Une policière sort une fillette de cinq ans de la cantine pour un impayé

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Une petite fille de cinq ans a été extraite mardi de la cantine municipale d'Ustaritz (Pyrénées-Atlantiques) par une policière, en raison d'un impayé de 170 euros, la scène se déroulant devant ses camarades éberlués qui ont cru qu'elle serait emprisonnée."C'est un procédé irresponsable (...) on ne prend pas les enfants en otage de cette manière", a fustigé le directeur de l'école Saint Vincent, Laurent Aguergaray, précisant que Léa et ses camarades avaient été traumatisés: "Quand Léa est revenue (mardi) dans l'après-midi, ils étaient étonnés. Ils pensaient qu'elle était en prison. La maîtresse a discuté avec toute la classe pour tenter de dédramatiser"."Léa a pu tout imaginer à ce moment la, y compris le pire", a estimé de son côté, furieux, le père de la fillette. Il a cependant indiqué jeudi soir à l'AFP qu'elle "va bien".Le ministre de l'Education nationale s'est insurgé contre cette mesure "scandaleuse". "Je désapprouve fortement cet acte. Je crois que l'ensemble des Français auront la même considération et de la peine qu'un élu puisse avoir un comportement de cette nature", a commenté Vincent Peillon."Tous les enfants de France doivent être dans leur cantine et manger et ne pas être victimes d'actes qui, de cette nature, sont des actes de violence", a-t-il estimé. "Il peut y avoir des difficultés avec les parents, jamais on ne doit s'attaquer aux enfants".Le Défenseur des droits, Dominique Baudis, "profondément choqué", a annoncé avoir décidé d'ouvrir une enquête.Les ministres déléguées à la Famille, Dominique Bertinotti, et à la Réussite éducative, George Pau-Langevin, ont pour leur part jugé que la situation n'était pas "admissible".Selon le père de Léa, la policière est entrée "en plein déjeuner des enfants" dans la cantine située à 200 mètres de l'école, pour la ramener au domicile de sa mère. Mais celle-ci était partie entretemps la chercher à l'école, et la policière a alors conduit la fillette dans les locaux de la police où "elle a été nourrie".Le maire (sans étiquette) d'Ustaritz, Dominique Lesbats, a regretté "le déroulement des événements" mais souligné que "la mère avait été avertie mardi qu'elle devait venir chercher sa fille, qui ne pouvait pas déjeuner à la cantine" mais qu'elle n'est finalement "pas venue".Selon lui, les services de la mairie sont engagés "depuis plus d'un an" dans une procédure pour une dette de cantine avec les parents de Léa, qui sont selon lui dans "une mésentente terrible". Mais malgré "quatre convocations en 2012", ces derniers ne se sont "jamais présentés", a-t-il affirmé."S'ils avaient fait l'effort de venir, nous aurions mis en place avec les services sociaux une procédure pour que Léa puisse continuer à prendre ses repas à la cantine", s'est-il défendu.La Fcpe-64 a jugé "totalement injustifiable" cette intervention policière. "S'il y a des impayés, la solution doit être trouvée avec les services sociaux ou par les voies de recouvrement légales", a ajouté l'association de parents d'élèves. Choquée, la responsable d'un autre établissement scolaire de la ville a assuré, sous couvert de l'anonymat, que la policière était une femme "très gentille". "La question est de savoir qui lui a demandé de le faire", a-t-elle déclaré.Le père estime qu'elle a "obéi a sa hiérarchie" et a "fait au mieux pour sa fille".La cantine, gérée par la municipalité, se trouve en dehors de l'établissement catholique privé sous contrat d'association avec l'Etat.Les parents ont la garde alternée de Léa. Mais le père a engagé une procédure pour récupérer la garde.En attendant la décision du juge aux affaires familiales, y compris sur les modalités financières, aucun des parents n'a pour l'instant réglé la dette de la cantine -dont le montant fait par ailleurs l'objet d'une contestation - et Léa ne fréquente plus la cantine, a indiqué son père.Le Snpm-FO, syndicat national des policiers municipaux a indiqué que "la policière avait reçu un ordre direct de la mairie" et "rédigé une main courante et un rapport selon lesquels elle a agi sur instruction", selon son secrétaire général Frédéric Foncel, pour qui "on est tenus de dénoncer un ordre illégal".Le syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM) a quant à lui réclamé l'ouverture d'une enquête.

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  • monterea le jeudi 10 jan 2013 à 23:34

    -hallucinante cette gestion municipale faut bien se dire que au cr&puscule de leur vie il faudra aussi des changes que des bacs plus dédaignerons a leurs endroits

  • ades68 le jeudi 10 jan 2013 à 22:40

    correction agent de police municipal

  • dupon666 le jeudi 10 jan 2013 à 22:13

    La police n'est plus bonne qu'à ça..s'en prendre à des enfants ou à des vieux.On recrute une bande de refoulés qui arrivent à s'exprimer avec un uniforme sur le dos..Mais quand ça deviendra serieux il n'y aura plus personne