Une semaine en noir et rouge : la sélection cinéma du « Monde »

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Une semaine en noir et rouge : la sélection cinéma du « Monde »
Une semaine en noir et rouge : la sélection cinéma du « Monde »

Chaque mercredi dans La Matinale, la rédaction du « Monde » vous propose son choix de films à (re) découvrir.

Trois excellents films font du noir la couleur la plus éclatante de la semaine. Un polar, un mélo, une comédie, qui rhabillent la famille en sombre. Pendant ce temps, venu du Front populaire, un film méconnu de Jean Renoir hisse le drapeau rouge.

UN BRILLANT POLAR : « Diamant noir », d’Arthur Harari

Arthur Harari signe, pour son premier long-métrage, un film qui éveille la réminiscence du Little Odessa (1994), de l’Américain James Gray. Même jeu intense et élégant entre le film noir et la tragédie antique, même obsession lancinante de la vengeance et de la réparation, même attachement au modèle familial comme révélateur du système social, même justesse ciselée dans la mise en place de l’atmosphère et la conduite des acteurs, même sentiment de révélation d’un talent puissamment inspiré. Toutes choses étant naturellement égales par ailleurs, il resterait à imaginer la transposition des mœurs de la mafia judéo-russe de Brooklyn dans le milieu des diamantaires d’Anvers, sur fond de petite délinquance judéo-maghrébine.

On avait déjà noté chez Arthur Harari, à la faveur de ses courts-métrages, une certaine tendance à l’empoisonnement des rapports entre aînés et cadets, suffisamment ambiguë pour impliquer dans le même pacte passionnel, tant la figure du corrupteur que celle du subjugué. Diamant noir pose à cet égard les choses brutalement, avec l’annonce faite au héros de la mort de son père. Pier Ulmann est un jeune homme velléitaire qui vit à Paris de larcins, commis sous la ...

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