Une semaine de Bourse - Brexit : les marchés sonnés, les banques centrales tentent de rassurer

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(AOF) - Les marchés européens ont chuté après la victoire du Brexit, à hauteur de 51,9% des suffrages exprimés, lors du référendum organisé hier au Royaume-Uni. Face au risque de récession et à l'orée d'une longue période d'incertitude politique, une vague de défiance a déferlé sur les actifs risqués à travers le monde. Le CAC 40 a perdu jusqu'à 10% en début de séance, retrouvant son niveau de février à environ 4 000 points, avant de se reprendre légèrement. A la clôture, il avait tout de même chuté de 8,04% à 4 106,73 points, perdant 2,08% en cinq jours.

L'EuroStoxx 50 a suivi le même mouvement, cédant 8,62% à 2 776,09 points aujourd'hui et 2,56% en cinq jours. Aux Etats-Unis, le Brexit a également pesé sur les indices actions : vers 17h30, le Dow Jones perd 2,55% et s'apprêtait à céder 0,74% sur la semaine.

L'impact du vote en faveur du Brexit a eu un impact d'autant plus prononcé aujourd'hui qu'il a surpris les investisseurs. En effet, ces derniers pariaient depuis une semaine sur le "Bremain", à la faveur de sondages qui semblaient indiquer une légère remontée des intentions de vote dans ce sens. Ainsi, avant leur chute de ce vendredi, les marchés européens n'avaient connu aucune séance dans le rouge depuis lundi. Cette base solide explique toutefois que la baisse sur la semaine soit finalement limitée.

L'inquiétude domine maintenant quant aux conséquences de ce vote. En effet, une période de deux ans va donc s'ouvrir au cours de laquelle l'Union européenne et le Royaume-Uni vont renégocier les accords commerciaux et financiers qui les lient. Pendant ce temps, les entreprises et les ménages risquent de favoriser l'épargne de précaution, faute de savoir sur quels débouchés ils pourront compter par la suite, au détriment de l'investissement. Une telle décision pèserait sur la croissance de l'économie britannique et des observateurs mettent en garde contre un risque de récession d'ici la fin de l'année.

Ils craignent également un effet de contagion : des partis anti-européens d'autres Etats ont d'ores et déjà appelé à l'organisation de référendums similaires dans leurs pays.

Dans le courant de la journée, les principales banques centrales et institutions financières du monde ont tenté de faire baisser la pression sur les places financières. L'une après l'autre, la Banque du Japon, la Banque d'Angleterre, la Banque centrale européenne et la Fed ont fait savoir qu'elles étaient prêtes à déverser des liquidités supplémentaires dans le système mondial. Première concernée, la Banque d'Angleterre a notamment réaffirmé que son système bancaire était solide et qu'elle pourrait fournir 250 milliards de livres sterling pour assurer le bon fonctionnement des marchés.

Ces annonces rassurantes n'ont pas suffi à éviter que les valeurs financières signent les plus fortes baisses du jour. A Paris, Société Générale a chuté de 20,57%, BNP Paribas de 17,4% et Natixis de 17,13%. Axa a perdu de son côté 15,48%. Symbole du lien entre le continent et l'île britannique, Groupe Eurotunnel a lâché 14,53%.

Dans ce contexte, un secteur fait figure de rescapé : le domaine aurifère. Les sociétés exposées au métal précieux ont résisté, soutenues par le bond de plus de 5% du cours de l'once, traditionnelle valeur refuge et première destination des fonds retirés en catastrophe des actions.

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