Une provision exceptionnelle fait plier BNP au 4e trimestre

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UNE PROVISION EXCEPTIONNELLE LESTE LES COMPTES DE BNP AU 4E TRIMESTRE
UNE PROVISION EXCEPTIONNELLE LESTE LES COMPTES DE BNP AU 4E TRIMESTRE

par Matthias Blamont et Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - BNP Paribas a vu ses comptes du quatrième trimestre lestés par une provision exceptionnelle d'un montant inattendu de 1,1 milliard de dollars liée au régime de sanctions prises par Washington à l'encontre de plusieurs pays dont l'Iran.

Le marché a mal accueilli cette annonce et plusieurs intervenants se sont montrés déçus par les résultats et les objectifs de moyen terme communiqués par la deuxième banque de la zone euro.

L'action BNP signe à la mi-journée la plus forte baisse de l'indice CAC 40 et lâche 4,35% à 58,20 euros.

Dans une note de recherche, les analystes de Jefferies, qui recommandent de "conserver" le titre, évoquent un manque d'ambition.

Les éléments du plan de BNP "nous paraissent à ce stade intégrés au cours (...)", écrivent de leur côté les analystes de CM-CIC Securities.

BNP Paribas considère que la vague de régulation du secteur à l'échelle du Vieux Continent survenue après le déclenchement de la crise est passée et met la touche finale à un nouveau plan stratégique triennal dont les contours exacts seront dévoilés le 24 mars.

L'entreprise se fixe pour principal objectif d'afficher une rentabilité des fonds propres supérieure (ROE) ou égale à 10% en 2016. En excluant les éléments exceptionnels, elle s'élève à 7,7% en 2013.

Au cours de la période 2014-2016, BNP veut également faire progresser ses revenus de 10% en déployant ses efforts autour de cinq grands axes stratégiques.

Le plan d'économies "simple and efficient", lancé en 2013 et qui visait deux milliards d'euros d'économies structurelles par an à partir de 2015, sera en outre renforcé pour dégager 2,8 milliards d'euros de compressions de coûts à partir de l'année suivante.

Mercredi, la Société générale a confirmé vouloir atteindre un ROE de 10% fin 2015 et détaillera sa stratégie en mai.

Au cours d'une interview accordée à Reuters Insider, le directeur financier de BNP Paribas, Lars Machenil, a déclaré que le groupe entrevoyait une reprise "modérée" en Europe cette année et que la direction était ouverte à des acquisitions ciblées dans les prochains mois.

"REVUE"

Au titre du quatrième trimestre, BNP voit son résultat net dégringoler de 75,5% à 127 millions d'euros, tandis que le produit net bancaire progresse de 1,8% à 9,56 milliards.

"La banque, dans le cadre de discussions avec les autorités des États-Unis, a procédé pendant plusieurs années à une revue interne rétrospective de certains paiements en dollars US impliquant des États ou des personnes morales ou physiques qui pouvaient être soumises à des sanctions économiques édictées par les lois des États-Unis", peut-on lire dans un communiqué.

"La revue a recensé un volume significatif d'opérations qui pourraient être considérées comme non autorisées au regard des lois et des règles des États-Unis, incluant notamment celles de l'Office of Foreign Assets Control (OFAC)."

Philippe Bordenave, directeur général délégué de BNP, a déclaré jeudi matin à des journalistes que la banque "discutait" avec les autorités américaines, sans donner de détails.

En 2012, les banques britanniques Standard Chartered et HSBC ont conclu des accords dans le cadre d'une procédure à l'amiable. Standard Chartered a accepté de payer une amende de 627 millions de dollars tandis que HSBC a dû verser 1,92 milliard de dollars.

Outre la provision de 1,1 milliard de dollars (806 millions d'euros), les comptes du quatrième trimestre de BNP Paribas intègrent également une dépréciation d'écart d'acquisition (goodwill) du réseau italien BNL à hauteur de 186 millions d'euros.

Sur l'ensemble de l'exercice, les revenus diminuent de 0,6% à 38,82 milliards d'euros tandis que le bénéfice net recule de 26,4% à 4,83 milliards.

Le groupe proposera un dividende de 1,5 euro par action, stable d'un an sur l'autre et qui représente pour 2013 un taux de distribution des bénéfices de 40,8%. La banque souhaite relever ce seuil à environ 45% d'ici à deux ans.

Edité par Dominique Rodriguez

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  • M30431 le jeudi 13 fév 2014 à 14:13

    Les fissures vont s'amplifier annonçant la chute de certaines banques et-ce même si certaines sont considérées trop "Massives" pour faire faillite, car la cour constitutionnelle Allemande ne suit pas!! ab

  • mlcbnb le jeudi 13 fév 2014 à 08:06

    l'économie va bien. Bof, pourquoi alors des provisions inattendues? Pourquoi alors dégraisser le personnel ?