Une rue d'Alep détruite par des bombardements de l'armée syrienne, le 16 octobre 2012

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L'armée syrienne bombardait sans relâche mercredi des régions clés dans le nord du pays tenues par les rebelles, les deux belligérants se disant prêts à accepter la trêve proposée par le médiateur Lakhdar Brahimi si l'autre camp la respectait.Damas a fait part mardi de sa volonté de discuter de la proposition de cessez-le-feu de l'émissaire international Lakhdar Brahimi pour fin octobre à condition que les rebelles respectent la trêve, tandis que les insurgés ont réclamé la fin des bombardements en premier.Sur le terrain, ces bombardements ne cessaient pas, les forces du régime s'appuyant sur leur principal atout, l'aviation militaire, pour reprendre aux rebelles une région clé pour le passage des renforts militaires vers le nord de la Syrie.Aucun règlement n'est en vue pour cette guerre civile de plus en plus sanglante --avec 33.000 morts depuis mars 2011--, en dépit des tentatives de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi, en tournée régionale depuis la semaine dernière auprès des puissances influentes dans le dossier. A Téhéran, allié de Damas, le médiateur avait appelé à la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu à l'occasion de l'Aïd al-Adha, une des fêtes musulmanes les plus sacrées, qui sera célébré du 26 au 28 octobre."La Syrie est prête à explorer cette option" de trêve, a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jihad Makdissi à l'AFP. Mais, a-t-il souligné, pour un cessez-le-feu, les insurgés, qualifiés de "terroristes" par le régime, et les pays qui les soutiennent doivent être aussi impliqués.Il a indiqué que Damas a "hâte de parler avec M. Brahimi" pour voir quelle est la position des autres pays influents" qu'il a visités lors de sa tournée, en allusion notamment à l'Arabie saoudite et la Turquie, principaux soutiens de la rébellion. "Vont-ils faire pression sur les groupes armés qu'ils hébergent, financent et arment, de façon à ce qu'ils respectent le cessez-le-feu'", a-t-il dit.Le chef du Conseil national syrien, principale coalition de l'opposition en exil (CNS), Abdel Basset Sayda, a déclaré pour sa part que les rebelles ne font "que se défendre et il est normal qu'ils arrêtent les hostilités quand la machine de guerre du régime l'aura fait"."Nous accueillons favorablement tout arrêt des tueries" mais "nous pensons que l'appel s'adresse en premier lieu au régime syrien qui ne cesse de pilonner les villes et les localités syriennes", a-t-il à l'AFP.M. Brahimi est arrivé mercredi au Liban, pays voisin de la Syrie et divisé sur le conflit entre pro et anti-régime.Sa tournée est une nouvelle tentative de trouver une issue à la guerre civile en Syrie déclenchée par la répression brutale d'une contestation populaire née en mars 2011.Des "barils de TNT" lâchés par les avions du régimeA Paris, la France va réaffirmer une nouvelle fois son soutien politique à l'oppositon au régime de Bachar al -Assad, en accueillant une réunion de soutien aux conseils révolutionnaires civils qui administrent les zones "libérées" en Syrie.Lors de cette réunion, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a dénoncé le recours par Damas aux bombes à sous-munitions."Le régime a franchi une nouvelle étape dans la violence en recourant aux (avions) MiG puis au largage de barils de TNT et plus récemment et plus terriblement encore aux bombes à sous-munitions", a-t-il dit.Parmi les "zones libérées" en Syrie, figurent notamment la majorité des villes et villages des provinces d'Alep (nord) et d'Idleb (nord-ouest), une province frontalière de la Turquie. C'est dans la province d'Idleb que l'armée mène depuis dimanche une contre-attaque pour reprendre des positions clés, surtout la ville de Maaret al-Noomane située sur l'autoroute Damas-Alep et prise le 9 octobre. Les renforts militaires doivent nécessairement l'emprunter pour se rendre dans le Nord, les régions rurales voisines étant tenues par la rébellion.Les avions du régime ont lancé ainsi six raids aériens tôt le matin sur les villages de la région de Maaret al-Noomane, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).En prenant Maaret al-Noomane, les rebelles ont coupé un important axe routier et attaquent depuis systématiquement tous les renforts l'empruntant.Des "centaines" de militants étrangers radicaux Alors que le pays s'enlise de plus en plus dans le conflit, des membres de la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie à New York ont estimé que les combattants étrangers en Syrie étaient un dangereux élément de "radicalisation" dans le conflit."La présence de ces militants étrangers radicaux, islamistes ou jihadistes, nous inquiète beaucoup", a expliqué à la presse le président de la commission Paulo Pinheiro, qui a évalué leur nombre à "des centaines".Par ailleurs, le pape Benoît XVI, "décidé l'envoi dans les prochains jours d'une délégation à Damas pour exprimer sa solidarité fraternelle avec toute la population" syrienne.

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