Une résolution sur la Syrie adoptée au Conseil de sécurité

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 (actualisé avec Kerry et Lavrov) 
    par Arshad Mohammed, Denis Dyomkin et John Irish 
    NATIONS UNIES, 19 décembre (Reuters) - Le Conseil de 
sécurité des Nations unies a adopté vendredi à une rare 
unanimité une résolution sur le conflit syrien prévoyant 
notamment un cessez-le-feu et la mise en place d'un gouvernement 
de transition. 
    "Le Conseil a envoyé très clairement à toutes les parties 
concernées le message selon lequel il est temps de mettre fin au 
massacre en Syrie et de préparer le terrain à un gouvernement 
qu'après tant de souffrances, le peuple de ce pays en ruine peut 
soutenir", a déclaré le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, 
à l'issue du vote. 
    Le texte de quatre pages, résultat d'un difficile compromis 
entre les Etats-Unis et la Russie, demande à l'Onu de préparer 
un mécanisme de supervision du cessez-le-feu dans un délai d'un 
mois et d'organiser début janvier des négociations formelles 
entre le gouvernement de Damas et l'opposition. 
    Lors d'une conférence de presse en présence de son homologue 
russe Sergueï Lavrov, John Kerry a déclaré que les modalités de 
la transition politiquen devraient être définies dans les deux 
mois à venir. 
    Les discussions entre le régime de Damas et l'opposition sur 
la formation d'un gouvernement d'unité nationale ne devraient 
selon le secrétaire d'Etat pas démarrer avant la mi-janvier. 
    Selon Sergueï Lavrov, un accord sur cette question pourrait 
être conclu dans les six prochains mois. 
    Quant au cessez-le-feu, il pourra entrer en vigueur 
"aussitôt que les représentants du gouvernement syrien et de 
l'opposition auront pris les premières mesures sur la voie d'une 
transition politique sous les auspices de l'Onu", dit la 
résolution approuvée vendredi. 
    Il ne s'appliquerait pas au groupe État islamique, au Front 
al Nosra et à d'autres groupes armés, ont précisé des sources 
diplomatiques 
    Le texte prévoit par la suite la mise en place d'un 
gouvernement de transition et l'organisation d'élections, 
précisant qu'il revient au peuple syrien "de décider de l'avenir 
de la Syrie" -- un point sur lequel la Russie a insisté face aux 
pays occidentaux et arabes qui demandent le départ de Bachar al 
Assad dès le début du processus de transition. 
    Le sort du président syrien continue de susciter de "fortes 
divergences", a reconnu John Kerry. 
    "Nous sommes parfaitement conscients des obstacles qui 
demeurent. Il y a toujours de fortes divergences au sein de la 
communauté internationale, en particulier au sujet de l'avenir 
du président Assad", a dit le chef de la diplomatie américaine. 
     
    FABIUS VEUT DES "GARANTIES" SUR ASSAD 
    Son homologue russe, Sergueï Lavrov, a estimé à ce sujet que 
la résolution adoptée vendredi était une "réponse claire aux 
tentatives visant à imposer aux Syriens des solutions de 
l'extérieur sur n'importe quel sujet, y compris ceux qui 
concernent leur président". 
    De sources diplomatiques, on indiquait cependant cette 
semaine que la Russie avait fait savoir qu'elle ne s'opposerait 
pas à un éventuel départ du chef de l'Etat syrien à la fin de la 
période de transition, même si elle ne l'admettrait pas 
publiquement. 
    Dans son discours devant l'Onu, le chef de la diplomatie 
française, Laurent Fabius, a pour sa part demandé des 
"garanties" sur ce départ, jugeant qu'il "s'impose pour des 
raisons non seulement morales, mais d'efficacité". "Comment cet 
homme pourrait-il rassembler un peuple qu'il a en grande partie 
massacré ?", a-t-il demandé. 
    Parallèlement aux tractations à l'Onu, les pays du Groupe de 
soutien international à la Syrie (ISSG) ont tenu vendredi une 
troisième réunion depuis le lancement fin octobre de cette 
initiative diplomatique qui intègre l'Iran pour la première fois 
depuis le début du conflit syrien, en mars 2011. 
    Les chefs de la diplomatie des 17 pays qui le composent, 
dont la Russie, les Etats-Unis, la France, la Turquie, l'Arabie 
saoudite et, donc, l'Iran, se sont retrouvés au Palace Hotel de 
New York. 
    L'un des objectifs était d'affiner la feuille de route pour 
la paix en Syrie qu'ils ont définie lors des deux premières 
conférences internationales, les 30 octobre et 14 novembre 
derniers à Vienne, et que la résolution du Conseil de sécurité 
est venue appuyer. 
     
    LISTE DES GROUPES "TERRORISTES" 
    Mais le sujet le plus épineux reste la composition de 
l'équipe de négociateurs qui représentera l'opposition syrienne 
aux pourparlers -- cette dernière faisant d'ores et déjà l'objet 
de critiques de la part de Damas et de ses alliés qui dénoncent 
la présence en son sein de groupes "terroristes". 
    Pendant une pause dans les discussions, le ministre 
jordanien des Affaires étrangères, Nasser Djoudeh, a indiqué 
qu'il avait présenté un document faisant la synthèse des groupes 
considérés comme "terroristes" par les participants. 
    "Chaque pays a fourni sa liste. Certains pays en listaient 
15 ou 20, d'autres davantage", a-t-il dit. 
    Une conférence réunissant des opposants syriens la semaine 
dernière en Arabie saoudite a abouti à la désignation d'un 
"secrétariat" de 34 membres qui s'est lui-même choisi comme 
coordinateur en vue des négociations l'ancien Premier ministre 
Riad Hidjab. 
    Ce dernier a déclaré vendredi que l'opposition n'accepterait 
pas que Bachar al Assad reste au pouvoir pendant la phase de 
transition. "Nous irons à ces négociations sur ce principe, nous 
n'engagerons pas de discussions sur autre chose. Il n'y aura pas 
de concessions", a-t-il dit à la presse.   
    Saluant devant le Conseil de sécurité de l'Onu l'effort 
d'unification de l'opposition syrienne, Laurent Fabius a pour sa 
part déploré que "le régime syrien n'(ait), quant à lui, encore 
montré aucune volonté d'entrer dans une négociation sérieuse". 
    Lors de sa conférence de presse de fin d'année, vendredi, 
Barack Obama a répété lui aussi que la Syrie ne pourrait 
retrouver la stabilité tant que Bachar al Assad serait au 
pouvoir. 
    "Je pense qu'Assad devra partir pour que le pays arrête de 
faire couler le sang et que toutes les parties puissent avancer 
sur la voie d'une solution non confessionnelle. Il a perdu toute 
légitimité", a dit le président américain, tout en admettant que 
les intérêts de Moscou et Téhéran, principaux soutiens du 
président syrien, devaient être "garantis".  ID:nL8N14744X  
 
 (avec Louis Charbonneau et Sabine Diebold à New York et Nael 
Shyoukhi à Ryad; Jean-Stéphane Brosse, Tangi Salaün et Nicolas 
Delame pour le service français) 
 
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