Une réforme ne se mesure pas «à l'aune des manifs»

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L'auteur du rapport sur les retraites remis en juin au gouvernement, Yannick moreau,défend la réforme «structurante» de Jean-Marc Ayrault. » Retraites : le test de la rue pour François Hollande

«Le nombre de manifestants n'est pas le bon indicateur pour juger de la profondeur d'une réforme», a plaidé mardi matin Yannick Moreau, auteur du rapport qui a servi de fondement à la réforme des retraites. La haut fonctionnaire de gauche a défendu devant les journalistes la réforme Ayrault des retraites alors que la CGT, FO, Solidaires et la FSU appellent à manifester ce mardi. Une mobilisation qui s'annonce moyenne, loin des grands cortèges de 2010.

«À en écouter certains, comme le gouvernement n'a pas fait de bombinette, ce ne serait pas une grande réforme, a regretté Yannick Moreau. Or, malgré le contexte économique très difficile, le gouvernement a agi, certes prudemment, et même s'il ne voulait pas mettre tout le monde dans la rue.» Reste que l'exécutif a laissé de côté l'épineuse question des retraites des fonctionnaires. Il faut pourtant trouver, d'après les calculs du Conseil d'orientation des retraites, 8,6 milliards d'euros pour équilibrer leur régime d'ici à 2020.

La conseillère d'État comprend toutefois l'inquiétude des jeunes, et, partant, la mobilisation du syndicat étudiant Unef ce mardi, qui défile aux côtés des syndicats de salariés. «Je comprends qu'ils craignent le syndrome de la feuille d'artichaut: au fil des réformes, on enlève des feuilles et il ne reste plus rien à la fin, reconnaît-elle. Mais la situation démographique ne se dégradera plus après 2035, et la France a déjà mené toute une série de réformes, nous ne somme pas si loin de l'équilibre aujourd'hui.» D'autre part, la borne d'âge de départ à taux plein n'a pas bougé cette fois-ci et reste fixée à 67 ans. Un jeune arrivé tardivement sur le marché de l'emploi ne travaillera donc pas jusqu'à 70 ans, mais au plus tard jusqu'à 67 ans.

Surtout, a-t-elle fait valoir, la réforme est «structurante» grâce à l'instauration d'un pilotage à long terme. «Une mesure rendue nécessaire parce que les régimes de retraites sont dépendants de la croissance», car financés par les cotisations, qui elles-mêmes dépendent du niveau d'activité, a détaillé Yannick Moreau. Reste que l'ancienne conseillère technique de François Mitterrand en 1981 n'est «pas certaine que la réforme Ayrault soit la dernière».

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