Une plainte visant le chef des renseignements marocain classée

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    PARIS, 19 juillet (Reuters) - Le parquet de Paris a classé 
sans suite, début juillet, la plainte d'un ex-boxeur 
franco-marocain qui disait avoir été torturé par le 
contre-espionnage marocain, sur ordre de son chef, ont annoncé 
mardi les avocats du Maroc.  
    Zakaria Moumni, 36 ans, assurait avoir été torturé pendant 
quatre jours, en septembre 2010, dans le centre de Temara, près 
de Rabat, sur ordre et en présence du patron du renseignement 
marocain, Abdellatif Hammouchi. 
    "Nous nous réjouissons de cette décision de justice", 
écrivent Ralph Boussier et Yves Repiquet dans un communiqué 
commun. 
    "Elle constitue une victoire face à la diffamation, à 
l'injure, aux affirmations sans fondements et à une 
médiatisation de l'affaire indûment exploitée par M. Moumni", 
ajoutent les avocats.  
    Le parquet de Paris avait dénoncé le 27 mars 2015 les faits 
présumés à la justice marocaine. Rabat a par la suite communiqué 
au parquet de Paris son enquête, après quoi la plainte a été 
classée sans suite. 
    Pour Me Clémence Bectarte, qui représente l'ex-boxeur, 
"c'est une déception, parce que Zakaria Moumni plaçait ses 
espoirs en la justice française." 
    "La plainte a été classée parce que la présence d'Abdellatif 
Hammouchi en France n'a pas été confirmée", précise-t-elle, ce 
que confirme une source proche du dossier.  
    En l'absence du mis en cause sur le sol français, la justice 
française est en effet incompétente.  
     Une version qui "surprend" toutefois les avocats du Maroc, 
qui estiment que le seul élément nouveau à même d'expliquer ce 
classement, depuis la fin de l'enquête française, est l'enquête 
transmise par Rabat.  
    En février 2014, Zakaria Moumni avait déposé une plainte 
pour tortures à Paris. Un peu moins d'un an plus tard, il 
dénonçait sur BFM TV et iTELE les tortures dont il disait avoir 
été victime. Ces propos lui ont valu d'être poursuivi en 
diffamation par le Maroc. 
    Cette action a été jugée irrecevable par le tribunal 
correctionnel de Paris. Mais le Maroc a fait appel.   
    Le dépôt de plusieurs plaintes visant Abdellatif Hammouchi 
pour "torture" et "complicité de torture", ont poussé Rabat à 
suspendre sa coopération judiciaire avec la France, le 27 
février 2014. 
     La brouille entre les deux pays a duré près d'un an. 
 
 (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse) 
 
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