaine, la quantité de pesticides achetés a diminué de plus de 90% depuis 2001, sauf dans les cimetières où 600 kg d'herbicides ont encore été déversés en 2012.

"On a un problème avec les cimetières", reconnaît Fabienne Giboudeaux, l'adjointe au maire de Paris chargée des espaces verts. "Il faudrait dix fois plus de personnes" pour désherber à la main entre les tombes, explique-t-elle à l'AFP. Et dans le même temps, "laisser pousser l'herbe est souvent vu comme irrespectueux" de la mémoire des défunts.

Aussi, depuis deux ans, Paris tente de "changer le regard" sur le cimetière pour en finir avec le marbre, les gravillons et les pots de chrysanthème. "J'ai demandé de planter des prairies, avec des espèces indigènes, dans certaines parties des cimetières", explique Mme Giboudeaux. "On va y arriver, mais doucement".

En attendant, l'ONG Agir pour l'Environnement appelle le gouvernement à prendre un certain nombre de mesures: agriculture biologique obligatoire autour des captages d'eau potable, interdiction de la vente des pesticides aux particuliers ou encore instauration d'une norme limitant la présence des pesticides dans l'air.

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