Une réforme fiscale pour tenter de doper l'économie espagnole

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L?ESPAGNE VA ADOPTER UNE RÉFORME FISCALE POUR DOPER SON ÉCONOMIE
L?ESPAGNE VA ADOPTER UNE RÉFORME FISCALE POUR DOPER SON ÉCONOMIE

par Julien Toyer

MADRID (Reuters) - L'économie espagnole montre des signes de reprise, grâce entre autres aux exportations, mais face à un taux de chômage supérieur à 25%, le gouvernement de Mariano Rajoy opte pour une nouvelle méthode: la réforme fiscale.

Le conseil des ministres étudiera vendredi un projet dont son président, Mariano Rajoy, espère qu'il permettra de doper la croissance et de créer des centaines de milliers d'emplois.

Selon des sources gouvernementales, les produits et services bénéficiant des taux réduits de TVA de 4% et 10% pourraient être alignés sur le taux normal de 21%, et les taxes sur l'immobilier et les carburants seraient relevées.

Parallèlement, l'impôt sur les sociétés et l'impôt sur le revenu des tranches inférieures seraient réduits. Mariano Rajoy a en outre annoncé une réduction de 75% en moyenne des cotisations sociales payées par les employeurs cette année pour les nouvelles embauches.

Ce plan de "dévaluation fiscale", comparable par certains aspects au projet de TVA sociale envisagé un temps en France, constitue la dernière illustration en date des efforts des pays du sud de l'Europe pour tenter de relancer leur économie sans recourir forcément à la baisse des salaires et des prix.

L'Espagne, membre de la zone euro, ne peut évidemment pas opter pour une dévaluation de sa monnaie et la Banque centrale européenne (BCE) ne montre aucune volonté de favoriser une dépréciation de l'euro. La dévaluation "interne" était donc la seule piste envisageable.

Mais la baisse des salaires et des prix enclenchée ces dernières années menace aujourd'hui de conduire à la déflation, une évolution bien plus dangereuse, qui risquerait d'étouffer une reprise encore fragile.

PARI POLITIQUE

Pour Mariano Rajoy, la réforme de la fiscalité est aussi un pari politique lancé alors que sa popularité est au plus mal: selon un récent sondage Metroscopia, 76% des Espagnols désapprouvent la politique actuelle et 6% seulement croient à une amélioration prochaine de la conjoncture économique.

Certaines des mesures fiscales prévues seront sans doute mal accueillies dans un pays qui a déjà vécu plusieurs années d'austérité. Mais si la réforme permet de favoriser l'activité et de créer des emplois, le président du gouvernement et le Parti populaire (PP), dont il est issu, pourront espérer conquérir un nouveau mandat de quatre ans à la tête du pays.

Selon des organisations patronales, la baisse des cotisations sociales pourrait inciter 300.000 travailleurs indépendants non-déclarés à sortir du travail au noir.

Plusieurs dizaines de milliers de contrats à temps partiel, qui bénéficient d'exonérations supplémentaires, pourraient aussi être signés cette année.

Dans une étude publiée l'an dernier, la banque BBVA expliquait qu'une réduction de 3,5 points des cotisations sociales conjuguée à une hausse de deux points de la TVA pourrait générer 0,74 point de croissance et créer plus de 200.000 emplois en deux ans. Un effet équivalent à celui d'une dépréciation d'environ 10% du taux de change.

Le gouvernement, qui a récemment revu à la hausse sa prévision de croissance 2014 et veut ramener le taux de chômage sous 25% d'ici la fin de l'année, espère que sa réforme améliorera la compétitivité de l'Espagne et qu'elle assurera aux entreprises espagnoles un avantage par rapport à leurs concurrents étrangers, puisque tous les produits seront taxés au même taux de TVA alors que la production espagnole bénéficiera de cotisations sociales réduites.

Certains économistes soulignent toutefois que l'impact de cette dévaluation fiscale dépendra de l'ampleur des transferts entre cotisations sociales et TVA.

"Une véritable dévaluation fiscale supposerait que la baisse des cotisations sociales concerne tous les contrats et qu'elle soit permanente", explique ainsi Rafael Domenech, chef économiste de BBVA pour les pays développés.

(Marc Angrand pour le service français, édité par Marc Joanny)

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  • gnapi le mercredi 12 mar 2014 à 17:49

    Vu ce qui a été voté (on se sert sur les épargnants façon Chypre en cas de pépin, on garanti les emprunts espagnols à hauteurs de 60 millards) au niveau Europe, onépasortidelamerd

  • gnapi le mercredi 12 mar 2014 à 17:48

    Clairement un réforme fiscale qui ne sent pas assez le Sapin !!

  • gnapi le mercredi 12 mar 2014 à 17:48

    Ils ont ENFIN compris. Mais rien qu'un peu. Hausse de TVA et d'impots, c'est bien. La preuve : le succès éclatant de la France. PAr contre la baisse des charges = c'est nul. Rien pigé. Faut faire comme nous : on les augmente. Mais de l'autyre coté on finance des centaines de milliers d'emplois d'avenir, de génération, de contract, de responsabilité, etc.

  • ceriz le mercredi 12 mar 2014 à 17:17

    c nul et ne donnera rien!

  • M6590582 le mercredi 12 mar 2014 à 16:53

    Avec une inflation annuelle égale à 0 (d'après les derniers chiffres publiés aujourd'hui), l'augmentation de la TVA pour certaines denrées produira un effet atténué sur les prix. Si nous y ajoutons une baisse de l'impôt sur le revenu des classes moyennes jointe à une baisse des charges pour les entreprises, il pourrait y avoir un effet bénéfique à la fois sur la compétitivité, l'emploi et le pouvoir d'achat.

  • T20 le mercredi 12 mar 2014 à 16:19

    En France la "réforme fiscale" c'est encore plus d'impôts, de taxes, de contributions ect... Mélanger tout cà pour "noyer le poisson"

  • j.barbe6 le mercredi 12 mar 2014 à 16:13

    Le socialiste francais commence à angoisser, l'tau se resserre sur la fonction publique.

  • Gary.83 le mercredi 12 mar 2014 à 15:41

    ah ça explique la politiqiue de Valls de catalan espagnol !

  • fquiroga le mercredi 12 mar 2014 à 15:26

    Rajoy et son équipe marchent sur la tête. L'augmentation d'impôts n'a jamais rien résolu. C'est même contraire....Il vont finir par achever l'Espagne.

  • monjohn le mercredi 12 mar 2014 à 15:25

    Pourquoi ne pas réduire le salaire des politiques au niveau du RSA, puisque ils ont été les responsables de cette situation, et ce dans tous les pays concernés! Les choses iraient beaucoup mieux, j'en suis sur si le portefeuille de ces messieurs en pâtissait!