Une plainte vise les supposés dangers de la pilule

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PARIS (Reuters) - Une jeune femme imputant son handicap à la pilule contraceptive de troisième génération a porté plainte vendredi contre le directeur général de la société Bayer Santé et un haut fonctionnaire français, a déclaré son avocat à Reuters.

Cette procédure pénale pour "atteinte involontaire à l'intégrité de la personne humaine", révélée par Le Monde, a été engagée auprès du parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

"La société Bayer comprend la douleur de la plaignante et sa famille dans l'épreuve à laquelle elles sont confrontées et ne souhaite pas faire d'autres commentaires à ce stade", a dit une porte-parole de branche française de la société allemande, sollicitée par Reuters.

La plaignante, Marion Larat, 18 ans, a été victime en juin 2006 d'un accident vasculaire cérébral qui a entraîné de graves troubles, notamment une hémiplégie et une paralysie faciale.

Une expertise menée dans le cadre d'une demande d'indemnisation a conclu que le contraceptif Meliane de Bayer, prescrit en mars 2006 à la jeune fille, "pouvait être responsable de l'accident, d'autant que les accidents sont plus fréquents dans la première année de prescription".

L'autorisation de mise sur le marché en juin 1995 de la pilule Meliane a été modifiée en 1997 pour tenir compte du résultat d'études montrant un risque de troubles emboliques veineux, et ce risque a été confirmé par des études ultérieures, fait remarquer la plaignante.

En 2007, une commission officielle a par ailleurs conclu que les pilules de troisième génération n'apportaient pas d'amélioration par rapport aux pilules de deuxième génération, relève-t-elle.

D'AUTRES PLAINTES EN PRÉPARATION

Me Jean-Christophe Coubris, avocat de Marion Larat, estime donc que Bayer a violé de manière "manifestement délibérée" une obligation de sécurité et pense que l'Agence nationale de sécurité du médicament a failli au principe de précaution en ne retirant pas les pilules de troisième génération du marché une fois les risques connus.

"Nous souhaitons que plus aucune victime ne soit dans la situation dans laquelle se trouve Marion Larat. Ma volonté est de pouvoir faire entendre raison aux laboratoires et de savoir pourquoi nous avons des pilules qui n'apportent aucun bénéfice et mettent en danger la vie de ces jeunes filles", a dit l'avocat à Reuters.

Il demande à la ministre de la Santé Marisol Touraine de favoriser un retrait du marché. D'autres plaintes sont en préparation, dit-il, notamment celle d'un homme ayant perdu sa fille qui veut des poursuites pour "homicide involontaire".

La ministre a déjà ordonné en septembre que les pilules contraceptives de troisième génération dont le service médical est insuffisant ne soient plus ou pas remboursées par la Sécurité sociale.

Une période d'adaptation a cependant été décidée pour les utilisatrices afin qu'elles puissent modifier leur choix et rien n'empêche par ailleurs un recours payant à ces produits.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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